Birmanie, pays de bonzes pas toujours tolérants...

Par France Télévisions | Publié le 31/03/2015 à 14H42, mis à jour le 04/04/2015 à 09H46

Le bouddhisme imprègne la vie du Myanmar (Birmanie), pays des bonzes et des pagodes aux dômes en or. Cette doctrine religieuse est pratiquée par 80 à 90% des quelque 53 millions de Birmans. Connue pour prôner la tolérance et la paix, elle possède aussi ses fanatiques qui appellent à la violence contre la minorité musulmane.

  • Le bouddhisme élément essentiel l’identité birmane
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    Le bouddhisme élément essentiel de l’identité birmane

    Le «bouddhisme est le creuset de la ‘‘birmanité’’», explique «Libération». En clair, c’est un élément essentiel de l’identité de la Birmanie, devenue Myanmar en 1988. Même si ce n’est pas, officiellement, une religion d’Etat. Pour autant, il suffit de voyager dans le pays pour constater la dévotion du peuple birman.   A Yangon (ex-Rangoun), capitale économique du pays, un policier arrête l’intense circulation pour laisser passer un bonze. Et dans les pagodes, comme ici dans celle de Shwegadon, la plus grande et la plus belle du pays, au toit couvert de 700 kg d’or, la ferveur populaire est partout visible. Les bonzes jouissent d’un grand prestige, notamment en raison de leur rôle dans la lutte contre le colon britannique. © France Télévisions

  • Le prestige devenir moine
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    Le prestige de devenir moine

    On voit partout les bonzes (ou moines), à la robe safran, carmin ou orange, comme ici dans les rues de Yangoun. Ils formeraient une communauté de 500.000 à 600.000 personnes. «Être moine, c’est très prestigieux et très prisé, c’est un grand honneur pour une famille, c’est un grand mérite pour elle. Beaucoup de jeunes souhaitent donc aller au monastère. Dans les familles pauvres, cela permet d’assurer un avenir à un ou plusieurs enfants», explique un bon connaisseur de la vie birmane cité par «La Croix».  © France Télévisions

  • Très jeunes novices
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    Très jeunes novices

    L’entrée dans les ordres bouddhistes débute par un noviciat : entre 5 et 15 ans, l’on est samanera (novice), avant d’être ordonné de manière définitive. Pour autant, un bonze peut toujours revenir à la vie civile. Dans un monastère, les enfants bonzes (à la robe parfois blanche), pris en charge par des moines plus âgés, reçoivent une éducation et un enseignement, notamment sur les textes sacrés. Comme ici au monastère Mahagandhayon, à côté de Mandalay, seconde ville de Birmanie et capitale religieuse du pays. Ce monastère est une école pour les enfants défavorisés.  © France Télévisions

  • Moines dans village lacustre lac Inlé est
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    Moines dans un village lacustre du lac Inlé (est)

    Grosso modo, on distingue les bonzes contemplatifs, qui se consacrent à la méditation et aux textes sacrés, et les actifs. «Ceux-ci ne font pas fonction de prêtres, puisque le bouddhisme n’a pas besoin d’intermédiaire, mais peuvent servir de conseils ou de modèles spirituels aux laïcs.» © France Télévisions

  • Procession pour repas
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    Procession pour le repas

    Les moines se lèvent très tôt le matin (entre 3 et 5h, selon les sources). Puis ils prennent un petit déjeuner frugal. Ici, dans le monastère Mahagandhayon à Mandalay, moines et novices, munis d’un bol et d’une serviette, forment une procession à 10h30 précises pour prendre l’unique grand repas de la journée. Les fidèles (et touristes), très nombreux à assister à cette émouvante procession, les couvrent de cadeaux en nature ou en argent. Ils n’auront aucun autre repas jusqu’à la collation du lendemain matin. © France Télévisions

  • Moines mendiants
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    Moines mendiants

    En principe, les moines ne possèdent rien. En principe, ils renoncent à toute propriété individuelle (à l’exception de leur bol, de leur robe et de quelques objets usuels). Ils consacrent une partie importante de leur temps à quêter pour leur monastère ou à faire l’aumône dans la rue pour leur nourriture. © France Télévisions

  • Sur pont U Bein
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    Sur le pont U Bein

    Mais malgré les heures passées à étudier ou à mendier, il arrive quand même aux moines de prendre du bon temps ! Comme ici, ce bonze âgé sur le pont U Bein à Mandalay, passerelle en teck reliant les deux rives d’un lac. © France Télévisions

  • Dans pagode Kyauktawgyi
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    Dans la pagode Kyauktawgyi

