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A Dakar, Macron, Sall et Rihanna cherchent des fonds pour l'éducation

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 01/02/2018 à 17H23, mis à jour le 02/02/2018 à 09H54

Une école au Kenya
Une école au Kenya © AFP

Vendredi 2 février 2018, Emmanuel Macron et son homologue sénégalais, Macky Sall coprésident la conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (PME). Avec l’aide de Rihanna, ambassadrice du programme, il s’agit de lever 3,1 milliards de dollars de fonds pour financer des plans d’éducation dans 67 pays en développement, pour la période 2018-2020.


Ce programme a été créé en 2002 avec la mission d’accompagner les pays en développement pour offrir une éducation de qualité aux 870 millions d'enfants qui n'y ont pas accès dans le monde. En seize années d’existence, le projet a permis à 72 millions d’enfants d’aller à l’école primaire. Depuis sa création, 2,3 milliards de dollars de financement ont été distribués.

Pour le président Macron, la priorité est désormais de développer des programmes visant à accroître la scolarité des filles. Dans le monde, on estime que 131 millions de filles ne sont pas scolarisées. Selon l’ONG ONE, neuf des dix pays où les filles sont le moins scolarisées se situent en Afrique. Les obstacles à l’accès à l’éducation sont nombreux: «Devoir parcourir une longue distance pour se rendre à l'école, le poids des normes et pratiques culturelles, les violences basées sur le genre et les mariages précoces ou forcés.»

Dans ces dix pays, plus de la moitié des filles sont mariées avant leur 18 ans, sacrifiant ainsi tout ou partie de leur scolarité. Pour répondre à l’absence des filles de l’école, l’hygiène s’est aussi invitée dans le dossier. Il s’agit de construire des toilettes pour chaque sexe ou de fournir des produits d’hygiène féminine.

Erna Solberg, la Première ministre de Norvège, a annoncé une contribution de son pays d’un montant de 375 millions de dollars.

 
Bien évidemment, que ce soit pour les garçons ou pour les filles, les périodes de conflits armés ou les menaces terroristes bloquent l’accès à l’éducation. Au Nigeria, Boko Haram s’en prend même à l’immobilier en brûlant les écoles. Selon ONE, le groupe terroriste a détruit ou endommagé plus de mille écoles. 1500 autres ont préféré fermer leurs portes. Autre exemple, cette fois au Soudan du Sud, pays ravagé par la guerre, trois filles sur quatre ne vont pas à l’école primaire. L’Etat ne consacre que 2,6% de son budget à l’école. Or, l’ONG ONE réclame que les pays consacrent 20% du budget à l’éducation.

Si le constat est sévère, le PME se targue de bons résultats. Entre 2002 et 2015, les différents programmes ont ainsi permis d’amener 38 millions de nouvelles élèves à l’école dans les pays partenaires. Trois filles sur quatre dans ces pays sont allées au bout du primaire, une sur deux jusqu’à leurs seize ans.