Synthèse

Politique,  Afrique du Sud

Afrique du Sud: le Clan Zuma va-t-il perdre le contrôle de l’ANC ?

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 16/12/2017 à 14H15, mis à jour le 16/12/2017 à 17H25

Ouverture congrès l'ANC 2017
Le 16 décembre 2017, les délégués de l'ANC arrivent à Johannesbourg pour participer au congrès du parti et désigner leur nouveau chef. © GULSHAN KHAN / AFP

Le Congrès national africain (ANC) est en congrès du 16 au 20 décembre 2017, pour élire un nouveau chef à la place de Jacob Zuma, l’actuel président de l’Afrique du Sud. La lutte pour la succession a déchiré le parti entre supporters du vice-président Cyril Ramaphosa et ceux de Nkosazana Diamini Zuma, l’ex-épouse du chef de l’Etat.


Les temps sont durs pour l’ANC. Le parti de Nelson Mandela a perdu de sa superbe depuis la fin de l’apartheid et les premières élections libres du pays en 1994. Certains observateurs pensent même que le parti pourrait perdre sa majorité absolue aux élections de 2019. Du jamais vu !
 
Et Jacob Zuma, l’actuel président de la nation Arc en ciel n’est pas étranger à ce désamour. «Son héritage est désastreux», résume un militant à l’AFP. Il est vrai, les scandales succèdent aux scandales, et éclaboussent tout le clan. Le dernier en date est provoqué par la sortie d’un livre, The President’s keepers. L’auteur détaille le fonctionnement de l’empire Zuma, «un groupe de criminels mafieux» à l’œuvre. Corruption, prises illégales d’intérêts sont les moteurs du système Zuma, selon ses détracteurs.

«Président Téflon»
Mais rien n’y fait. Envers et contre tous, Jacob Zuma s’accroche au pouvoir. Il a échappé à neuf motions de défiance depuis son arrivée à la tête du pays. Cela grâce au soutien indéfectible des membres de l’ANC. Mais la belle alliance s’est fissurée, et à l’heure de passer la main, Jacob Zuma semble avoir bien du mal à faire triompher son camp.
 
Car l’héritage de Zuma vit également dans le quotidien de la population. La crise économique persistante a mené le chômage à un taux record de 27% de la population. La croissance a été nulle en 2016, et guère meilleure en 2017 (+0,7%). Désormais, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. La Banque Mondiale a même rétrogradé l’économie du pays au troisième rang du continent, derrière le Nigeria et l’Egypte.

Tourner la page 
Aussi l’ANC semble tenté de tourner la page. Mais pas pour tenter l’aventure. C’est en effet l’actuel vice-président, Cyril Ramaphosa, qui tient la corde pour succéder à Zuma à la tête du pays. Enfant de Soweto, ancien syndicaliste et désormais richissime homme d’affaires, l’homme a du charisme. Mais on lui reproche aussi de ne pas avoir rompu avec le clan Zuma et ses pratiques.

Dans un ultime tour de passe-passe, Zuma peut renverser la tendance et imposer son ex-femme, Nkosazana Dlamini Zuma. Celle-ci, une fois au pouvoir, pourrait alors l’aider à sortir des mailles de la justice. Mais Zuma n’achèvera son deuxième mandat que dans deux ans. Pourra-t-il tenir à la tête du pays si son clan est désavoué ?