Clap

Société,  Politique,  Afrique du Sud,  Afrique

Afrique du Sud: campagne raciste d'une agence de com pour le compte des Gupta

Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 13/09/2017 à 15H58

L'immeuble londonien où est installé siège Bell Pottinger
L'immeuble londonien où est installé le siège de Bell Pottinger, l'agence de relations publiques par laquelle le scandale est arrivé (photo prise le 5 septembre 2017). © REUTERS - Toby Melville

L'agence britannique Bell Pottinger, spécialisée dans le conseil et le lobbying, a été placée le 12 septembre 2017 en cessation de paiement, suite au retentissant scandale d’une campagne aux accents racistes en Afrique du Sud.


Fait rarissime, l’agence avait été exclue le 11 septembre de l'Association professionnelle nationale du secteur des relations publiques (PRCA) au Royaume-Uni. Selon le PRCA, elle a développé, pour le compte de proches du pouvoir sud-africain, une campagne susceptible d’«attiser les discordes raciales en Afrique du Sud».

L’association professionnelle avait été saisie par le parti d’opposition sud-africain Democratic Alliance. Celui-ci avait accusé Bell Pottinger d’avoir mené «une campagne de haine (…)  pour diviser l’Afrique du Sud dans le domaine racial». Et ce «au profit de la famille Gupta». Très proche du clan du président Jacob Zuma, cette dernière est au cœur d’un scandale politico-financier. En novembre 2016, un rapport, intitulé La capture de l’Etat et rédigé par la médiatrice de la République Thuli Madonsela racontait comment le clan Zuma et la richissime famille, d’origine indienne, avaient pris le contrôle de l’Etat. En août, le président sud-africain avait échappé à une neuvième motion de défiance, notamment en raison du «Guptagate».

Pour tenter de redorer son image et détourner l’attention sur les scandales, une firme de l’empire Gupta avait fait appel aux services de Bell Pottinger. Montant du contrat : 100.000 euros par mois. L’agence avait alors fait créer de faux comptes Twitter et diffusé le hashtag #WhiteMonopolyCapital (capital monopolistique blanc). Etaient ainsi visés de riches hommes d’affaires blancs et l’«apartheid économique» au détriment des Noirs. Un sujet explosif en Afrique du Sud.


L’agence britannique a rompu ses relations avec les Guptas en avril. Mais l’affaire a été rendue publique en juin grâce aux GuptaLeaks. Nombre de gros clients sont alors partis. A commencer par la banque HSBC, la banque d’investissement Investec et Richmont, firme spécialisé dans le luxe.