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Benjamin Netanyahu ouvre la phase d’«expulsion accélérée» des migrants africains

Par Alain Chémali avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 20/11/2017 à 15H47

Migrants africains à l'extérieur camp Holot
Des migrants clandestins africains à l'extérieur du centre de rétention de Holot au sud d'Israël, dans le désert du Néguev, près de la frontière égyptienne, le 3 septembre 2017. © MENAHEM KAHANA/AFP

Israël accélère le processus d’expulsion des migrants clandestins africains. Le gouvernement a voté, le 19 novembre 2017, la fermeture du centre de rétention de Holot dans le Néguev, et le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a annoncé «un accord international» lui permettant d’expulser quelque 40.000 Africains entrés clandestinement dans le pays, sans plus de précision.


C’est à l’unanimité que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a approuvé la prochaine fermeture du centre de rétention pour migrants de Holot au sud d'Israël, dans le désert du Néguev, ouvrant la voie à l’expulsion de milliers de migrants africains.

Israël estime avoir atteint la phase d'expulsion accélérée 
Auparavant, le Premier ministre s’était chargé d’expliquer qu’après avoir construit une barrière à la frontière avec l’Egypte et expulsé quelque 20.000 migrants africains via des accords avec des pays tiers, Israël avait atteint une troisième étape: celle de l’«expulsion accélérée».
 
Selon les chiffres officiels de fin juin, plus de 38.000 migrants africains, dont près de 28.000 Erythréens et 8000 Soudanais, sont entrés illégalement en Israël.
 
Une population dont la présence à Tel-Aviv et dans d’autres endroits du pays a soulevé le mécontentement d’une partie des Israéliens et entraîné parfois des violences.
 
Convaincu de défendre «la majorité juive» du pays qu’il estime menacée, le Premier ministre s’était déplacé en août 2017 dans un quartier populaire du sud de la capitale et avait promis aux habitants de «leur restituer» leur quartier.
 
Cette nouvelle phase d’expulsion «a lieu grâce à un accord international que j’ai conclu», a indiqué M.Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, sans toutefois en préciser les termes. «Cela nous permettra de fermer Holot», a-t-il ajouté.

Le centre de rétention de Holot est devenu «un hôtel» pour migrants 
Selon la décision du cabinet, ce centre de rétention, qui peut accueillir jusqu’à 1200 migrants, sera donc fermé sous trois mois à compter de la mi-décembre. Un porte-parole du ministère de la Sécurité publique a cependant indiqué qu’une prolongation du délai était possible.

Migrants africains en Israël
Des migrants africains du centre de rétention de Holot dans le sud d'Israël, fumant le narguilé dans un café à ciel ouvert, improvisé aux abords du camp, le 3 septembre 2017. © MENAHEM KAHANA/AFP
 
Avant le vote également, le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a déclaré que Holot était devenu «un hôtel» pour migrants en situation irrégulière «à la solde des contribuables, ce qui n’encourage pas leur sortie» et coûte 240 millions de shekels (58 millions d’euros) par an.
 
Il a relevé que la fermeture du camp de rétention était pré-conditionnée par la possibilité d’expulser les migrants clandestins, auxquels Israël n’accorde pas le statut de réfugiés, «vers un pays tiers». Mais là encore sans préciser lesquels.
 
Israël, qui reconnaît tacitement que les Soudanais et les Erythréens risquent leur vie s’ils sont renvoyés dans leur pays, a déjà signé des accords avec le Rwanda et l’Ouganda. Deux pays qui acceptent d’accueillir les migrants si leur départ d’Israël se fait avec leur consentement.