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Algérie : la statue qui dérange les islamistes restera sur la place publique

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 25/03/2018 à 18H56, mis à jour le 26/03/2018 à 14H12

La fontaine d'Ain El Fouara à SétiF
Une photo, prise le 6 mai 2012, montre des Algériens buvant à la fontaine d'Ain El Fouara à Sétif, à 300 kilomètres à l'est de la capitale.        © STRINGER / AFP

La statue de la Fontaine de Sétif «Ain El Fouara» (source jaillissante), qui fait la gloire de la ville, a été réparée et retrouvera sa place malgré l’opposition des islamistes. L’œuvre centenaire, qui représente une femme nue, avait été vandalisée en décembre 2017 par un individu «atteint de troubles psychiatriques».


«Ce n'est pas à la statue de Ain El Fouara d'aller au musée. C'est à ceux qui appellent à son déplacement d'y aller». Voici la réponse du ministre algérien de la Culture Azzedine Mihoubi à des députés islamistes, lors d’un débat à l’Assemblée, le 22 mars 2018. Les élus du FJD (Front pour la Justice et le développement) réclamaient l’envoi de l’œuvre «impudique» au musée.

Casser ses seins que je ne saurais voir
La statue, représentant une femme nue, avait été défigurée par un homme qui l’avait attaquée au marteau et au burin en plein jour, suscitant l’émoi des habitants de la ville de Sétif (300 km à l’est d’Alger).
Ce n’est pas la première fois qu’un individu s’en prend à l’œuvre du sculpteur français Francis de Saint-Vidal, réalisée en 1898 spécialement pour la ville de Sétif.

La statue fontaine d'Ain El Fouara à Sétif vandalisée

Une photo, prise le 18 décembre 2017, montre la fontaine d'Ain El Fouara à Sétif, à 300 kilomètres à l'est d' Alger. L'œuvre vandalisée a été réalisée par le sculpteur français Francis de Saint-Vidal (1840-1900).  © STRINGER / AFP œuvre


Trois attaques en 20 ans
La dame en pierre a été prise pour cible au moins trois fois durant ces vingt dernières années.
En 1997, l’œuvre avait été quasiment détruite par l’explosion d’une bombe artisanale avant d’être reconstituée à l’identique. 
En 2006, «un forcené», âgé de 26 ans s’était attaqué à la statue à coups de marteau tout comme lors de la dernière agression perpétrée en décembre par «un individu atteint de troubles psychiatriques».

C’est la première fois en revanche que des responsables politiques demandent ouvertement le déplacement de l’œuvre installée depuis 1899 et classée «propriété culturelle nationale depuis 1999» comme le souligne El Watan.
Ils n’auront pas le dernier mot.