L'appropriation culturelle fait débat dans l'Amérique post-Trump

Depuis l’élection de Donald Trump, certains Américains redoutent la libération de la parole raciste. Dans ce contexte, nous revenons sur la notion d' "appropriation culturelle" - l'appropriation de la culture d'une minorité par les blancs. Régulièrement critiquée par les médias conservateurs comme Breitbart (pro-Trump), elle s'est imposée depuis longtemps dans le débat public aux Etats-Unis.

Miley Cyrus peut-elle "twerker" (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d'Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une "soirée tequila" en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ? 

Le twerk de Miley Cyrus

Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d' "appropriation culturelle" ou "cultural appropriation", une expression qui s'est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times"Je définis l'appropriation culturelle comme l'utilisation, sans autorisation, d'un élément d'une culture'' minoritaire par la culture dominante, explique George Nicholas, un professeur canadien qui travaille sur les questions de propriété intellectuelle et d'héritage culturel.

Le dreadlock-gate chez Marc Jacobs

Récemment, c'est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d'appropriation culturelle : la mode occidentale s'est toujours inspirée d'autre cultures (comme l'a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). Alors, à quel moment ces emprunts deviennent-ils "inappropriés" ? "Depuis toujours, les sociétés humaines ont emprunté des éléments les unes aux autres. Le moment où cela devient problématique, c'est lorsque les héritages sont utilisés de manière systématique et sans que les héritiers de la culture puissent donner leur avis," estime Nicholas, qui conseille aux designers de travailler avec les peuples concernés et partager leurs recettes avec eux.

En septembre, la question de l'appropriation culturelle s'est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L'auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l'indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s'étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d'un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l'intervention, une écrivain d'origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l'attitude de l'auteur "découle de la suprématie raciale."

"Tous les lecteurs devraient se sentir offensés par le coup de Lionel Shriver avec le sombrero" juge Michael North, un professeur de littérature anglo-américaine qui travaille notamment sur la littérature post-coloniale, ajoutant que les bons auteurs se doivent d'éviter l'emploi de tels stéréotypes et "fausses généralisations".

Pour autant, il ne porte pas un regard négatif sur les auteurs blancs qui se mettent dans la peau de personnages de couleur.  "Il existe des cas typiques dans la littérature, où un auteur anglo-saxon blanc a écrit des romans sous le nom de plume d'un amérindien, en s'appropriant l'expérience de groupes sans en avoir le droit,'' raconte North. "Mais c'est aussi ridicule que de critiquer une auteur parce qu'elle écrit au sujet d'un homme. Aux Etats-Unis, on présuppose souvent que l'on n'a pas le droit de s'approprier l'expérience des autres peuples.'' Il cite Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, parues en 1884. Le livre, concède-t-il, est très controversé aux Etats-Unis ou certains le qualifient de raciste, notamment car il emploie le mot "nègre". Selon lui, cette critique "est en partie liée au fait que Twain mettait en scène un personnage Afro-Américain en s'exprimant pour son compte."

Histoire et melting pot

 Pourquoi la notion d'appropriation culturelle est-elle si courante aux Etats-Unis ? North met cela sur le compte d'une société très hétérogène, historiquement composée de nombreux migrants (et de leurs enfants). Selon le dernier recensement, 77% des Américains s'identifient comme blancs. Les minorités les plus nombreuses sont les hispaniques ou Latinos (17,6%) et les noirs (13,3%). "Nous avons aussi une histoire particulière avec les questions de race - une histoire exceptionnellement difficile'' qu'il faut prendre en compte, affirme North.

Les plaies de cette histoire récente sont encore ouvertes. Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey's Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l'appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. "On a fini de regarder et d'attendre pendant que cette invention appelée la blancheur [whiteness] nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s'il s'agissait de pétrole, d'or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges."

Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l'actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d'appropriation culturelle. "Tout le monde s'approprie des choses... Les Japonais, les noirs, les Espagnols, nous nous approprions tous quelque chose les uns aux autres," déclarait-elle alors. La sortie de Goldberg a déclenché une avalanche de critique sur les réseaux sociaux. 

``Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu'à un moment tout est appropriation," estime de son côté le professeur North. "Rien de ce que nous faisons en ce monde n'est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel.'' Le spécialiste de la littérature pointe du doigt une "étrange incohérence": "on s'intéresse aujourd'hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique.'' Dans le même temps, la société américaine est plus sensible que jamais à l'appropriation culturelle.

Une nuit à Bangkok

Et en effet, cette incohérence peut donner lieu à des situations incongrues. Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s'est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l'événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La "Nuit à Bangkok" est devenue un soirée "Métropole tropicale". "Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture," raconte Kae Burke, l'une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une "femme blanche américaine privilégiée" et précise qu'elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir "collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée."

