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Algérie, Maroc, Jordanie: les "rescapés" du printemps arabe

Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 30/11/2011 à 12H15, mis à jour le 15/11/2012 à 16H02

Jeune Jordanien manifestant avec portrait roi à Amman 1-4-2011
Jeune Jordanien manifestant avec le portrait du roi à Amman (1-4-2011) © AFP - MARCO LONGARI

Si le « printemps arabe » a été un véritable tsunami pour la Tunisie, l'Egypte et la Libye, il n’a pas eu partout le même impact. Retour sur la situation en Algérie, au Maroc et en Jordanie. Dans ces pays, les dirigeants ont essayé de répondre à la fois par des réformes économiques et politiques.

Algérie
Début janvier, cinq jours d'émeutes contre la vie chère ont fait cinq morts et plus de 800 blessés. Le mouvement de protestation s'est arrêté après l'annonce d'une baisse des prix des produits de première nécessité.

Une manifestation "pour la démocratie" a été bloquée le 22 janvier par la police, faisant une vingtaine de blessés à Alger. Plusieurs décès par immolation ont été signalés. Le 12 février, plusieurs milliers de personnes ont tenté de défiler dans la capitale à l’appel de mouvements d’opposition. En vain.

Le mouvement de revendications sociales a continué. La réponse du pouvoir a été économique. Assis sur une manne pétrolière et gazière de quelque 170 milliards d’euros, le gouvernement a prévu d’augmenter les salaires et subventionne les produits de première nécessité. Mais les problèmes de fond demeurent, à commencer par le chômage des jeunes et la corruption.

Maroc 
Des manifestations, notamment de jeunes, ont touché le royaume en février. Parmi les revendications : des mesures sociales et une limitation des pouvoirs du roi.

En mars, le roi Mohammed VI, clef de voûte des institutions, a mis en branle un processus de réforme constitutionnelle. Parmi les principaux points : un renforcement des pouvoirs du Parlement et « la consécration du statut du premier ministre en tant que chef d'un pouvoir exécutif effectif, et pleinement responsable du gouvernement ». Le projet a été approuvé par référendum le 1er juillet.

Des élections législatives se sont déroulées sans heurts le 25 novembre. Elles ont été gagnées par le Parti de la Justice et du Développement. Cette formation, qui se présente comme islamiste modérée, a obtenu 107 des 395 sièges à pourvoir. Son dirigeant, Abdelilah Benkirane, a été nommé premier ministre.

Jordanie
En janvier, plusieurs manifestations, regroupant des milliers de personnes, ont eu lieu contre la vie chère et la politique économique du gouvernement. Parmi les slogans : « Non à la faim qui vise à nous mettre à genoux ». Selon une étude officielle, un quart des habitants vit sous le seuil de pauvreté. Le gouvernement a d’abord répondu par des mesures sociales, notamment la baisse de certains prix. En février, le roi Abdallah II a nommé un nouveau premier ministre pour mener de «réelles réformes politiques».

Les 24 et 25 mars, un rassemblement de jeunes appelant à des réformes est attaqué par des partisans du pouvoir. Cette attaque et l'intervention des forces de sécurité font un mort et 160 blessés.

En août, Abdallah II dit prévoir un «tsunami» dans les hautes fonctions de l'Etat permettant d'avancer sur la voie des réformes. En octobre, il nomme un nouveau chef de gouvernement. Il promet de nouvelles lois sur les élections et les partis politiques, et une cour constitutionnelle.

Les principaux mouvements d'opposition (islamistes, gauche et nationalistes) revendiquent que le premier ministre soit issu de la majorité parlementaire, et non plus désigné par le roi.

Le point de vue de l'ambassadrice française en Jordanie