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Culture,  Mali,  Afrique

Bamako à l'unisson devant un show de télé-réalité sur les danses maliennes

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 13/10/2018 à 15H58

La finale «Faso Don» 6 octobre 2018 à Bamako.
La finale de «Faso Don», («Les danses du pays»), émission de télé-réalité, le 6 octobre 2018, dans la capitale malienne, Bamako. © Sebastien Rieussec / AFP

Le palais de la culture de Bamako a fait salle comble le 6 octobre 2018, au soir de la finale de «Faso Don», un concours télévisé de danses maliennes. Ce programme a tenu le public pendant six semaines et a permis au chorégraphe Sekou Keïta de réaliser son rêve: réunir sur scène huit candidats, chacun d'entre eux devant s'initier à une danse traditionnelle venant d'une autre région que la sienne.


Pari réussi pour le chorégraphe et danseur malien Sekou Keïta. «Nos danses sont variées, il y a plusieurs ethnies, on a cette chance, cette richesse culturelle», se félicite le directeur artistique de l'émission Faso Don (Les danses du pays). Le programme de télé-réalité qu'il a imaginé a été diffusé sur la chaîne panafricaine Africable, après une série de castings réalisés dans chacune des régions du pays afin de sélectionner les huit candidats qui ont partagé leur quotidien dans une villa à la périphérie de Bamako.

Lors de finale du concours, devant 3.000 personnes réunies au palais de la Culture de Bamako, Amadou Kassogué, candidat dogon originaire de Mopti, dans le centre du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso, s'est illustré par une prestation de danse contemporaine costumée et masquée. Depuis son passage sur scène, le jeune homme qui a reçu le soutien de sa famille envisage de faire carrière dans la danse.

Conflits intercommunautaires
«Ils sont contents et ils voient désormais que la danse a de la valeur. Et ils sont fiers de moi: chaque fois, ils m'appellent pour me féliciter», se réjouit-il, ajoutant: «Ils savent maintenant que la danse, c'est pas quelque chose de mauvais.» Les peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, majoritairement agriculteurs, s'affrontent dans la région de Mopti.
 
Le Mali est plongé dans une crise depuis 2012. L'accord de paix signé en juin 2015, visant à instaurer une paix durable dans le nord du pays et à isoler définitivement les djihadistes, n'a pas mis fin aux violences qui ont persisté et se sont même propagées du nord vers le centre et le sud du pays, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.


Des artistes renomés comme Bassékou Kouyaté, Habib Koité, Oumou Sangaré ou encore Babani Koné accompagnaient chaque participant lors de sa prestation. C'est finalement une danseuse peule, Rokia Diallo, de Sikasso (sud), qui a triomphé avec le takemba, une danse songhaï, en tenue typique du nord du pays.

Sekou Keïta regrette néanmoins que la danse ivoirienne, comme le coupé-décalé, ou le sagar, danse sénégalaise, n'aient plus de secret pour les danseurs maliens, qui méconnaissent souvent les danses de leur propre pays.