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Autriche : une clôture pour filtrer les migrants venant de Slovénie

Par Dominique Cettour Rose@GeopolisAfrique | Publié le 30/10/2015 à 16H46, mis à jour le 02/11/2015 à 10H38

Des milliers migrants à frontière slovéno-autrichienne 29 octobre 2015
L'Autriche et la Slovénie sont devenus des points de transit clés pour les dizaines de milliers de réfugiés et de migrants qui cherchent à rejoindre l'Europe du Nord avant l'hiver. © RENE GOMOLJ / AFP

Le gouvernement autrichien a confirmé son intention d’édifier une barrière le long de sa frontière avec la Slovénie, une première dans l’espace Schengen. Cette solution, destinée à contrôler le flux des migrants, est désapprouvée par l’Allemagne, pourtant le principal allié de l’Autriche dans cette crise migratoire.


Le traité de Schengen est-il en train de disparaître? L’exécutif viennois a annoncé, le 28 novembre 2015, des mesures de sécurisation de sa frontière avec la Slovénie, pays qui fait également partie de l’UE. La ministre de l'Intérieur autrichienne conservatrice Johanna Mikl-Leitner a le projet d'édifier une «barrière fixe sur plusieurs kilomètres» pour «réguler le flot des migrants», se défendant toutefois de vouloir construire un mur anti-migrants.

Il s’agit «non pas de fermer la frontière», entre deux des principaux pays de transit des migrants et réfugiés vers le nord de l’Europe, mais d’assurer «une entrée ordonnée, contrôlée dans notre pays». Selon un porte-parole de la police autrichienne, le pays reçoit 11.000 personnes chaque jour à Spielfeld, commune autrichienne frontalière avec la Slovénie. C'est là qu'entrent en Autriche les migrants qui ont transité par la Croatie puis la Slovénie, faute d'avoir réussi à passer par la Hongrie.


Malgré les bonnes relations de voisinage qu'entretiennent d'ordinaire Vienne et Berlin, la ministre autrichienne a rappelé «le fait que les gens vont en Allemagne parce qu’ils s’y sentent invités». Une allusion à la politique d'accueil défendue par la chancelière allemande Angela Merkel, critiquée sur ce point jusque dans son parti, la CDU.

Le Premier ministre slovène Miro Cerar a, pour sa part, rappelé que son pays avait «déjà préparé un scénario similaire depuis un bon moment» et que le gouvernement était prêt à édifier une barrière à sa frontière avec la Croatie dès qu'il le jugerait nécessaire. Avec l’installation de clôtures anti-migrants par la Hongrie, la Slovénie devient, avec la Serbie et la Croatie, l’un des principaux pays de transit vers le nord de l’Europe.

Réunis en mini-sommet à Buxelles, le 25 octobre 2015, les chefs d'Etat et de gouvernement d'Autriche, de Bulgarie, de Croatie, d'Allemagne, de Grèce, de Hongrie, de Roumanie, de Macédoine, de Serbie et de Slovénie ont adopté un plan d'urgence pour tenter de régler cette crise migratoire. L'UE a annoncé la création de 100.000 places d'hébergement dont la moitié en Grèce et et l'autre dans les Balkans ainsi qu'une meilleure coordination entre les pays situés sur la route des Balkans occidentaux. 

Selon l'ONU, quelque 502.000 personnes ont emprunté cette route depuis le début 2015, ce qui représente la grande majorité des entrées de migrants dans l'UE, soit 643.000 au total.