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Maroc,  Afrique

Agression homophobe au Maroc : une victime écope de 4 mois de prison ferme, l’autre arrêtée

Par Mohamed Berkani@GeopolisAfrique | Publié le 30/03/2016 à 14H18, mis à jour le 30/03/2016 à 14H18

Affiche collectif Mali
Capture d'écran del'affiche du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Maroc) © DR

Deux jeunes homosexuels ont été sauvagement agressés le 9 mars 2016 à Beni Mellal (190 km au sud de Rabat). Présentée devant la justice, l’une des victimes a été condamnée à quatre mois de prison ferme. Les associations demandent l’abrogation de l’article 489 réprimant l’homosexualité.


La vidéo de l’agression est insoutenable. Des individus s’introduisent au domicile d’un couple d’homosexuels à Ben Mellal, les agressent sauvagement, avant de les faire sortir nus dans la rue sous les coups. Des images qui choquent les Marocains et suscitent un élan de solidarité envers les victimes. Plus tard, la police arrête quatre agresseurs et aussi les victimes. L’une d'entre elles est présentée devant le procureur du roi. Verdict le 28 mars 2016 : 4 mois de prison ferme. «C’est une décision de justice qui ne passera sans doute pas aux yeux de nombreux Marocains», s’étonne le site Bladi.net. Selon Media24, la deuxième victime, jusque-là en fuite, a été arrêtée et sera jugée le 4 avril. Le jugement a provoqué un tollé d'autant que deux des agresseurs n'ont été condamnés qu'à deux mois de prison avec sursis. 


Les associations et organisations non gouvernementales réclament l'aborgation de l'article 489 du code pénal qui criminalise les relations entre personnes de même sexe. Une quinzaine d'associations de droits de l’Homme (Association de Lutte contre le Sida, Bayt Al Hikma ou encore l’Observatoire marocain des prisons) appellent, dans un communiqué commun, à «la libération des deux victimes et l’ouverture d’une enquête pour pénaliser les agresseurs». 

Appel contre l'homophobie
Capture d'écran © DR


Le royaume chérifien est confronté depuis plusieurs mois à une vague hostile aux homosexuels. Agressions, harcèlements... la presse rapporte quotidiennement des actes de violence. A Fès, le 30 juin 2015, une foule s’est acharnée sur un homme présenté comme gay. Les réseaux sociaux marocains bruissent d’indignation. 

 


L’écrivain Abdellah Taïa, qui a toujours revendiqué son homosexualité, a été parmi les premiers à tirer la sonnette d’alarme.

Texte écrivain Abdellah Taïa
Capture d'écran © DR