Burke a de l'empathie pour ceux qui se sont offusqués de l'appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, "nous organisons des fêtes dans un club. Nous n'essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays," explique-t-elle. "Lorsqu'ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée."

Certains commentaires sont cinglants. "Les mêmes difficultés que les Thaïlandais combattent sur notre propre sol sont perpetuées, consommées et mises à profit... sur le sol américain,"  écrit อาลียา วัชร (ou alia vajra) sur Facebook. Elle cite des passages de la description de la soirée, dont certains font notamment allusion à la prostitution et au trafic sexuel.  "Quid de ceux qui n'ont jamais visité la Thailande ? (...) vos `features' comme le thé glacé, le Pad Thai, les criquets frits et les allusions sexuelles, etc, seront [leur première impression ] d'une culture et d'un peuple qui est tellement plus complexe," écrit-elle. "Bien que ce soit parti d'une bonne intention et d'une volonté de s'amuser, cela donne le sentiment d'être dégradant et réducteur." Elle qualifie la description de l'événement de "propagande raciste".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".


"Les choses ont changé," conclut quant à elle, Kae Burke, la gérante du club. "Les gens sont beaucoup plus sensibles aux questions culturelles qu'il y a dix ans. Il y des personnes qui recherchent des raisons de se plaindre. Et nous, nous devons naviguer dans cette sorte de cri permanent et faire en sorte de respecter les sensibilités de chacun. Nous voulons être sexy et drôles et ne pas nous prendre trop au sérieux. Mais certaines choses ne sont tout simplement plus drôles."

A.N.

Les universités américaines veulent gommer leur héritage raciste

L’école de droit d’Harvard va abandonner son blason. Depuis 80 ans, la plus prestigieuse fac de droit des Etats-Unis est symbolisée par les armoiries d’une famille propriétaire d’esclaves qui avait contribué à son financement. Vendredi dernier, le comité de droit d’Harvard a décidé que ce symbole ne représentait pas les valeurs de l’école.

Harvard n’est pas la seule institution à revenir sur les heures sombres de son Histoire. A travers le pays, beaucoup d’universités de l’Ivy League- les plus anciennes et plus prestigieuses du pays - jettent un regard très critique sur leur passé. Il faut dire que la plupart de ces institutions ont été fondées au XVIIIème siècle, en pleine période esclavagiste. 

En 2013, Craig Steven Wilder avait jeté un pavé dans la marre avec son livre « Ebony and Ivy ». Dans cet essai, ce professeur du MIT revendiquait la thèse selon laquelle les plus vieilles universités de la nation, avec l’Etat et l’Eglise, constituaient « le troisième pilier d’une civilisation fondée sur la servitude ».

Un mouvement national

Amherst College, dans le Massachusetts, cherche à effacer toutes les références associées à Lord Jeffery Amherst, un officier de l’armée britannique accusé de brutalités contre les Amérindiens. L’université de Yale envisage d’abandonner le nom du « Calhoun college », baptisé en l’honneur de John C. Calhoun, un partisan de l’esclavage qui avait qualifié la pratique de « bien positif ». 

En novembre dernier, un collectif d’étudiants avait demandé à ce que toutes les statues et photos de Woodrow Wilson soient retirées de l’université. Un traitement par l’oubli pour un président jugé raciste même par les standards de son temps : Wilson est accusé d’avoir participé à la ségrégation en renvoyant 15 des 17 employés noirs du Service Fédéral, mais aussi d’avoir été un vif défenseur du Ku Klux Klan.  

Les protestations sont si nombreuses qu’un site web a vu le jour en fin d'année dernière : « thedemands.org ». Il recense chaque lutte organisée contre le racisme dans les universités du pays. Derrière ce site, le Black Liberation Collective, une organisation de jeunes adultes inspirée du mouvement Black Lives Matter.


Plus de 75 universités sont listées sur la page, chaque groupe d’étudiants avec ses revendications propres : changement de noms des bâtiments à caractères racistes, mais aussi plus de diversité dans le corps administratif ou davantage de financement pour les associations afro-américaines du campus.

Sûre réaction ou surréaction? 

L'abandon des symboles historiques des universités ne se fait pas sans remous. Pour beaucoup, ces mouvements relèvent de la censure, voire d'un déni de l'Histoire.

Ce débat s'inscrit dans un contexte plus vaste sur les campus américain. De plus en plus d'intellectuels dénoncent la protection d'une sensibilité exagérée des étudiants. The Atlantic, dans un célèbre article, appelait ce phénomène: "Le bichonnage de l'esprit américain". Les comédiens Chris Rock et Jerry Seinfeld refusent eux de se produire devant des foules estudiantines devenues "trop politiquement correctes".

