A Kibera, au Kenya, Peepoo sauve des vies

Par Laurent Filippi | Publié le 18/07/2012 à 11H22, mis à jour le 31/05/2017 à 14H52

Dans le monde, 2,6 milliards d’humains ne possèdent pas d’infrastructures sanitaires. Pour l’ONG internationale World Toilet Organization , «chaque jour, plus de la moitié des lits d’hôpitaux d’Afrique subsaharienne sont occupés par des patients souffrant de maladies liées au manque d’hygiène sanitaire».

Peepoople, une PME suédoise créée en 2006 à Stockholm, pourrait peut-être apporter une solution à ce fléau grâce au sac Peepoo, un sac hygiénique et biodégradable qui permet de faire ses besoins et de les transformer en engrais.

Utilisé à Kibera, le plus grand bidonville d’Afrique, situé près de Nairobi au Kenya, ce sac a révolutionné la vie des habitants.

Treize photos de Tony Karumba à Kibera, le 8 juin 2012, illustrent ce propos.

  • Un égout à ciel ouvert

    Un égout à ciel ouvert

    La PME suédoise Peepoople a mis en place une méthode d’assainissement originale en créant un sac baptisé Peepoo (traduction littérale de l’anglais «pipi-caca»). 

    Il s’agit d’un WC personnel et transportable pouvant être utilisé par les femmes et les hommes, assis ou debout.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Des latrines Peepoople

    Des latrines Peepoople

    Peepoo, dont le design est signé Peter Thuvander, a été inventé par Anders Wilhelmson, architecte et professeur à l’Ecole royale polytechnique de Stockholm.

    L’idée lui est venue en étudiant et en visitant des bidonvilles au Kenya : il a alors remarqué que de nombreuses personnes mettaient leurs excréments dans des sacs en plastique.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Préparation sacs pour jeunes enfants devant école

    Préparation de sacs pour les jeunes enfants devant une école

    Ce sachet blanc et vert à usage unique en plastique biodégradable mesure 14 cm x 38 cm et pèse 10 g.

    A l’intérieur, une gaze imprégnée de granules d’urée (une forme d’ammoniac) désinfecte les déchets. Fermé par un nœud, le sac reste inodore pendant 24h et peut être enfoui sans risque dans la terre.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Sortie classe

    Sortie de classe

    Dans les bidonvilles, où les toilettes sont inexistantes, les excréments humains contaminent les sources d’eau qui véhiculent des éléments pathogènes dangereux pour la santé et souvent mortels pour les enfants.

    Toutes les douze secondes, un enfant meurt dans le monde suite à la contamination des sols par les eaux souillées.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Au petit coin

    Au petit coin

    «Avant, ils faisaient leurs besoins dans les buissons aux abords des baraques ou bien dans un sac en plastique qui, lorsqu'il empestait trop l'intérieur des habitations, était jeté dehors… Le procédé n'est testé qu'à Kibera pour l'instant. Mais c'est un énorme succès, les gens sont enchantés, il n'y a plus d'odeurs, on a réduit les risques d'épidémie de diarrhée et les sachets sont proprement éliminés», explique Camilla Wirseen, directrice du projet.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Des dessins explicatifs sur toilettes

    Des dessins explicatifs sur les toilettes

    La directrice du projet ajoute : «Les gens me racontent que le nombre de jeunes enfants qui se font violer parce qu'ils doivent sortir dans les buissons pour faire leurs besoins, a reculé.»

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Récupération sacs usagés

    Récupération des sacs usagés

    Les sachets sont déposés dans des seaux en plastique qui servent de micro-stations d’assainissements privées, ou dans des grands sacs disposés à différents endroits du bidonville.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Micro-stations

    Micro-stations

    L’autre paramètre très important du sac est qu’au bout de deux à trois semaines, les déjections se transforment en engrais fertile de très bonne qualité.

    En Afrique, les engrais étant trop chers, le Peepoo apporte une vraie solution.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Arrivée seaux au centre collecte

    Arrivée des seaux au centre de collecte

    Les Peepoos usagés deviennent des engrais commerciaux revendus aux fermiers de la région.

    Des vendeuses locales ont été formées au dispositif. Elles ont aussi appris à faire démarrer et fonctionner une micro-entreprise. Certaines de ces unités sont aujourd’hui prospères.

    Un sac coûte trois centimes d’euros et pour chaque sac utilisé comme engrais, un centime est reversé à une famille.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Une femme explique pourquoi utiliser sacs

    Une femme explique pourquoi utiliser les sacs

    La technologie complexe de fabrication du Peepoo ne permet pas pour l’instant de le fabriquer à grande échelle en Afrique. 

    Seuls 3.000 sacs par jour sont fabriqués à Nairobi. «Mais nous prévoyons de passer à 500.000 pièces dès novembre (2012) en les faisant fabriquer en Allemagne et en Suède», note la responsable du projet.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Une rue bidonville

    Une rue du bidonville

    Des pays comme le Pakistan, le Bangladesh,Haïti et l'Inde ont été contactés car ce produit peut offrir une solution en cas de catastrophe naturelle.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Les eaux usées s’évacuent dans rues

    Les eaux usées s’évacuent dans les rues

    Projection, un réseau de 250 jeunes professionnels de l’eau et de l’assainissement, a choisi Peepoo parmi les 12 projets , qu’elle entend promouvoir dans le cadre du dernier Forum mondial de l’eau en 2012.Venus du monde entier, ils ont compris que ce sac écologique peut réellement améliorer les conditions de vie des gens les plus démunis et leur sauver la vie.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA

  • Un bidonville d'un million d’habitants

    Un bidonville d'un million d’habitants

    L’un des huit objectifs du Millénaire pour le développement, adopté en 2000 par les membres de l’ONU, consiste à réduire de moitié d’ici à 2015 le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable, ni à des services d’assainissement corrects dans le monde (46% en 1990).

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) veut en faire l’une des préoccupations essentielles pour la santé humaine au niveau mondial.

    © AFP PHOTO/Tony KARUMBA