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Au Canada, l’immigration africaine a la cote

Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 27/10/2017 à 15H34, mis à jour le 27/10/2017 à 15H34

Groupe demandeurs d'asile arrivant à Lacolle Québec 11 août 2017
Groupe de demandeurs d'asile arrivant à Lacolle (Québec) le 11 août 2017. © REUTERS/Christinne Muschi

Pour la première fois dans l’Histoire, l’Afrique a dépassé l’Europe et représente désormais la deuxième source de l’immigration au Canada, après l’Asie et le Moyen-Orient. C’est qui ressort des données issues du recensement 2016 de l’agence Statistique Canada et publiées le 25 octobre 2017.


La proportion de Canadiens nés à l’étranger continue d’augmenter et atteint désormais 21,9% de la population du pays, laquelle regroupait très exactement 35.151.728 habitants recensés en 2016. Une proportion qui se rapproche de celle de 22,3% enregistrée lors du recensement de 1921, «le niveau le plus élevé» depuis la création du pays en 1867. Motif de cette augmentation: le nombre important de migrants admis chaque année, le faible taux de natalité et le vieillissement de la population.

Les immigrants africains sont en premier lieu originaires du Nigeria. Mais après ce pays anglophone, ce sont deux pays francophones, l’Algérie et le Maroc, qui figurent en seconde et troisième place.

Les statistiques l'immigration au Canada
Les statistiques de l'immigration au Canada issues du recensement de 2016 ((capture d'écran du site de Statistique Canada) © DR (capture d'écran du site de Statistique Canada)

«On a vu une bonne augmentation de l’immigration de provenance africaine, mais les chiffres détaillés montrent que ce bond provient surtout de l’Afrique francophone (...). C’est principalement dû à certains programmes de sélection qu’on a au Québec qui favorisent l’immigration francophone», explique Hélène Maheux, analyste chez Statistique Canada, citée par le site du Journal de Montréal.

Ralentir le recul du français
Outre le Québec, d’autres provinces canadiennes cherchent à attirer une immigration africaine francophone qui les aide à ralentir le recul du français. C’est notamment le cas du Manitoba (centre), où les locuteurs «de souche» qui parlent la langue de Molière, sont minoritaires et de moins en moins nombreux. Une destination intéressante pour les Africains car les délais d’attente pour obtenir un visa québécois sont parfois assez longs: quatre ans dans certains cas.

Au Manitoba, l’immigration est favorisée par le programme fédéral Entrée Express, lancé en janvier 2015. «L'objectif du programme est de traiter ces demandes d'immigration dans un délai de six mois, et s'adresse à ceux qui souhaitent immigrer ailleurs qu'au Québec, car cette province fait sa propre sélection pour les travailleurs qualifiés», observe Radio Canada. Premiers pays africains concernés: la République Démocratique du Congo et le Cameroun. Visiblement, les nouveaux arrivants venus d’Afrique ont souvent une mentalité d’entrepreneurs. Ainsi, selon le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba, nombreux sont les membres de la communauté noire de la province qui souhaitent se lancer dans les affaires. Ces derniers viennent notamment de Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal et du Congo.