Eclairage

Société,  Ethiopie,  Afrique

1.000 Ethiopiens Falashmoras pourront rejoindre leurs familles en Israël

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 18/09/2018 à 14H41

Arrivée Falashmoras à l'aéroport Tel-Aviv 17 janvier 2011
Arrivée de Falashmoras à l'aéroport de Tel-Aviv (17 janvier 2011 ) © AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA

Israël va autoriser l'immigration de 1.000 juifs éthiopiens de la communauté des Falashmoras, au titre du regroupement familial. Les Falashmoras sont une communauté de juifs d'Ethiopie convertis de force au christianisme au XIXe siècle. En tant que convertis, ils ne bénéficient pas de la Loi du retour qui permet à tout juif de la diaspora d'immigrer en Israël et d'en devenir citoyen.

 
Le gouvernement israélien a stoppé toute immigration en provenance d'Ethiopie depuis 2013, mais a établi en 2015 une ultime liste de 9000 noms au titre du regroupement familial. Selon le Premier ministre israélien, 1.300 Falashmoras se sont déjà installés en Israël depuis cette décision. Mille d'entre eux seront autorisés à se rendre en Israël dans les semaines à venir.

Contrairement aux Falashas, les Falashmoras ne bénéficient pas de la Loi du retour permettant à tout juif de la diaspora de devenir automatiquement citoyen israélien. Ils ne sont pas reconnus comme juifs par les autorités rabbiniques, car convertis au christianisme au XIXe siècle. Les Falashmoras doivent prouver leur filiation, du côté maternel, à des ancêtres juifs, leur volonté de se convertir au judaïsme et leurs liens avec des parents juifs déjà présents en Israël. «Nous allons autoriser l'immigration de 1.000 membres de la communauté de Falashmoras dont les enfants vivent en Israël», a déclaré M.Netanyahu le 17 septembre 2018, à l'occasion de la réunion d'une commission ministérielle sur les difficultés d'intégration des juifs éthiopiens.

140.000 Ethiopiens en Israël
La communauté juive d’origine éthiopienne compte plus de 140.000 personnes, dont plus de 50.000 nées en Israël. La plupart d'entre elles descendent de communautés restées coupées du monde juif pendant des siècles, et que les autorités religieuses d'Israël ont tardivement reconnues.

Plusieurs versions circulent quant à leurs origines, la plus répandue raconte qu'ils sont les descendants des anciens Hébreux installés dans la corne de l’Afrique. Ils se considèrent comme des descendants du fils du roi Salomon et de la reine de Saba.

Quelque 80.000 juifs éthiopiens ont immigré en Israël à la faveur de deux ponts aériens organisés en 1984 et en 1991 lors de la grande famine qui a frappé le pays, sous le règne de colonel Mengistu.

Une intégration difficile
Ces dernières années, les juifs éthiopiens ou Falashas (mot devenu péjoratif en Israël qui signifie exilé en langue amharique) ont organisé une série de manifestations pour dénoncer le racisme et les discriminations auxquels ils disent être confrontés, et pour exiger que des membres des familles restés en Ethiopie puissent les rejoindre. «Nous exigeons du Premier ministre qu'il tienne ses promesses et qu'il fournisse une solution immédiate pour faire venir les 8.000 membres de la communauté juive restés en Ethiopie», a réagi le 17 septembre Alisa Bodner, porte-parole de l'association Struggle for Ethiopian Aliyah.

«Tant que le gouvernement continuera de violer ses engagements de 2015 et de maintenir des familles séparées, nous continuerons de protester et de lutter pour la justice», a-t-elle ajouté.

Certaines associations d'aide aux juifs éthiopiens, ainsi que des dirigeants de la communauté éthiopienne locale, s'opposent, eux, à cette immigration, arguant que l'Etat d'Israël affronte suffisamment de difficultés pour l'intégration de la communauté et que ceux restés en Ethiopie ne sont pas juifs. Certains Ethiopiens chrétiens tentent en effet de se faire passer pour des Falashmoras dans le but de quitter l'Ethiopie.