«Afrique, artistes d'hier et d'aujourd'hui»: témoignage d’un continent pluriel-1

Par Laurent Filippi | Publié le 29/01/2018 à 11H46, mis à jour le 29/01/2018 à 11H54

En Martinique, la Fondation Clément associée à la Fondation Dapper présente jusqu’au 6 mai 2018 «Afrique, artistes d'hier et d'aujourd'hui». C'est la première fois qu’une exposition d’une telle envergure est organisée en Martinique et dans la Caraïbe. Plus d’une centaine d’œuvres, sculptures, peintures, photos… permettent de découvrir un vaste répertoire de styles représentatifs de l’Afrique.

Voici en huit photos la première partie de cette exposition qui «montre à travers des œuvres majeures de la Fondation Dapper combien l’esthétique est liée aux rôles dévolus aux objets dans leurs sociétés: communiquer avec les esprits, protéger, guérir, signifier une naissance, une prise de pouvoir, des funérailles ou accompagner une initiation.»



  • Figure kota-Gabon
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    Figure kota-Gabon

    «L’expression «figure de reliquaire kota» a été appliquée à un ensemble de peuples du Gabon et du Congo qui, n’ayant pas toujours de liens de parenté, pratiquaient tous un culte des ancêtres. Les Kota proprement dits, ne sculptant pas eux-mêmes leurs objets rituels, faisaient appel à leurs voisins, les Mahongwe, pour réaliser leurs pièces. Surmontant des paniers en vannerie, ces figures sont constituées d’une structure en bois recouverte de plaques en cuivre et/ou en laiton. Ces techniques de placage et d’agrafage des fils n’existent nulle part ailleurs en Afrique.» © Archives Fondation Dapper / Photo Olivier Gallaud

  • Figure reliquaire fang-GabonCameroun
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    Figure de reliquaire fang-Gabon/Cameroun

    «Les Fang, composés de divers groupes, occupent le nord-ouest du Gabon et se trouvent aussi en Guinée équatoriale et au Cameroun. Encore vivaces au début du XXe siècle, les rites liés au byeri, culte des ancêtres, permettaient d’entrer en contact avec les morts pour obtenir leur protection. Les esprits des défunts étaient convoqués lors de cérémonies durant lesquelles on utilisait des boîtes reliquaires surmontées de figures sculptées veillant au contenu sacré. Ces sculptures étaient soit assises sur le bord de la boîte, soit enfoncées dans celle-ci avec un bâton. Les œuvres sont en général couvertes d’une patine noire qui suinte parfois encore. D’infimes parties étaient prélevées sur les sculptures dans un but thérapeutique.» © Archives Fondation Dapper / Photo Hughes Dubois.

  • Masque punu-Gabon
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    Masque punu-Gabon

    «Ce type de masque présente des traits délicats caractéristiques de la beauté des femmes punu du sud du Gabon. Porté uniquement par des hommes, le masque incarnait l’esprit d’un ancêtre féminin et avait pour fonction de capter les forces occultes des défunts au profit des vivants. Il participait autrefois à des rituels liés aux funérailles, à la naissance de jumeaux et à l’initiation des jeunes. Le danseur masqué – son corps était dissimulé sous un costume – était juché sur des échasses et exécutait des acrobaties au rythme des tambours et des chants.» © Archives Fondation Dapper / Photo Hughes Dubois

  • Statuette nkisi-République Congo
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    Statuette nkisi-République du Congo

    «Le concept de nkisi occupe une place centrale dans le système de pensée des groupes kongo (République du Congo, République démocratique du Congo). Il renvoie aux forces contenues dans certains types d’objets, conglomérats de minéraux, de végétaux, parties d’animaux, morceaux de fer, de laiton ou de verre. Cette notion s’étend aux figures en bois dès lors qu’elles intègrent une charge. Les minkisi constituent des outils créés par un sculpteur et activés par le nganga, l’officiant, pour interagir sur les mondes spirituel et physique.» © Archives Fondation Dapper / Photo Hughes Dubois

  • Tête kuyu-République Congo
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    Tête kuyu-République du Congo

    «Autrefois, les Kuyu vivant dans l’ouest de la République du Congo considéraient qu’ils descendaient de la panthère, tandis que ceux de l’est vénéraient comme leur ancêtre un serpent sacré, une sorte de vipère cornue appelée Djo. Les traits du visage confèrent un aspect inquiétant aux créatures mi-humaines mi-animales que semblent incarner les sculptures kuyu.» © Archives Fondation Dapper - Photo Hughes Dubois

  • Masque dan-Côte d’Ivoire
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    Masque dan-Côte d’Ivoire

    «Ce type de masque est le gardien de l’enclos où se déroulent les circoncisions. Il veille au bon déroulement du rite. Les garçons y restent un mois et ils sont encadrés par le porteur du masque deangle; ce dernier accompagne les adolescents jusqu’au village le jour de leur sortie de réclusion.» © Archives Fondation Dapper - Photo Hughes Dubois

  • Cuiller dan-Côte d’Ivoire
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    Cuiller dan-Côte d’Ivoire

    «Les Dan possèdent de grandes cuillers. Jamais utilisées lors des repas ordinaires, elles sont tenues à la main par des femmes, au cours de cérémonies qui réunissent tout un village, voire plusieurs. A la tête de l’organisation de ces festivités, des femmes d’âge mûr, désirant rivaliser de générosité, rassemblent de la nourriture pour les repas, igname, riz, qu’elles prélèvent en partie dans leur propre grenier. Elles détiennent de grandes louches en bois qu’elles brandissent au cours de processions et de danses pour recevoir les félicitations des notables.» © Archives Fondation Dapper / Photo Hughes Dubois

  • Bâton danse oshe Shango-Nigeria
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    Bâton de danse oshe Shango-Nigeria

    «Comptant parmi les divinités yorubas les plus sollicitées, Shango, le dieu du tonnerre, est honoré lors de cérémonies rythmées par des percussions. Les fidèles lèvent au-dessus de leur tête l’oshe Shango, un bâton sculpté, puis l’abaissent rapidement. L’insigne est surmonté d’une figure féminine agenouillée dans une posture de respect et de supplication. La tête est ornée d’une coiffure évoquant une hache à double lame en pierre taillée, matériau que les fidèles considèrent comme le symbole de la présence de Shango. Cette sculpture a été enduite de substances afin que l’énergie vitale de son propriétaire lui soit transmise et augmente son efficacité. Par ailleurs, la coupe tenue par le personnage est destinée à recevoir des noix de cola ou toute autre offrande pour la divinité. Celle-ci doit assurer en retour sa protection et ses bienfaits au fidèle et à sa famille.» © Archives Fondation Dapper / Photo Hughes Dubois