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La Grande-Bretagne privatise ses services d’urgence par hélicoptère

Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 28/03/2013 à 10H29, mis à jour le 28/03/2013 à 16H21

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Hélicoptère de secours en mer britannique évoluant au-dessus de Widemouth Bay en Cornouaille (ouest de la Grande-Bretagne) le 20-9-2008 © AFP - Biosphoto - Mark Boulton

Le gouvernement britannique a annoncé le 26 mars 2013 la privatisation du service de recherche et de sauvetage par hélicoptères au profit d'une entreprise américaine. Jusque-là, ce service était assuré par des militaires.

Le groupe Bristow, qui se présente comme «le plus important fournisseur de prestations de transport par hélicoptères dans le monde», a remporté ce contrat de 1,6 milliard de livres (1,8 milliards d'euros) qui prendra effet à partir de 2015 pour sept à dix ans, selon un communiqué du ministère des Transports.
 
Le service de sauvetage aérien, destiné à venir en aide à des personnes en danger sur terre et en mer, est assuré depuis 70 ans par des personnels de la Royal Air Force (RAF, armée de l’air) la Royal Navy (marine), avec l'appui des garde-côtes britanniques. Le prince William, deuxième dans l'ordre de succession au trône, est pilote au sein de l'unité et recherche et de secours de la RAF basée dans l'île d'Anglesey, à la pointe ouest du Pays de Galles. Sa mission, entamée en 2010, doit toutefois prendre fin prochainement. La presse britannique s'est demandée s'il allait poursuivre cette carrière où se consacrer davantage à un rôle de représentation de la famille royale, alors que son premier enfant doit naître en juillet.

 
Le pour et le contre 
Selon le ministère, cette privatisation permettra de réduire «le temps d'intervention» des hélicoptères, qui passerait ainsi de 23 à 19 minutes et «d'améliorer la couverture des zones à hauts risques». Ce dont doutent certains opposants à cette privatisation.

Celle-ci «représente de nombreux risques. Les appels (aux services d’urgence) ont augmenté de 40  % depuis 2005 et de nombreuses vies humaines sont en jeu», fait remarquer un observateur cité par la BBC. «Le secteur privé sera-t-il capable de prendre le même type de risques que les services de secours actuels, et avec les mêmes moyens ? Il faut poser le problème dans un contexte plus large : avons-nous raison de confier les services de secours au privé, motivé par le profit qui s’oppose au mot d’ordre ‘‘On y va et on fait le travail’’, mission que remplissent les militaires de manière admirable», poursuit l’expert.
 
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Hélitreuillage de passagers d'un navire néerlandais en perdition à l'entrée du port de Newhaven (sud-est de la Grande-Bretagne) le 21-10-1998. © AFP - Press Association

Vingt-deux appareils «ultramodernes» remplaceront les hélicoptères Sea King de la RAF, en service depuis 40 ans, et opèreront depuis dix sites, 24 h sur 24, fait valoir le ministère des Transports. «Les militaires n'ont pas besoin de faire du sauvetage (civil) au Royaume-Uni pour avoir les compétences nécessaires pour assurer la récupération de soldats sur le champ de bataille ou en mer», a souligné le ministre Patrick McLoughlin. «Nous sommes en train de redéfinir les activités militaires, pas uniquement au travers de coupes budgétaires mais aussi au niveau de nos missions propres», a précisé un responsable de la Navy cité par le Guardian.

Le ministère britannique de la Défense doit voir ses crédits réduits d'environ 8% sur quatre ans, dans le cadre du plan d'austérité mis en place en 2010 par le Premier ministre David Cameron. Dans ce cadre, l'armée régulière doit voir ses effectifs passer de 102.000 à 82.000 personnes d'ici 2020.
 
Selon Bristow, ses hélicoptères et ses pilotes ont déjà sauvé plus de 7000 personnes au Royaume-Uni. Ils interviennent aussi aux Pays-Bas, en Norvège, Australie, Russie, Brésil, Canada… La société américaine affirme que ses personnels, «aux compétences mondialement reconnues», interviendront avec des appareils «technologiquement avancés».