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Afrique du Sud: Alstom inaugure une usine pour la production de 600 trains

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 26/10/2018 à 17H07, mis à jour le 27/10/2018 à 10H10

Train dans gare Johannesburg capitale économique l'Afrique sud
Train entrant dans la gare de Johannesburg, capitale économique de l'Afrique du Sud.  © Ian Trower/ AFP

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a inauguré le 25 octobre 2018, près de Johannesburg, la plus grande usine de production de trains d'Afrique. Construite par le groupe français Alstom qui a décroché en 2014 l'un des plus gros contrats de son histoire (3 milliards d'euros), l'usine devrait employer 1500 ouvriers. Le premier train produit localement devrait sortir de l'usine fin 2018.


L’industriel français Alstom a déposé la première pierre de l’usine sud-africaine en juin 2016 à Dunnottar, dans la banlieue est de Johannesburg. En avril 2014, Prasa, l'agence publique sud-africaine chargée des transports de voyageurs, avait commandé à Alstom 600 trains de six voitures pour un méga-contrat de 51 milliards de rands (3,1 milliards d'euros au cours actuel), auxquels s'ajoutait la maintenance du matériel pendant dix-neuf ans.

Les vingt premiers trains ont été construits sur le site brésilien d’Alstom à Lapa. L'usine, elle aussi installée dans la banlieue est de Johannesburg, a commencé à fabriquer les 580 trains manquants. «L'Afrique du Sud pourra désormais produire des trains ultramodernes localement et deviendra le centre d'excellence ferroviaire d'Alstom en Afrique», a déclaré Didier Pfleger, vice-président senior de la firme française pour l'Afrique. Une base industrielle pour convoiter le continent et résister à la concurrence chinoise.

1500 salariés
Alstom, qui est en cours de fusion avec le géant allemand Siemens, à commencé à former le personnel de l’usine mais aussi des sous-traitants locaux pour les aider à répondre aux critères de qualité.

L'usine, qui doit employer 1.500 personnes quand elle sera totalement opérationnelle, «permet de répondre au plus important défi actuel de l'Afrique du Sud, le chômage en particulier chez les jeunes», a estimé pour sa part le président Ramaphosa.

«Ce sont de nouveaux emplois dans une industrie qui est relativement récente dans notre pays et qui a un grand potentiel de croissance», a ajouté M. Ramaphosa. La plus grande puissance industrielle du continent africain se débat avec un chômage record qui frôle les 28%. L'ouverture de l'usine intervient à un moment crucial pour l'Afrique du Sud, plongée dans la récession, alors que le président Ramaphosa, au pouvoir depuis février, s'est engagé à relancer l'économie du pays.

Faciliter les transports des plus pauvres
L’Afrique du Sud possède un gros réseau de trains de banlieue qui irradient les grandes villes, avec plus de 2,5 millions de passagers par jour. Dans les vingt prochaines années, l’État devrait remplacer l’ensemble des 1.200 trains périurbains.

Ces nouveaux trains de banlieue doivent aussi permettre de modifier l'organisation des transports publics héritée de l'apartheid. Pendant le régime blanc raciste qui a officiellement pris fin en 1994 avec l'élection de Nelson Mandela, le réseau ferroviaire a été «au service du système de l'apartheid des townships, en maintenant les Noirs loin des villes blanches», a rappelé M. Ramaphosa. «Nous devons redéfinir nos services ferroviaires» pour que la population noire «puisse vivre à proximité des opportunités économiques et des infrastructures», a estimé le président sud-africain.