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Alliance franco-allemande au Sahel pour lutter contre le terrorisme

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 04/08/2017 à 13H28

Les ministres Défense allemande française à Bamako au Mali
Les ministres de la Défense allemande et française à Bamako au Mali le 1er aout 2017. © Britta Pedersen /DPA

Pour lutter contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, l’Allemagne ne tergiverse pas et se présente comme l’allié le plus solide de la France. Le 1er aout 2017, les ministres de la Défense des deux pays ont même fait ensemble la tournée des pays impliqués dans le G5 Sahel.


«Paris et Berlin main dans la main» note le site guinéen Le Djely.com. «Jadis très discrète sur le front de son engagement en Afrique, l’Allemagne émerge de plus en plus comme un acteur majeur de la géopolitique africaine» poursuit le site.
 
Une attitude très attendue par Paris qui ne peut supporter seul le poids de la lutte contre les djihadistes dans le Sahel. L'opération Barkhane et ses 4.000 hommes a un coût financier et humain, mais cela ne suffit pas. Le 2 juillet 2017, les chefs d'État du G5 Sahel et le président français Emmanuel Macron avaient acté la constitution d’une force conjointe des pays du G5. Les besoins de fonctionnement de cette force sont estimés à 423 millions d’euros. Or, l’administration américaine bloque toute solution onusienne, refusant de participer même financièrement à l’opération.
 
Convaincre les Européens
Le soutien affiché de l’Allemagne arrive donc à point nommé pour convaincre les autres pays de l’Union européenne de mettre la main à la poche. La ministre allemande Ursula von der Leyen l’a d’ailleurs réaffirmé sur place au Sahel. «Cette initiative franco-allemande va se renforcer et faire en sorte que d'autres pays européens nous rejoignent dans notre soutien au G5 Sahel». Selon Le Figaro, ce soutien permettra de convaincre des partenaires européens toujours très méfiants vis-à-vis de la politique française en Afrique.

Les pays du Sahel ont-ils les moyens ?
La participation des Etats membres du G5 devrait s’élever à 50 millions d’euros et autant pour l’Union européenne. Mais les pays du Sahel ont-ils les moyens? Le Tchad a déjà clairement fait savoir que non. Une situation parfaitement résumée par le site d’information burkinabé Wakat Séra. «G5 Sahel : force armée cherche…forces financières». «Problème, ce sont tous des pays pauvres, vivant sous perfusion financière de partenaires étrangers» constate Wakat Séra en parlant du G5 Sahel.

Avions et hélicoptères allemands
L’Allemagne devient par la force des choses un fidèle allié diplomatique mais aussi militaire. Sur le terrain, d’ici à 2018, 1.000 hommes vont être déployés dans le Sahel. Deux avions Transall sont en soutien à Niamey. Quatre hélicoptères de combat Tigre et quatre autres de transport NH90 sont également présents.
Le crash d’un hélicoptère allemand et la mort des deux soldats de l’équipage, le 26 juillet 2017 à Gao, ne remet pas en cause la détermination de Berlin. La lutte contre le terrorisme, mais aussi contre l’immigration clandestine vers l’Europe semblent avoir convaincu l’Allemagne de s’impliquer durablement au Sahel.