    En pleine chaleur, comme ici dans la pagode Kyauktawgyi, bel édifice en bois construit en 1847 à côté de Mandalay, même plus jeune, un moine se laisse parfois aller à se reposer… © France Télévisions

  • Dons aux moines
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    Dons aux moines

    Les moines dépendent essentiellement des dons pour leur subsistance. Des dons qui peuvent être importants, comme le montre cette photo prise dans la pagode Mahamuni, la plus prestigieuse de Mandalay. Les Birmans laïcs consacreraient 10% de leurs revenus à l’entretien des bonzes et des édifices religieux. En 2007, lors de la «révolution de safran», les bonzes se sont révoltés contre la dictature. Une révolte liée aussi, disent certains observateurs, à la préservation de leurs intérêts économiques menacés par la baisse des dons d’une population à la vie de plus en plus difficile…  © France Télévisions

  • Bouddha couvert d'or
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    Bouddha couvert d'or

    Les temples et leurs statues sont parfois couverts d’or. Au sens propre du terme. A Mandalay, la pagode Mahamuni, sanctuaire le plus sacré de la seconde ville du pays, abrite un bouddha assis qui pèse plus de 6 tonnes. Depuis des décennies, les fidèles y appliquent des feuilles d’or. Aujourd’hui, la couche de métal précieux mesurerait… 15 cm d’épaisseur.  En l’occurrence, les poseurs de feuilles d’or sont exclusivement masculins. L’activité est interdite aux femmes qui doivent rester en retrait. Et se contenter de regarder ce que font les hommes… sur un écran de télévision. Car la religion bouddhique considère les femmes comme «impures». Celles-ci n’ont pas le droit d’approcher, et encore moins de toucher, les statues sacrées. L’image de tolérance du bouddhisme en prend un coup… © France Télévisions

  • Moinesses bonzesses
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    Moinesses et bonzesses

    De fait traitées comme des êtres inférieurs aux hommes, les femmes peuvent cependant devenir moines. En matière spirituelle, cependant, elles seraient les égales des hommes. Comme leurs homologues masculins, elles pratiquent la méditation et l’étude des textes sacrés. Comme eux, elles se rasent le crâne. Habillées d’une robe rose, elles doivent, elles aussi, mendier leur subsistance. Comme ici dans les rues de Yangon.   © France Télévisions

  • Moinesses bonzesses suite
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    Moinesses et bonzesses (suite)

    Les novices féminines sont aussi jeunes que les novices masculins. On voit ici un groupe de fillettes au pied de la pagode Shwedagon, la plus sacrée de Birmanie, à Yangon. ©

  • La communauté musulmane attaquée
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    La communauté musulmane attaquée

    En Occident, le bouddhisme est souvent associé à une image de douceur et de tolérance. Mais le bouddhisme birman se montre parfois très loin de cette image très «flower power»… Notamment vis-à-vis de la communauté musulmane (4% de la population).   En 2012, des bouddhistes s’en sont pris à la minorité rohingya dans l’ouest du Myanmar. Des centaines de Rohingyas, de confession musulmane, auraient été tués et près de 150.000 personnes déplacées. En 2013, les violences se sont étendues au centre du Myanmar à partir de la ville de Meikhila (comme ici), dans une région où la cohabitation entre les deux communautés ne posait, jusque-là, pas de problème. Des dizaines de mosquées auraient été détruites, une quarantaine de personnes tuées, certaines brûlées vives. © Reuters - Soe Zeya Tun

  • U Wirathu moine extrémiste
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    U Wirathu, moine extrémiste

    A la pointe du mouvement anti-musulman, une organisation, le Mouvement 969, chiffres symboliques du bouddhisme. Le mouvement est dirigé par un moine, U Wirathu, qui tient des discours «ouvertement racistes», «de plus en plus acceptés par la communauté ordinaire des bonzes birmans», selon le journal suisse «Le Temps». Selon certaines sources, des durs du régime militaire chercheraient à utiliser le 969 et à susciter des troubles pour affaiblir le processus de transition démocratique. De son côté, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et icône de l’opposition au régime, dont on voit le portrait partout, est restée silencieuse sur les émeutes anti-musulmanes.  © Reuters - Soe Zeya Tun

  • De religion à politique...
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    De la religion à la politique...

    Pour l’instant, l’opinion birmane «n’a pas basculé dans le camp des ultras» («Le Monde»). De plus, le régime semble tenter d’agir contre les émeutes : quelques condamnations à la prison pour meurtres ont ainsi été prononcées contre des bouddhistes après les violences religieuses de 2013. De plus, selon l’ONG Human Rights Watch citée par «Le Temps», certains éléments de l’armée auraient tenté de protéger des musulmans. La preuve d’une lutte de pouvoir au sein de l’institution militaire? © France Télévisions