Eclairage

Arabie Saoudite,  Moyen-Orient

Aramco: le géant saoudien du pétrole, future première capitalisation mondiale?

Par Pierre Magnan@GeopolisFTV | Publié le 14/01/2016 à 09H34, mis à jour le 14/01/2016 à 09H34

Les débuts pétrole en Arabie Saoudite
Photo d'archive non datée représentant un Saoudien sur un chameau passant devant une raffinerie de pétrole en Arabie Saoudite. © AFP ARCHIVES / AFP

L'Arabie Saoudite, premier exportateur de brut au monde, envisage d'introduire en Bourse Aramco, sa compagnie pétrolière. Cette mise en bourse, si elle se confirmait, ferait normalement d’Aramco la première capitalisation mondiale, devant Apple, selon les analystes. Retour sur ce géant de l’or noir.


Aramco symbolise l’Arabie Saoudite et est le fondement de son économie. Le site internet de la compagnie décrit comment Aramco a fait l’Arabie Saoudite : «L'histoire d’Aramco raconte la découverte et le développement des plus grandes réserves d'énergie au monde et la transformation rapide de l'Arabie Saoudite de royaume du désert en Etat-nation moderne.» 

Le pacte Quincy

Sur le pont du cuirassé américain «Quincy», la rencontre entre le roi Saoud et le président américain Roosevelt (14 février 1945). © USNavy


Naissance d'une nation
L’Arabie Saoudite est devenue officiellement un Etat en 1932 sur les ruines de l’empire ottoman, après une guerre interne entre les Hachemites et les Saoud, qui voit la victoire de ces derniers. En 1945, une rencontre entre roi Ibn Saoud et le président Roosevelt, de retour de Yalta, scelle l’alliance entre les deux pays. Le Pacte de Quincy (nom du navire sur lequel a lieu la rencontre) engage les USA à défendre l’Arabie en échange de l’accès au pétrole. De facto, les Britanniques, malgré la légende de Lawrence et leur rôle militaire dans la défaite ottomane, perdent leur place de parrain de la région au profit des Etats-Unis.

L'histoire de l'Aramco se confond avec celle de l'Arabie Saoudite
«Ibn Saoud octroie à l'Aramco un monopole d'exploitation de tous les gisements pétroliers du royaume pour une durée d'au moins soixante ans en échange d'un loyer versé au roi», écrit le site Herodote.

Le pétrole dont les USA se garantissent l’accès, c’est bien sûr celui de l’Aramco, contraction de «Arabian American Oil Company». La compagnie est née en 1933. Il s’agit d’une concession signée entre l’Arabie Saoudite et la Standard Oil of California. La recherche (voir reportage) dure plusieurs années avant de déboucher sur une réussite.

Le premier puits test est creusé en 1935. Une quantité commerciale de pétrole est découverte en 1938 au puits N7 de Damman. La société est alors une filiale des principales sociétés pétrolières américaines qui effectuaient des prospections en Arabie. Elle prend le nom d’Aramco en 1944. 

En 1952, le siège social quitte New York pour Dahran en Arabie. La compagnie est progressivement nationalisée par les Saoudiens qui commencent à acheter une part du capital en 1973 (25%). Elle devient entièrement nationale en 1980 et en 1988, elle prend le nom officiel de «Saudi Arabian Oil Company».

Histoire de l'Aramco, film réalisé par Aramco.

La compagnie en quelques chiffres
Aramco dispose de réserves de plus de 261 milliards de barils de brut, dix fois plus que l'américain ExxonMobil, deuxième capitalisation boursière, derrière Apple.
  
Elle produit environ un baril sur huit dans le monde, avec une production en décembre 2015 de 10,25 millions de barils par jour (Mb/j). En 1954, la production était de un million par jour
 
Elle emploie 51.653 Saoudiens et 10.254 expatriés de 77 pays, y compris dans ses filiales en Chine, en Egypte, au Japon, en Inde, aux Pays-Bas, en Corée du Sud, à Singapour, aux Emirats arabes unis, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Khaled al-Faleh préside son conseil d'administration. Il est également ministre de la Santé en Arabie Saoudite.

Aramco a doté six de ses raffineries d'unités de fabrication de produits chimiques dans un effort de diversifier l'économie saoudienne trop dépendante du pétrole.
  
L'Asie est son principal marché. Elle absorbe 62,3% de ses exportations de brut, 46,4% de ses produits raffinés et 25,5% de ses exportations de gaz naturel ou liquéfié.
  
Des analystes cités par Les Echos donnent une idée de la valeur potentielle d'Aramco en cas de mise sur le marché: «Une règle de trois effectuée à partir de la capitalisation boursière d’ExxonMobil (320 milliards) donne un premier ordre de grandeur : 3.400 milliards. Soit plus de six fois celle d’Apple, aujourd’hui numéro un mondial (550 milliards).»