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Algérie,  Afrique

Algérie : Rachid Boudjedra assume son athéisme à la télé et enflamme le Web

Par Mohamed Berkani@GeopolisAfrique | Publié le 02/06/2015 à 14H29, mis à jour le 02/06/2015 à 14H29

Rachid Boudjedra
Capture d'écran © DR

L’écrivain Rachid Boudjedra fait son coming out à la télévision et sur une chaîne conservatrice. Il n’a jamais caché son athéisme mais sa déclaration sur une chaîne de télévision est une première en Algérie.

Il l’avait déjà exprimé, il y a quelques années, mais ça c’était avant. Avant les réseaux sociaux, avant l’arrivée des chaînes de télévision privées. Dès que la bande annonce a été partagée, la blogosphère algérienne s’est mise en ébullition. L’écrivain communiste, habitué des polémiques, invité à s’exprimer sur l’émission «Mahkama» (Tribunal), donne le ton dès le départ : il préfère sa mère à Allah.
 
«Au nom de ma mère, je jure de dire la vérité, toute la vérité. Je ne crois pas en Dieu, ni en la religion musulmane, je ne crois pas en Mohamed comme prophète. Si devais choisir une religion, ce serait le bouddhisme pour son pacifisme». 

Vidéo mise en ligne le 30 mai 2015

Il n’en fallait pas plus pour enflammer la Toile algérienne. Comme souvent, pro et anti-laïcité s’opposent, parfois avec virulence.

Polémique Rachid Boudjedra
capture d'écran © DR


 
L’auteur de «L’escargot entêté», ennemi féroce des islamistes, n’a jamais caché ses convictions. En 2006, il affichait déjà clairement ses prises de positions. «Je suis athée et communiste (...). Je ne suis pas contre l’islam. J’ai été élevé dans une famille musulmane. La violence intégriste a encore accentué mes convictions. Avant, j’écrivais un roman tous les trois ans, le terrorisme m’a poussé à écrire un roman chaque année, une autre manière de lutter contre ces criminels».

Avec la multiplication de chaînes télévision privées et surtout l’avènement des réseaux sociaux, dont les Algériens sont très friands, la moindre déclaration est amplifiée. En s’adressant en arabe algérien (derdja) aux téléspectateurs d’une chaîne conservatrice, Rachid Boudjedra sait pertinemment que l’écho ne sera pas le même qu’une interview écrite dans un quotidien francophone. Il en a sûrement mesuré les risques, et pas seulement les (inévitables) insultes et menaces sur Facebook.