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«Bois d’ébène»: au temps de la traite négrière dans les Antilles françaises

Par Falila Gbadamassi@GeopolisFTV | Publié le 10/05/2016 à 09H54, mis à jour le 10/05/2017 à 15H45

Photo film «Bois ébène»
© Photo du film «Bois d'ébène»

Les colonies françaises seront jusqu'en 1848 l'un des derniers bastions de la traite négrière entre l'Afrique et les Amériques. «Bois d'ébène», le documentaire-fiction du cinéaste sénégalais Moussa Touré, diffusé sur France 2 le 10 mai 2016, jour où la France commémore l'abolition de l'esclavage, incarne le drame vécu par «douze millions d'Africains sur quatre siècles».


«En 1825, la traite des Noirs, interdite par la France depuis sept ans, est désormais clandestine. En Afrique, deux jeunes gens, Yanka et Toriki, se font capturer dans leur village du golfe de Guinée. Comme 12 millions d’Africains en près de quatre siècles, ils vont être vendus comme esclaves de l’autre côté de l’Atlantique». Le décor du documentaire-fiction Bois d'ébène est planté. 

L'oeuvre signée par le cinéaste sénégalais Moussa Touré, diffusée le mardi 10 mai sur  France 2 dans le cadre de la journée nationale des mémoires et de réflexion sur la traite, l'esclavage et de leur abolition revient sur la persistance de la traite négrière dans les colonies françaises. 

Les vies de Yonka et Toriki basculent quand leur village est attaqué et qu'ils sont faits prisonniers avant d’être vendus comme esclaves à un négrier français, originaire de Nantes. Le documentaire-fiction Bois d'ébène raconte leur inhumaine traversée pour rejoindre les Antilles, leur vente, la vie dans les «habitations» et leur combat pour reconquérir leur liberté. Souvent au péril de leur vie. 

«Récits d'esclaves, carnets de bord de capitaines et lettres d'armateurs» ont permis de reconstituer l’histoire de leur asservissement alors que leurs bourreaux leur promettait une vie meilleure.

Extrait du documentaire-fiction «Bois d'ébène». Vidéo ajoutée le 4 mai 2016


«En 1794, la Convention montagnarde abolissait l’esclavage aux colonies françaises, écrit l’historien Francis Arzalier. «Mais le décret ne sera pas appliqué à la Martinique, livrée aux Anglais par les colons, ni à la Réunion, aux mains de propriétaires blancs».

Il faudra attendre le 27 avril 1848 pour que Victor Schoelcher, sous-secrétaire d'État à la Marine dans le gouvernement provisoire, réussisse à faire voter le décret d’abolition de l’esclavage.  Il «sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d’elles».

«Le décret a été appliqué aux Antilles grâce au soulèvement de la population noire: à Fort-deFrance et Saint-Pierre en Martinique le 22 mai, et en Guadeloupe le 27, soit deux mois avant la date prévue par le décret parisien», souligne l'historien Francis Arzalier. En 1848, «la deuxième République libérait enfin les 250.000 esclaves de Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion»

> «Bois d'ébène», un documentaire-fiction de Moussa Touré, diffusé le 10 mai 2016 sur France 2 à 20h55