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Algérie : une salle de cinéma fermée à cause de «l’indécence» de Pamela Anderson

Par Géopolis@GeopolisAfrique | Publié le 30/05/2018 à 13H57

Pamela Anderson
Le journal Bilad El Bilad a qualifié Pamela Anderson d'actrice «pornographique» © SEFA KARACAN / ANADOLU AGENCY

Le ministre algérien de la Culture a fermé une salle de cinéma à Alger après la diffusion du film «Borat ». En cause : «l’actrice pornographique» Pamela Anderson. «Des scènes indécentes» pendant le ramadan, pour les autorités et les journaux conservateurs. Le ministre est accusé d’avoir cédé à la pression des islamistes.


Le journal conservateur El Bilad (Le Pays) ne cache pas sa joie. Il est le premier à avoir épinglé «l’actrice porno américaine (sic)» Pamela Anderson. Selon ce journal (lien en arabe), le film «Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan» n’aurait jamais dû être programmé pendant le ramadan, et surtout un vendredi. Les autorités ferment, dans la foulée, la salle de cinéma Mohamed Zinet pour un mois.


Contacté par le site Alg24, le ministre algérien de la Culture, Azzedine Mihoubi, laisse entendre que la salle projette des films piratés avant d’évoquer des «scènes indécentes».

Trophée et censure
Si El Bilad se réjouit de «ce trophée» (lien en arabe), la décision des autorités a soulevé un tollé. Le ministre «Azzedine Mihoubi encourage ainsi la censure seulement pour satisfaire les élucubrations d’un islamiste à l’esprit mal tourné et qui ne trouve pas à son goût le programme de la salle en question. Cette décision est, en tout cas, injustifiée d’autant que la télévision publique algérienne a diffusé par le passé une série dans laquelle l’actrice américano-canadienne avait le premier rôle», s’indigne Algériemonde info.com.
 
La réalisatrice Sofia Djama, dont le film «Les Bienheureux» a gagné un prix à la Mostra de Venise en 2017, ne décolère pas. Dans une lettre rageuse, postée sur son compte Facebook, elle interpelle le ministre de la Culture. «Il parait que vous êtes le ministre de la Culture et vous fermez une salle de cinéma. Vous avez en effet l'argument de la légalité et le respect des droits de diffusion, mais vous y ajoutez un commentaire inutile pour nous, mais audible pour les conservateurs et les islamistes, vous osez invoquer l’indécence de certaines scènes en ce sacré mois de Ramadhan pour justifier la fermeture, ça c'est vulgaire et indécent puisque vous pouviez vous contenter de la loi», enrage Sofia Djama.