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25 ans du traité de Maastricht: l'euro de plus en plus controversé

Par Dominique Cettour Rose@GeopolisFTV | Publié le 07/02/2017 à 17H38, mis à jour le 07/02/2017 à 17H51

Jean-claude Juncker 62 ans.
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker: «sans l'UE», aucun pays membre n'est capable de peser dans le monde. © MARCEL VAN HOORN / ANP MAG / ANP

Le 7 février 1992, douze Etats membres de la Communauté européenne signaient le traité de Maastricht. Cet accord a donné naissance à l’Union européenne et jeté les bases d'une monnaie unique, pour un passage à l’euro qui se fera dix ans plus tard.


Les eurosceptiques ont le vent en poupe dans de nombreux pays de l'UE, vingt-cinq ans après le traité de Maastricht. C’est dans cette cité historique que les chefs d'Etat et de gouvernement de 12 pays européens, dont le Français François Mitterrand et l'Allemand Helmut Kohl, sont tombés d'accord, le 9 décembre 1991, pour transformer la Communauté européenne en Union et ont jeté les bases de la monnaie unique. 

Le traité de Maastricht, signé deux mois plus tard, le 7 février 1992, sera ratifié d'extrême justesse par référendum en France. Il est d'abord rejeté par les Danois qui l'acceptèrent ensuite après que Copenhague eut obtenu des clauses d'exemption, notamment en matière de défense. Le traité entre en vigueur le 1er novembre 1993.

Référendum sur le Brexit 
Aujourd'hui, à l'occasion de son 25e anniversaire, trois tendances se dégagent. Les mouvements eurosceptiques, d'abord. Ils soutiennent une sortie des Etats de l'Union européenne, voire de l'euro, pour permettre aux gouvernements de retrouver, selon eux, la pleine maîtrise de leur budget. Cette position a eu gain de cause au Royaume-Uni à l'occasion du référendum sur le Brexit en juin 2016. Les modalités de sa sortie sont en cours d'élaboration.


Les rigoristes ensuite. On les trouve du côté allemand où les règles de Maastricht doivent être respectées par tous, quitte à alourdir les sanctions en cas de dérive. Un troisième courant, fédéraliste, soutient quant à lui une simplification des procédures budgétaires et la création d'un fonds européen pour aider les pays en cas de crise. C'est le credo des pays du Sud (France, Espagne, Portugal, Grèce, Italie) qui appellent à construire une zone euro plus solidaire, tournée vers la croissance et l'inverstissement plutôt que vers la rigueur budgétaire.

Malgré une fidélité affichée au traité fondateur, nombre de pays de l'UE, à commencer par la France et l’Allemagne, n’ont pas respecté les critères de Maastricht, à savoir un maximum de 3 % de déficit et de 60 % du Produit intérieur brut (PIB) pour l'endettement public, selon Le Monde.
A titre d'exemple, la dette publique de la France rapportée à la richesse nationale, atteignait 97,6% du PIB, fin décembre 2016, selon les statistiques de l'Insee.

Les eurosceptiques montrés du doigt
«Vouloir sortir de l'euro et dévaluer notre monnaie pour être libre de faire plus de déficit, ce serait oublier que le financement de la dette française coûterait nettement plus cher: plus de 30 milliards d'euros par an à terme», a souligné, François Villeroy de Galhau dans une tribune au Figaro, le 7 février 2017, à l'occasion des 25 ans de la signature du traité de Maastricht. 


Début décembre 2016,  le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, mettait en garde, à son tour, les pays de l'UE tentés de faire cavalier seul. Actuellement, «nous sommes une part importante de l'économie mondiale, 25% du Produit intérieur brut (PIB). Dans 10 ans, ce sera 15%. Dans 20 ans, aucun membre de l'UE tout seul ne sera membre du G7», a prédit cet européen convaincu.

L'ambition du traité de Maastricht était aussi de se doter d'une politique d'immigration, d'une police et d'une armée communes. Le projet initial de la Communauté économique européenne (CEE) de 1957 se limitait lui à créer un «marché commun» économique pour sceller la réconciliation d'après-guerre entre la France et l'Allemagne. 

En 2017, les résultats des élections législatives en mars aux Pays-Bas, présidentielle en avril-mai en France et celle de septembre, en Allemagne et probablement en Italie, se dérouleront dans un contexte d'euroscepticisme croissant.