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Attaque à Ouagadougou: qui sont les assaillants d'Al Mourabitoune ?

Par Mohamed Berkani@GeopolisFTV | Publié le 16/01/2016 à 13H45, mis à jour le 17/01/2016 à 11H57

Attaque terroriste à Ougadougou
Des policiers en face de l'hôtel pris d'assaut par les djihadistes. © OLYMPIA DEMESOND / ANADOLU AGENCY

L’attaque djihadiste à Ouagadougou, qui a fait au moins 23 morts de 18 nationalités différentes, est revendiquée par le groupe Al Mourabitoune (les Almoravides) de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, dit Le Borgne ou encore Mister Marlboro. Condamné à mort par Daech, le chef djihadiste a fait allégeance à Al Qaïda. Il est aussi le responsable de l’attaque de l’hôtel «Radisson Blu» à Bamako.


Le groupe djihadiste Al Mourabitoune, affilié à l’Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique), a revendiqué très tôt l’attaque de deux hôtels et d’un restaurant à Ouagadoudou, le 15 janvier 2016 au soir. Selon le site mauritanien Alakhbar, le porte-parole des auteurs de l’attaque s’est exprimé en hassanya, une langue parlée en Mauritanie et au nord-Mali, dans l’échange téléphonique avec un membre d’Aqmi. Le porte-parole, qui affirme avoir tué 11 personnes, promet «de combattre la France jusqu’au dernier souffle».
 
Derrière le groupe Al Mourabitoune, un homme : l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. Le chef djihadiste a eu plusieurs vies et autant de pseudonymes : le Borgne (à cause d’un œil perdu), Khaled Abou Abbas, Mister Marlboro (il avait commencé sa carrière dans la contrebande de cigarettes au sud de l’Algérie)… Donné mort à de nombreuses reprises, il est pourchassé par les services secrets algériens, français, américains et… par l’Etat islamique qui l’a condamné à mort à l’été 2015.

 
Ougadougou-Bamako, même modus operandi. Avant l’attaque de Ouagadougou, le groupe Al Mourabitoune avait déjà revendiqué l'attaque qui avait fait 21 morts et blessé sept personnes au Radisson Blu de Bamako au Mali, le 20 novembre 2015. Le mode opératoire est le même. Ainsi que la cible : la France.
 
Mokhtar Belmokhtar a un lourd contentieux avec la France. Fuyant les services secrets algériens, il s’est installé au Mali où il a réussi à nouer des alliances solides, en épousant notamment une fille d’un notable targui. Du Groupe islamique armé (GIA) à Al Mourabitoune, en passant par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), l’homme a jusqu’à présent échappé à plusieurs opérations militaires.

Mokhtar Belmokhtar
Image non datée de Mokhtar Belmokhtar © HO / ANI / AFP

En août 2015, Daech le condamne à mort et signale sa présence à Derna en Libye. L’organisation djihadiste a posté sur les réseaux sociaux un avis de recherche (ou appel à abattre) et donne des éléments biographiques: «Né en 1972, donné pour mort à maintes reprises, ancien chef d’Al Qaida Maghreb, arrivé en Libye après l’invasion des Croisés au Mali, il se cache à Derna où il a fondé Al Mouyrabitoune. Il se bat aujourd’hui contre le Califat». Et d’appeler ses sympathisants à le tuer.

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