IMAGES 43 ans "d'I love you, moi non plus" entre l'UE et le Royaume-Uni

Mai 2011, "L'UE veut fusionner le Royaume-Uni et la France". Une des nombreuses Unes entre paranoïa et défiance.

Les discussions sur le Brexit (British Exit), expression désignant la sortie potentielle du Royaume-Uni de l'Union Européenne, s'intensifient. Le référendum annoncé par David Cameron lors de sa campagne pourrait avoir lieu dès le mois de Juin. Depuis son adhésion en 1973, retour sur 43 ans de controverses et de Unes bien salées sur la relation douce-amère entre le Royaume-Uni et l'UE.

Critiquée, raillée, l'Union Européenne est régulièrement écorchée par les médias britanniques. L'image de l'UE au Royaume-Uni s'est détériorée en l'espace de 40 ans pour le plus grand plaisir des partisans du Brexit. Et quand il s'agit d'attaquer, la presse tabloid n'a pas de limites. Rappelons d'ailleurs que ces journaux sont les plus lus de Grande-Bretagne (le Sun est le premier quotidien du pays).

Dernière en date, le Daily Mail qui publie un article titrant "Chaos, crises... une journée banale en Europe" en citant pèle mêle la Finlande, la France, la Grèce, le Luxembourg, l'Allemagne et... la Turquie. Cette dernière ne fait pas partie de l'Union mais il semblerait que de ce côté-ci de la Manche, tout se vaut.

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Une mythique, celle du Sun (journal lu par plus de 4 millions de personnes chaque jour!), 'Up Yours Delors', que l'on peut littéralement traduire par "Dans ton cul Delors". Elle fut publiée en novembre 1990 au moment des préparatifs pour le passage à l'Euro et s'adresse à Jacques Delors, l'un des pères fondateurs de l'UE. La rédaction du tabloïd lui indique où il peut mettre son projet d'union monétaire, auquel le Royaume-Uni n'adhèrera pas.

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Quand à l'actrice britannique Emma Thompson, fervente partisane de l'Union Européenne, elle se retrouve en Une du Sun affublée d'une part de Victoria Sponge entre les dents. Pourquoi? Elle a qualifié le Royaume-Uni de "gâteau chargé de misère sur une île grise et vieille". Le journal lui intime l'ordre de "fermer son clapet".

Février 2016, Fermez son clapet (à l'actrice pro-UE Emma Thompson, après ses critiques envers le Royaume-Uni)

Une haine nourrie tout au long des années Thatcher et qui culmine avec le rejet de l'euro en 1999. Un très bon exemple: au printemps 1986 lorsque Margaret Thatcher est le seul dirigeant européen à donner l'autorisation aux Etats-Unis d'utiliser ses bases aériennes afin de mener une attaque contre le Colonel Mouammar Kadhafi en Libye. Dans la vidéo ci-dessous la Dame de fer glisse, acerbe:

"Cela a permis aux Etats-Unis de réaliser que la Grande-Bretagne est sa véritable amie et alliée en Europe, contrairement à tous les autres pays. Il y a vraiment des pays faibles en Europe vous savez. Faibles. Frêles."

 

Parmi les 4 conditions posées par David Cameron pour rester dans l'Union Européenne il y a celle d'un droit de regard sur les prises de décisions au sein de l'Eurozone pour préserver les intérêts nationaux. Il s'inscrit dans la lignée établie par Thatcher qui en 1990 raillait le projet d'une unité monétaire et économique affaiblissant, selon elle, la souveraineté des Etats. "La monnaie unique c'est la construction d'une Europe fédérale en catimini" prévenait-elle.

Plus de libéralisme économique: en un mot voilà ce que souhaiterait la Grande-Bretagne. Mais que se passerait-il si le Brexit venait à se passer réellement? En moins de 5 minutes cet internaute résume (en anglais) les principaux scénarios possibles et leurs conséquences (attention: parti pris pro-européen). Edifiant et pédagogique !

Inês Fressynet avec Loïc de La Mornais

Publié par Bureau de Londres / Catégories : Non classé
  • destartin

    La Grande-Bretagne a toujours agi ainsi: un pied dans l'Europe, pour garder le contrôle, un pied en dehors, pour garder son indépendance. Il n'y a pas de raison pour que ça change.
    De plus, sur le plan idéologique, elle est trop libérale pour les continentaux. Son rapport à l'argent, au partage des richesses, à la pauvreté, est très imprègné de protestantisme. Il est basé sur la charité, et non sur la redistribution.
    Elle ne pourra jamais s'entendre avec nous.

  • rienquninstant

    Euh non merci je suis bien en Français