Interrogé par BBC News au début du mois de mars, Wilder a répliqué à ces accusations : « Je suis plus choqué qu’il nous ait fallu aussi longtemps pour avoir une réflexion critique sur les noms et les titres circulant sur le campus. […] Je pense en fait que ce qui se passe en ce moment est très productif. Ca force des conversations que nous aurions dû avoir il y a très longtemps. »

A.S

Comme l'année dernière, le hashtag #OscarsSoWhite a enflammé Twitter après l'annonce des nominés. Crédit : Prayitno

OscarsSoWhite : la polémique sur le manque de diversité des Oscars en 5 questions

L'Académie des Oscars devrait bientôt d'annoncer de nouvelles mesures pour favoriser la diversité parmi les artistes récompensés à Los Angeles. Une façon de répondre au hashtag #OscarsSoWhite, qui a fait son retour sur les réseaux sociaux ce mois-ci, après l'annonce des nominations des Oscars. L'année dernière déjà, des internautes avaient manifesté leur mécontentement, jugeant que la cérémonie de récompense du cinéma américain manquait de diversité. Pourquoi cette polémique sur la "blancheur" des Oscars ? Cinq questions pour comprendre.

Que reproche-t-on aux Oscars ?

Les 20 acteurs nominés pour leur performance cette année sont de couleur blanche. Pourtant, dans le casting, on comptait de nombreux nominés potentiels noirs.

Idris Elba, seigneur de guerre africain dans "Beasts of No Nation", était parmi les candidats potentiels ; tout comme Michael B. Jordan pour son rôle de boxeur dans "Creed", spin-off de Rocky qui raconte l’histoire d’un jeune boxeur noir (c'est finalement Sylvester Stallone, un acteur blanc, qui a été nominé pour sa performance dans "Creed"), Will Smith pour son rôle dans "Seul contre tous" ou encore l'un des acteurs principaux de "Straight Outta Compton", sur le groupe de hip-hop N.W.A.

Will Smith, Michael B. Jordan, Idris Elba

Will Smith, Michael B. Jordan, Idris Elba

Par ailleurs, relève le New York Times, les films "à thème noir" comme "Straight Outta Compton" qui parle d'un groupe de rappeurs noirs, ou "Beasts of No Nation" qui aborde le thème des enfants soldats en Afrique, n'ont pas été nominés dans la catégorie "meilleur film".

"En d'autres termes", résume un autre article du NYT, "les seules bénédictions octroyées par l'Académie [des Oscars] pour les plans grands films qui parlent de personnages Afro-Américains sont allées à des blancs" - Sylvester Stallone pour son rôle dans "Creed", et les scénaristes (tous les trois blancs) de “Straight Outta Compton”, qui a été nominé dans la catégorie "meilleur scénario".

Qui a menacé de boycotter la cérémonie ?

L’actrice noire Jada Pinkett, épouse de Will Smith qui n'a pas été nominé, a annoncé qu'elle boycotterait la cérémonie du 28 février pour protester contre son manque de diversité. "Il est peut-être temps de retirer toutes nos ressources, et de les réinvestir dans notre communauté, nos programmes, et de créer des productions pour nous-mêmes qui reconnaissent nos mérites" dit-elle dans cette vidéo postée sur Facebook.

oscars dd

Spike Lee, le réalisateur noir du film "Malcom X", a quant à lui choisi Instagram pour exprimer ses griefs. S'il a rejeté le terme de "boycott", Spike Lee s'est publiquement outré du casting des Oscars ce lundi, jour férié en hommage à Martin Luther King.
Spike Lee

Spike Lee

"Ma femme, Mme Tonya Lewis Lee et moi, ne nous rendrons pas à la cérémonie des Oscars en février prochain. Nous ne pouvons pas la cautionner (...) Comment est-ce possible que, pour la deuxième année consécutive, les 20 acteurs nominés dans la catégorie soient tous blancs ? Et ne parlons même pas des autres branches", peut-on lire sur sa page Instagram. Spike Lee, qui a lui-même été nominé deux fois aux Oscars, critique régulièrement le manque de diversité à Hollywood.

Chris Rock, le présentateur (noir) de la cérémonie et humoriste, a ironisé sur la "blancheur" des Oscars dans un tweet mais n'a pas annulé sa participation - bien que le rappeur noir américain 50 Cent l'ait prié de "ne pas faire les récompenses des Oscars" sur Instagram.

Qui est responsable ?

Alors, la faute à des discriminations, ou au hasard ? En fait, ni l'un, ni l'autre : le manque de diversité s'explique notamment par le système de nomination des Oscars.

"Des doigts ont immédiatement été pointés vers l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, qui distribue les Oscars et qui, malgré des efforts pour diversifier ses effectifs ces dernières années, est toujours inclinée vers des hommes blancs et âgés, selon une investigation du Los Angeles Times qui date de 2012", écrit le NYT.

