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Bac 2018 au Maghreb: censure, exclusion et... prison pour les tricheurs

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 18/06/2018 à 17H31, mis à jour le 18/06/2018 à 17H31

Candidats au baccalauréat en Tunisie
Des étudiants tunisiens lors des épreuves du baccalauréat. © FETHI BELAID / AFP

Le mois de juin est aussi celui du baccalauréat dans les pays du Maghreb. Pour lutter contre la fraude qui mine parfois les épreuves, les responsables ont pris des dispositions strictes. Nous vous proposons un tour d’horizon des sanctions dans trois pays: Algérie, Maroc et Tunisie.

 
Algérie et le coupe-net 
709.448 candidats passent le bac dès le 20 juin 2018. Et cette année, l’internet sera coupé pendant une heure avant chaque épreuve «pour instaurer un climat favorable» et éviter la fraude massive de 2016, lorsque la majorité des sujets avaient été publiés sur Facebook la veille des examens.

Tous les appareils électroniques (téléphone, montre connectée, écouteurs) sont bannis des centres d’examens pour les élèves mais aussi pour les surveillants et le personnel administratif.

Il y a un petit plus toutefois pour les retardataires: ils ont le droit à un seul retard de 30 minutes lors de ces épreuves qui s'étalent sur 5 jours. 
 
La Tunisie et l’exclusion 
Bac ou pas bac? C’est la question que se posent les 132.250 candidats tunisiens qui ont déjà passé les épreuves.

Ils recevront bientôt les résultats par message sur leur téléphone portable. Malgré toutes les mesures mises en place pour dissuader les amateurs d’antisèches ou les innovateurs de la triche, plus de 500 cas de fraude ont été enregistrés cette année.

Les petits malins seront privés de passer le bac pendant 5 ans et seront renvoyés de tous les établissements publics et privés du pays. 
 
Le Maroc et la prison 
Les étudiants marocains attendent eux aussi les résultats du bac. Quelque 440.000 candidats étaient inscrits en 2018 au baccalauréat.

Une fois encore, tout a été fait pour éviter la fraude high tech. Portables et autres objets intelligents interdits, système de brouillage dans les centres d’examen, détection d’appareils électroniques et... une méthode toute simple: un message aux parents pour une ultime vérification à la maison. 

Pour les plus récalcitrants, la loi est très stricte. Elle prévoit depuis peu une... peine de prison ferme de six mois à cinq ans. En 2016, 16.000 cas de fraude avaient été signalés, comme le souligne Jeune Afrique.