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Algérie: les islamistes attaquent la ministre de l’Education «au nom d’Allah»

Par Géopolis@GeopolisAfrique | Publié le 12/09/2017 à 15H03, mis à jour le 12/09/2017 à 15H27

​La ministre algérienne l'Education Nouria Benghabrit
​La ministre algérienne de l'Education, Nouria Benghabrit, dans son bureau à Alger, le 9 mars 2015. © AFP/Archives

Les islamistes ont trouvé un nouvel angle d’attaque contre la ministre algérienne de l’Education, Nouria Benghabrit, leur meilleure ennemie: la suppression de la «besmala» ou «basmela» (la citation «Au nom de Dieu clément et miséricordieux») des manuels scolaires. La place du religieux à l’école enflamme les réseaux sociaux algériens.


C’est LA polémique de la rentrée scolaire en Algérie. Quelque 9 millions d'élèves ont rejoint les bancs de l'école le 6 septembre, plus de 270.000 élèves de plus que l'année dernière. Les milieux islamo-conservateurs, via l’Association des oulémas musulmans algériens, ont trouvé un nouvel angle d’attaque contre leur bête noire: la ministre de l’Education Nouria Benghabrit. Ils lui reprochent d’avoir supprimé la «besmala» (la citation «Au nom de Dieu clément et miséricordieux») des manuels scolaires.

 
Derrière cette énième attaque contre la ministre, c’est la place du religieux à l’école qui est en cause. Deux projets de société s’affrontent. Pour les islamistes, les réformes de la ministre de l’Education sont une «agression contre les enfants et l’identité du peuple algérien». Les soutiens de Nouria Benghabrit, eux, rêvent d’une école sécularisée, éloignée du religieux.

Diplômée de l’université Paris V, membre du Conseil économique et social des Nations Unies, sans étiquette politique, elle avait intégré le gouvernement d’Abdelamek Sellal en mai 2014. Elle a dû faire face, dès sa nomination à la tête de l’Education, à une campagne violente des milieux islamistes mais aussi de la part des conservateurs des partis soutenant le gouvernement.  


«Cette formule religieuse fait office d’en-tête, à l’instar de la phrase "République Algérienne Démocratique et Populaire". Sa mention sur un livre de physique ou de mathématiques ne signifie aucunement qu’il s’agit de manuels religieux, mais sa suppression n’a aussi aucune incidence sur le coût d’impression du livre. Nous proposerons à la ministre de l’inclure à nouveau dans les prochaines éditions du manuel scolaire, pour mentionner que l’Etat algérien est musulman», affirme le président du Haut conseil islamique, Bouabdellah Ghlamallah, appelé à calmer les ardeurs des islamistes.

(Nous écrirons Besmala sur nos manuels: campagne sur Facebook contre la ministre, relayée par un site conservateur)




Accoutumée à gérer les attaques venant du courant islamo-conservateur, la ministre fait le dos rond et demande à «laisser l’école tranquille».