L'Allemagne s'interroge: faut-il aider la France de Macron ? [revue de presse 09/05]

Les journaux allemands consacrent encore une large couverture à la victoire d’Emmanuel Macron et à ses suites. Sur un registre parfois léger, comme cet article de la Bild consacré à l’entourage du nouveau président français. « Vive les Macron », titre le quotidien populaire, qui présente à ses lecteurs le couple présidentiel. Et l’un des chroniqueurs du tabloïd s’essaye au lyrisme… « C’est comme un miracle. Aujourd’hui encore, il aime sa femme comme à ses 15 ans. Le regard câlin, il effleure le tissu de sa robe. Il a 39 ans, elle en a 64. C’est un amour français. Un amour au pays de l’Amour. C’est la France. »
Mais très vite, le journal repasse aux choses sérieuses et désagréables, en posant cette question: « Que va nous coûter Macron ? ». Le haut niveau de la dette publique française, ajouté au fait que le président français soutienne l’idée des « eurobonds », la mutualisation des dettes publiques en Europe, tout cela devrait susciter de l’inquiétude en Allemagne, explique la Bild.
Et voici déjà un avertissement: que la France se débrouille ! « Seule la France peut résoudre ses problèmes », peut on lire dans l’éditorial de la Bild. Le pays a besoin de réformes, que tous les prédécesseurs de Macron ont échoué à mettre en œuvre, des réformes qui ne sont pas décidées à Bruxelles mais au Parlement à Paris. Le nouveau président, qui n’a pas encore de majorité parlementaire, doit maîtriser les opposants aux réformes, au pire les mettre à genoux. Et là-dessus, l’Europe ne peut pas beaucoup l’aider ». L’Allemagne non plus, si on suit ce raisonnement. De plus en plus de voix se font pourtant entendre pour que Berlin fasse un geste envers la France. C’est ce qu’a dit hier le ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel: « je suis absolument convaincu que nous Allemands devons investir plus en Europe », soulignant que l’Allemagne devait abandonner son « orthodoxie fiscal », travailler avec Paris sur un fond d’investissement européen, bref « tout faire » pour que Emmanuel Macron réussisse.

Après un nouvel échec électoral, quelle stratégie pour Schulz ?

Le SPD a perdu dimanche lors de l’élection régionale du Schleswig-Holstein, distancé par la CDU d’Angela Merkel, un échec pour le président du parti social-démocrate et candidat à la chancellerie. Martin Schulz en tire déjà des enseignements en écartant l’hypothèse de constituer, si son parti gagne lors des élections fédérales du 24 septembre, une coalition avec les Verts et la gauche radicale. Cette hypothèse est un repoussoir pour beaucoup d’électeur du centre-gauche, mais Martin Schulz ne l’avait jusqu’ici pas formellement exclue. Une indécision qui pourrait expliquer sa chute dans les sondages depuis plusieurs semaines… « Sous ma direction, la seule coalition qu’il pourra y avoir sera pro-européenne et économiquement responsable », a -t–il dit hier à Berlin. « J’ai toujours été un homme politique réaliste, ce sera toujours le cas à l’avenir, vous avez ma parole ».

 

Bonne journée !

 

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Publié par Amaury Guibert / Catégories : Non classé