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500 imams maliens formés au Maroc depuis 2015

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 14/03/2018 à 15H37, mis à jour le 14/03/2018 à 15H37

Imams maliens à mosquée Djenne pour célébration l'Aid el Kebir
Imams maliens à la mosquée de Djenne pour la célébration de l'Aid el kebir, commémoration du sacrifice d'Abraham. 

Le Mali a signé en 2013 un accord avec le Maroc pour la formation de ses imams. L'Institut Mohammed VI basé à Rabat promeut un islam «tolérant et ouvert», qui entend contrecarrer l'extrémisme religieux. A Bamako, on espère, que cette nouvelle génération d’imams aidera à lutter contre la poussée djihadiste dans la région.


La formation dispensée à Rabat par l’Institut Mohammed VI dure près deux ans. 500 imams maliens sont passés par l’Institut de formation des imams prédicateurs et des prédicatrices depuis son inauguration en avril 2015.

L’enseignement est fondé sur le rite malékite et le soufisme. Une voie théologique qui allie usage de la raison et recours à la tradition.

Le Maroc prend en charge le billet d’avion et l’hébergement des élèves, auxquels il fournit aussi une indemnité de près de 200 euros par mois.
 
L’objectif est de lutter contre les courants religieux qui alimentent le terrorisme. 

«Dans notre pays, le champ religieux est laissé à lui-même, et ce qui s’est passé dans le Nord en est la conséquence directe», affirmait en 2013 le ministre en charge des Affaires religieuses, Thierno Hass diallo. Le ministre réclamait déjà à cette époque des moyens pour «mieux encadrer les prêches sur tout le territoire» et que les imams soient en quelque sorte «certifiés» par le ministère.
 
Les imams se formaient dans les pays du Golfe
Ces dernières décennies, les imams maliens allaient plutôt se former en Arabie saoudite ou au Qatar tous frais payés avec des bourses généreuses.

A partir des années 70, des «fondations privées» issues de ces pays ont financé à tour de bras la construction de lieux de culte et d'universités islamiques en Afrique, avec pour conséquence un l’islam traditionnel africain en perte de vitesse face au wahhabisme rigoriste importé d’Arabie saoudite.

D’où la prise de conscience récente de l’Etat malien qui a longtemps fermé les yeux devant cette manne qui tombait du ciel.