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Attentats de Paris: des associations européennes se mobilisent pour les victimes

Par Clara Crochet-Damais@GeopolisFTV | Publié le 13/02/2017 à 14H12, mis à jour le 13/02/2017 à 14H21

Life for Paris
L'association Life for Paris a été créée par des victimes des attentats du 13 novembre 2015. © Life for Paris

Britanniques, Néerlandais, Allemands, Turcs, Irlandais... Des étrangers de plus 20 nationalités figurent parmi les victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015. En France et en Europe, le tissu associatif s’est mobilisé pour leur venir en aide.


Dans la nuit suivant les attentats de Paris, l'une des rescapées, Maureen Roussel, lance un appel sur Facebook. «Je propose de créer Life for Paris, une association de dialogue et de soutien ou toute personne rescapée des attentats de Paris trouvera une place», écrit-elle. Son «post» est partagé par plus de 25.000 personnes en quelques minutes, dont de très nombreux étrangers: Britanniques, Néerlandais, Allemands, Turcs, Irlandais…

«Qu’il s’agisse de nos familles ou de survivants, ils voulaient d’abord retrouver des proches et savoir s’ils étaient encore en vie», se rappelle Caroline Langlade, également rescapée de l’attentat et actuelle présidente de Life for Paris.
 
Life for Paris : une approche internationale
Après avoir vécu le chaos, les victimes étrangères ont été immédiatement confrontées à de multiples questions. Combien d’entre elles connaissaient la spécificité du droit français selon lequel «toute personne victime d'un attentat sur le sol français a les mêmes droits qu'une autre victime qu'elle soit française ou étrangère»?

Volet juridique, psychologique, démarche de santé... Caroline Langlade fait alors en sorte que l’ensemble de la documentation proposée par Life for Paris soit traduite en plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol, italien, néerlandais...) grâce à la bonne volonté des victimes devenues membres actifs de l’association.
 
Par exemple, Ferry Zandvliet, de nationalité néerlandaise, a traduit dans sa langue natale toute la documentation de Life for Paris. «C’était ma première étape pour transformer mon horrible histoire en quelque chose de positif», confie-t-il.

Il se souvient: «Vers 21h45, quand les premiers tirs ont eu lieu, je me suis aplati par terre. Après, j’ai fait semblant d’être mort, j’ai rampé sur des corps jusqu’à une sortie de secours. Le lendemain, j’ai eu beaucoup de chance de retrouver sains et saufs les deux copains qui étaient avec moi au concert, et de repartir avec eux, en voiture dans notre pays.»
 
La mobilisation d’un réseau d’associations européen
La Fédération nationale d’aide aux victimes et de médiation (INAVEM) s’est également mobilisée pour porter secours aux victimes étrangères du Bataclan. «Nous avons concentré nos efforts sur l’accompagnement au retour des victimes dans leur pays, principalement en les mettant en contact avec des associations spécialisées susceptibles de les épauler près de chez eux», explique Oliva Mons, porte-parole de l’INAVEM.

«Nous avons comptabilisé plus de 30 personnes européennes proches de victimes décédées et des victimes impliquées que nous avons orientées vers des associations locales membres du réseau européen Victim Support», poursuit le porte-parole. Parmi ces personnes, une blessée britannique trentenaire, qui souhaite rester anonyme, a été mise en lien avec Victim Suppor UK au Royaume-Uni.
 
Ce tissu associatif s’est révélé une aide précieuse pour les rescapés des attentats de Paris. «Grâce à Life for Paris, j’ai pu parler avec d’autres victimes et voir qu’il n’y avait pas que dans mon pays, les Pays-Bas, que les autorités n’étaient pas du tout préparées à ce genre de situation ‘anormale!», s’exclame Ferry Zandvliet qui précise avoir dû trouver seul un soutien psychologique de retour dans son pays. «J’ai mis un point d’orgue à travailler avec le ministre de la Sécurité et de la Justice de l’époque, Ard van der Steur, pour que les futures victimes d'attentats terroristes reçoivent une meilleur prise en charge de mon pays.»
 
Et la présidente de Life for Paris de conclure: «C’est très dommage qu’au niveau européen, les politiques nationales d’aide aux victimes d’attentats ne soient pas coordonnées.»