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Afrique: à la recherche de la pilule abortive sur Google

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 21/06/2018 à 13H46

Manifestation à Luanda en Angola
Des centaines d'Angolais défilent contre un projet de loi qui criminalise l'avortement le 18 mars 2017 à Luanda, en Angola. © AMPE ROGERIO / AFP

Alors que l’avortement est interdit dans la plupart des pays africains, de nombreuses femmes s’intéressent de plus en plus à la pilule abortive pour mettre fin à leur grossesse. Et c’est sur Internet qu’elles s’informent ou font leur marché.

 
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. Les recherches en ligne sur les pilules abortives ont plus que doublé ces dix dernières années, selon une étude récente de la BBC qui s’appuie sur les données de Google.

Sur les 25 pays les plus intéressés par le médicament, 11 se trouvent en Afrique.  
 
La pilule qui passe
Le Ghana et le Nigeria sont en tête dans la recherche en ligne sur la pilule abortive. Outre les requêtes sur Google, les femmes s’informent sur les groupes de discussion comme WhatsApp et partagent des conseils médicaux sur l’avortement qu’elles ne sont pas près de trouver autour d’elles.

Le Ghana n’autorise l’avortement qu’en cas de viol, d’inceste, de malformation fœtale, notamment. Le Nigeria est encore plus strict et ne l’accepte que si la vie de la femme est en danger.
 
Les potions à risque
L’enquête de la BBC montre aussi que les femmes font des recherches en ligne pour trouver d’autres moyens d’avorter en espérant trouver une potion magique. Elles font par exemple des requêtes sur le persil, la cannelle, la vitamine C ou l’aspirine, censés provoquer un avortement naturel. Des remèdes inutiles et parfois même dangereux.

L’OMS met en garde contre l’absorption de préparations traditionnelles, et toutes des recherches scientifiques soulignent qu’un avortement médicamenteux peut se faire à domicile à condition d’avoir accès à un hôpital ou un autre service d’urgence.