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Brexit: les cartes qui expliquent le vote des Britanniques

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 24/06/2016 à 14H47, mis à jour le 24/06/2016 à 14H56

Carte vote au Royaume-Uni
Brexit: carte du vote au Royaume-Uni  © Frédéric HUGON Vincent LEFAI Sophie RAMIS Iris ROYER DE VERICOURT / AFP

Le Royaume-Uni a donc voté «leave» à 52%. Mais comment s'explique ce vote qui oppose des régions (Ecosse et Irlande du Nord pour le «remain» et Angleterre et Pays de Galles pour le «leave»? En comparant des données économiques ou politiques, on constate que la question sociale est dominante dans le choix des Britanniques. Preuve par quelques cartes.


Les résultats nationaux
La carte des résultats nationaux trace deux Royaume-Uni.
L'un qui a voté «oui» au Brexit en bleu sur cette carte qui regroupe de nombreuses parties de l'Angleterre (notamment le Sud), y compris la deuxième ville du pays Birmingham.
L'autre («Non» au Brexit) dans la partie jaune.
On y trouve principalement:
-la région londonienne
-les grandes villes comme Liverpool ou Manchester
-l'Ecosse
-L'Irlande du Nord

Brexit carte résultats

Carte des résultats du vote sur le Brexit. En jaune, les régions qui ont voté pour rester dans l'Europe.  © BBC


Nous avons comparé cette carte des résultats avec d'autres cartes sur l'économie, la sociologie ou la politique britannique. 

La carte électorale britannique
Les dernières élections législatives britanniques ont eu lieu en mai 2015. Elles avaient vu la victoire des conservateurs, la défaite des travaillistes (pro-européens, à l'exception de quelques fiefs), la très forte progression en voix du parti anti-européen UKIP et le triomphe des nationalistes écossais (pro-européens).

Carte vote Ukip en mai 2015
Vote UKIP lors des dernières législatives britanniques. Plus la couleur est sombre plus le % du vote UKIP est important. © BBC

Le parti UKIP de Nigel Farage a toujours fait campagne sur le thème de «Leave Europe». C'est d'ailleurs pour le contrer que David Cameron avait lancé l'idée du référendum. Mais le parti UKIP comme d'autres partis en Europe, qui lutte contre la mondialisation, l'immigration ou tout simplement l'Europe, a une base sociale spécifique. Un tableau fait par le Mailonline lors des législatives montrent que ces électeurs sont les plus pauvres du royaume.

Revenus moyens par électeur chaque parti
Les électeurs du parti UKIP seraient les plus pauvres en comparaison avec les électeurs des autres forces politiques, selon le Mail. © Mailonline

Les données économiques
La carte du résultat sur le vote du Brexit dessine un Royaume-Uni divisé. Une partie qui aurait réussi à s'intégrer dans l'économie-monde, qui vit bien ses échanges avec le reste de l'Europe, et une autre qui aurait le sentiment de ne pas profiter de la croissance liée à cette internationalisation. 

Richesses crées par régions britanniques

Plus la couleur est foncée, plus la région crée des richesses. © Statistiques nationales Royaume-Uni

Du Nord au Sud, la carte montre une Ecosse qui génère une importante richesse tout comme la capitale, Londres, et sa région. 

La carte des revenus moyens donne une carte sensiblement comparable. 

Carte revenus moyens au Royaume-Uni
Cette carte de 2012 montre le niveau des revenus moyens par entité géographique. Elle montre de fortes disparités par régions. © Guardian

Les explications «multicritères» du vote, selon le «Guardian»
Les remarquables cartes interactives du site du journal britannique le Guardian confirment que ce sont les parties de l'Angleterre qui se sont le mieux adaptées à la mondialisation qui ont voté contre le Brexit.

Les données compilées dans ces cartes montrent que ce sont les électeurs disposant des plus hauts revenus, des plus hautes formations et des qualifications les plus élevées qui ont le plus voté contre le Brexit. En revanche, il apparaît que les donnés sur l'âge ou les origines étrangères ou non des électeurs pèsent peu sur le résultat du vote (voire la carte interactive).

Le vote au Royame Uni Guardian
Vote sur le Brexit au Royaume-Uni en fonction de divers critères (revenus, formation, âge, origines...) © Guardian