«Afrique, artistes d'hier et d'aujourd'hui»: témoignage d’un continent pluriel-2

Par Laurent Filippi | Publié le 29/01/2018 à 15H31

En Martinique, la Fondation Clément associée à la Fondation Dapper présente jusqu’au 6 mai 2018: «Afrique, artistes d'hier et d'aujourd'hui». C'est la première fois qu’une exposition d’une telle envergure est organisée en Martinique et dans la Caraïbe. Plus d’une centaine d’œuvres, sculpture, peintures, photos… permettent de découvrir un vaste répertoire de styles représentatifs de l’Afrique.

Dans ce diaporama, Géopolis présente la seconde partie de l’exposition qui donne à voir «les moyens utilisés (peintures, photomontages, collages…) pour sonder la mémoire collective, questionner les cultes et les rites, s’approprier une histoire enfin partagée ou dire leur place dans un monde marqué par la diversité.»

  • Jean-Baptiste Belley série «Diaspora» 2014-Omar Victor Diop
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    Jean-Baptiste Belley série «Diaspora», 2014-Omar Victor Diop

    «Omar Victor Diop renouvelle l’imagerie des photographies de studio de l’Afrique des années 1950. Dans la série Diaspora, il revêt les costumes de personnages d’origine africaine peints par de grands maîtres européens. Il introduit dans ses mises en scène un élément anachronique du monde moderne: ici un ballon de football. Jean-Baptiste Belley (1746-1805), peint par Anne-Louis Girodet, aurait vu le jour sur l’île de Gorée (Sénégal). Après l’abolition de l’esclavage le 4 février 1794, il fut le premier député français noir. Il représentait le nord de l’île de Saint-Domingue qui, devenue indépendante en 1804, prit le nom d’Haïti. Jean-Baptiste Belley fut déporté en France où il mourut.» © Courtesy Magnin-A, Paris

  • Figures 1838 Atlas Elémentaire 2015-Malala Andrialavidrazana
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    Figures 1838, Atlas Elémentaire, 2015-Malala Andrialavidrazana

    «Autour de cartes de l’Afrique réalisées au XIXe siècle par des Occidentaux sont positionnées des images extraites de timbres, d’une pochette de disque, de fragments de billets de banque émis pendant la colonisation ou après. Apparaît entre autres Mobutu Sese Seko, président tyran du Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo, et dont l’un des emblèmes était le léopard.» © Malala Andrialavidrazana / Courtesy 50 Golborne, London / C-Gallery, Milano / Kehrer, Berlin

  • Hommage aux anciens créateurs 1999-Chéri Samba
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    Hommage aux anciens créateurs, 1999-Chéri Samba

    «La peinture de Chéri Samba est inspirée entre autres par le langage publicitaire et la bande dessinée. L’artiste puise ses sujets aussi bien dans le quotidien de ses concitoyens que dans des faits de portée mondiale à caractère social, politique ou environnemental. Dans ce tableau, dont il existe différentes versions, des sculptures de la République démocratique du Congo sont posées devant Chéri Samba qui se représente fréquemment dans ses œuvres. Selon lui, les objets d’arts anciens ont suscité des attitudes ambivalentes de la part des Occidentaux. A l’époque coloniale, les artefacts, trop souvent méprisés, ont été voués à la destruction. Au XXe siècle, masques et statuettes ont séduit des collectionneurs dont certains se sont révélés peu curieux des cultures de l’Afrique.» © Photo Matthieu Lombard / Collection Gervanne et Matthias Leridon

  • The Woman of Magic Power 1989-Ouattara Watts
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    The Woman of Magic Power, 1989-Ouattara Watts

    «La composition travaillée sans effet de perspective mêle des figures humaines stylisées, des formes géométriques, des idéogrammes, comme autant de signes d’un univers foisonnant de symboles. La "Femme au pouvoir magique" est identifiable par sa longue silhouette derrière laquelle le fond bleu est traversé par des lignes droites terminées comme des lances. Ce personnage qui porte un collier volumineux – peut-être une parure de protection – semble surgir d’un autre monde. Encore plus mystérieuse, la créature mi-homme mi-bête, transformée ainsi après on ne sait quel rituel, défie tous les repères.» © Courtesy Galerie Boulakia

  • Le Chef celui qui a vendu l’Afrique aux colons 1997-Samuel Fosso
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    Le Chef, celui qui a vendu l’Afrique aux colons, 1997-Samuel Fosso

    «L’artiste accumule les références culturelles et historiques des sociétés africaines et occidentales. Dans cet autoportrait, il est vêtu d’une fausse peau de léopard et porte une toque. Ces accessoires constituaient des symboles du pouvoir de dictateurs comme Mobutu ou Bokassa. Mais ce sont tous les tyrans africains se présentant comme des chefs traditionnels légitimes qui sont tournés en dérision et dénoncés. Les lunettes de soleil et les chaussures renvoient quant à elles au monde contemporain.» © Courtesy Jean Marc Patras, Paris / Collection Gervanne et Matthias Leridon

  • Le Souffle offrandes 2010-Barthélémy Toguo
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    Le Souffle des offrandes, 2010-Barthélémy Toguo

    «Qu’il utilise le dessin, la photographie, la vidéo, la sculpture, l’installation ou la performance, Barthélémy Toguo s’appuie sur ses expériences faites au Cameroun ou lors de ses nombreux voyages-témoignages à travers le monde. Dans "Le Souffle des offrandes" les mains semblent se déformer sous la poussée d’une force incontrôlable. Elles se tendent comme pour une supplique. Dans cette aquarelle, des épingles ou des clous plantés dans les chairs disent la souffrance.» © Courtesy Galerie Lelong & Co. / Paris, Bandjoun Station, Cameroun & Adagp, Paris 2017

  • Les Initiés 2015-Soly Cissé
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    Les Initiés, 2015-Soly Cissé

    «L’art de Soly Cissé mêle une multitude de référents et de codes qui appartiennent à des mondes différents. Des objets de l’univers traditionnel sont détournés, tels un masque ou une statuette de même que des animaux. Leurs images sont intégrées dans des compositions qui peuvent sembler aléatoires. La figuration privilégie les formes hybrides, avec des corps d’hommes et des têtes étranges. Les interférences avec des représentations figuratives se font également avec des lettres, des chiffres, des codes-barres, un logo, un extrait de texte d’un magazine. Ces signes qui créent du lien sont des témoins du monde contemporain.» © Archives Fondation Dapper – Photo Aurélie Leveau & Adagp, Paris 2017

  • Persona I Série « Persona the Social Mask » 2015-2016-Joana Choumali
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    Persona I, Série « Persona, the Social Mask », 2015-2016-Joana Choumali

    «Joana Choumali a choisi ses sujets, les a photographiés, de face, de dos, de profil. Elle a rapproché, juxtaposé des images qui se muent en masques. Ce ne sont plus réellement des portraits qui se donnent à voir mais bien plus des personnes et leur double, tout à la fois proche et différent.»   © Joana Choumali