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Attentats: la presse algérienne se gausse des revendications de Daech

Par Géopolis@GeopolisAfrique | Publié le 04/10/2017 à 17H23

Hic caricaturiste quotidien «El Watan»
Hic, le caricaturiste du quotidien «El Watan» © DR/Capture d'écran

Les journaux algériens sont très sceptiques sur la crédibilité du groupe djihadiste Daech dans ses revendications des derniers attentats. En faisant du plus grand tueur de masse américain Stephen Paddoc un «soldat du Califat», l’Etat islamique déclenche une vague d’ironie.


«Et l’assassinat de Kennedy, et de John Lennon, et de Lincoln, et l’attaque de Pearl Harbour, etc, etc.», Hic, le caricaturiste du quotidien El Watan a choisi un humour corrosif pour se moquer des revendications «opportunistes» du groupe djihadiste Etat islamique, en perte de territoires en Irak et en Syrie.

 
«Stephen Las Vegassi». L'affirmation de Daech selon laquelle le tireur de Las Vegas Stephen Paddock, comptable à la retraite de 64 ans habitué des casinos, était «Abou Abdelberr l'Américain», «soldat du califat» récemment converti à l'islam, a été accueillie avec plus que du scepticisme par la presse algérienne.
 
Pour les services de renseignements américains et le FBI, «aucun lien à ce stade» n’a été établi entre le tueur du Mandalay Bay «et un groupe terroriste international».
 
Pour Dilem, dessinateur à Liberté, Daech cherche le «jackpot» mortifère en revendiquant une tuerie dont il est étranger.

Dilem attentat Las Vegas
Capture d'écran du quotidien Liberté © DR

Le jeune Ghilas Aïnouche, du pure-player Tout sur l’Algérie (TSA), va plus loin dans l’ironie en suggérant que la répression des électeurs catalans était aussi l’œuvre des soldats d’Abou Bakr al-Baghdadi.

 
«Aujourd'hui, celui qui publie les communiqués de l'agence Amaq (organe de propagande de l'EI) est derrière sa télévision, regarde CNN ou Al Jazeera et revendique. Il a tendance à revendiquer à peu près tout ce qu'il voit», affirme le spécialiste des mouvements islamistes Mathieu Guidère, interrogé par l’AFP.
 
Le groupe Etat islamique a longtemps eu la réputation de ne revendiquer que des attentats qu'il avait organisés ou inspirés. Mais au cours des derniers mois, en déroute sur le terrain, sa fiabilité est mise en doute, assurent officiels et experts.