Portrait

Europe,  Europes

Allemagne : l'entraîneur qui regrette le manque de soutien des autorités fédérales en faveur du handisport

Par Clara Crochet-Damais@GeopolisAfrique | Publié le 28/06/2016 à 10H53, mis à jour le 28/06/2016 à 15H50

Sara Rädtke est entraîneur au club d’athlétisme Leverkusen
Sara Rädtke est entraîneur au club d’athlétisme de Leverkusen.
© Sara Rädtke

Sara Rädtke est coach au club d’athlétisme de Leverkusen. Pour elle, l’Etat fédéral allemand ne soutient pas suffisamment les athlètes handicapés outre-Rhin. Géopolis l’a rencontrée lors des championnats de France d'athlétisme handisport organisés à Paris au stade Charléty en mai 2016.


Sara Rädtke est membre du club d’athlétisme professionnel de Leverkusen (le TSV Bayer 04 Leverkusen) depuis 10 ans. C'est en 2006 qu’un kiné lui parle de l’aide qu’elle pourrait apporter aux jeunes sportifs handicapés en devenant kinésithérapeute. Un rôle social lié à sa passion de l’athlétisme qui la séduit. Elle décide alors d’en faire son métier. Une fois son diplôme de kinésithérapeute en poche, Sara Rädtke devient coach-sportif pour enfants et jeunes adultes handicapés. Dix ans après, cette fille d’un père d’origine italienne et d’une mère d’origine tunisienne ne regrette rien, sauf le soutien de l’Etat allemand.
 
Les internationaux handisports allemands sur la touche?
«L’Etat allemand ne finance clairement pas au même niveau les athlètes handicapés comparés à leurs homologues valides», lâche-t-elle sans détour. Par exemple, pour venir ici à Paris à l’occasion de ces Championnats de France d'athlétisme handisport, nous n’avons reçu aucune aiide» de sa part. Sara Rädtke est rémunérée pour moitié par son club, l’autre partie de son salaire étant financé par la fédération handisport régionale (de Rhénanie-du-Nord-Westphalie). «Je souhaiterais par ailleurs que les professionnels de santé allemands soient moins rétifs à pousser les jeunes patients handicapés à faire du sport», ajoute-t-elle.
 
Son défi aujourd’hui ? A Charléty comme ailleurs en Europe, elle accompagne les athlètes qu’elle coache toute l’année pour se mesurer aux autres. Ici, à Paris, ils se sont retrouvés face à des athlètes handisport français de niveau international : Jean-Baptiste Alaize, amputé tibial et quatre fois médaillé d’or de saut en longueur aux derniers championnats du monde d'athlétisme handisport, ou encore Oriane Lopez, amputée fémorale huit fois médaillée aux derniers championnats du monde des moins de 23 ans.
 
Le club d’athlétisme de Leverkusen prépare les Jeux paralympiques
«Parmi les athlètes que j’ai emmenés à Charléty, Leonie Düring a souffert d’un AVC quand elle était en bas âge, et Hannah Tempel a eu un cancer à l’âge de 9 ans. Mais pour moi, ils peuvent tous se dépasser et parvenir à être sélectionnés pour les Jeux paralympiques de Rio !», lâche Sara Rädtke. «D’ailleurs, la devise de notre club pour les valides comme pour les autres, c’est: "Prêts pour RIO!"» Elle ajoute : «J’ai été très satisfaite de leurs performances à tous à Charléty ! J’ai beaucoup d’espoirs en Hannah.»

​Hannah Tempel

Hannah Tempel, 16 ans, a été amputée de sa jambe droite après un cancer. Entraînée par Sara Rädtke, elle participe ici à l’épreuve de saut en longueur aux championnats de France d'athlétisme handisport, le 23 mai 2016 à Paris.
© Sara Rädtke


Hannah Tempel a enregistré 18,65 secondes aux 100 m, et 3,20 m au saut en longueur. Qui, sur la quinzaine de protégés de Sara Rädtke, franchira l’Atlantique pour les JO de Rio en septembre prochain? Réponse : le 31 juillet 2016, jour de la publication de la liste des athlètes sélectionnés pour la délégation allemande.