Ce sont en effet les membres de l' "Academy of Motion Picture Arts and Sciences" - 6 000 professionnels du cinéma du monde entier - qui sélectionnent les nominés des Oscars. Or, selon une étude du Los Angeles Times, l'académie était composée à 93% de blancs et 76% d'hommes en 2012 - même si c'est une femme noire, Cheryl Boone Isaac, qui est à la tête de l'académie depuis 2013.

La présidente a la "coeur brisé" par le manque de la diversité

Lundi, celle-ci a affirmé "avoir le coeur brisé et être frustrée par ce manque de diversité". "Nous avons amorcé les changements qui pourront nous permettre de diversifier nos membres. Mais ils n’arrivent pas aussi vite que nous souhaiterions", a-t-elle poursuivi dans un communiqué.

L'année dernière, Boone Isaacs a annoncé un plan baptisé "A2020" pour encourager la diversité à Hollywood, décrit sur le site des Oscars comme "une initiative de 5 ans pour augmenter la diversité dans l’industrie du film, devant et derrière la caméra".

Pourquoi est-il compliqué de désigner un responsable ?

Au-delà de la composition de l'académie, ce manque de diversité "provient probablement d'une confluence trouble de facteurs à la fois infimes et importants", peut-on lire dans le NYT.

Parmi ces facteurs, cités par le journal, on compte le processus de sélection des Oscars, qui a désavantagé "Creed" et "Straight Outta Compton", deux films qui parlent de personnages noirs, dont les studios ne s'y sont pas pris à temps pour faire du lobbying afin d'obtenir une nomination.

"Et, peut-être le facteur le plus important de tous les facteurs", selon le Times, est le manque de diversité dans le cinéma américain : "parmi les 305 films éligibles pour les Oscars, un grand nombre d'entre eux ne représentent pas, sur le plan démographique, les vies et l'apparence des spectateurs".

Quelles sont les mesures pro-diversité que pourrait adopter l'Académie des Oscars ?

C'est le New York Times qui a révélé le projet d'annoncer de nouvelles mesures, qui être révélées dès la semaine prochaine. Les sources citées par le journal, qui ont souhaité rester anonymes ont abordé plusieurs changements possibles. En voici quelques-uns :

-nominer 10 films dans la catégorie "meilleur film" (contre 8 actuellement), comme c'était le cas en 2010 et 2011. Cette année, "Straight Outta Compton" ou "Creed" auraient pu figurer dans la liste.

-nominer 8 à 10 acteurs dans chaque catégorie de "meilleur acteur". "Elargir les nominations des acteurs pourrait favoriser plus de concurrents noirs, hispaniques ou asiatiques", lit-on dans le Times.

-retirer le droit de vote aux membres de l'académie qui n'ont pas eu d'activité dans l'industrie cinématographique depuis plusieurs années

En revanche, il ne serait pas question de modifier le mode de scrutin qui détermine l'élection des nominés.

 

La chaîne Fox a dévoilé la première minute de la nouvelle saison de la série X-Files, qui sera diffusée à partir du 24 janvier. Crédit : doyoustillbelieve.com

La chaîne Fox dévoile la première minute de la nouvelle saison de X-Files

La chaîne américaine Fox joue avec les nerfs des fans de The X-files, série de science-fiction culte des années 90. Fox a dévoilé ce lundi la première minute de la nouvelle saison de la série, dont elle diffusera les 6 épisodes à partir du 24 janvier.

Les plus chanceux assisteront à l'avant-première de la série ce mardi à Los Angeles, aux côtés des acteurs David Duchovny et Gillian Anderson, qui ont repris du service pour incarner les agents spéciaux du FBI Fox Mulder et Dana Scully. Aux manettes cette suite, on retrouve son fondateur historique Chris Charter.

Découvrez la première minute du "revival" de X-Files :

Fox Mulder y aborde son obsession pour les OVNIs et son passé au FBI.

Et si cela ne vous suffit pas, voici le trailer dévoilé par la Fox le mois dernier :

Les chevaliers de l'ordre Jedi ont fait du culte de Star Wars une vraie philosophie, un mode de vie.

Confréries, collectionneurs et pros du sabre laser : quand Star Wars devient une religion

Alors que "Le réveil de la force", le septième opus de la saga Star Wars, est sorti mercredi sur les écrans français, ces fans font de La guerre des étoiles un vrai mode de vie, presque un culte.

Certains se repassent les films en boucle. D'autres on fait la queue pour voir en avant-première "Le Retour de la Force". Aux Etats-Unis comme ailleurs, il existe un vrai culte autour de Star Wars. France 2 est allé à la rencontre de ces adeptes de la Force. 

Parmi les accros, on compte les membres de l'ordre des chevaliers Jedi. Au programme : méditation, philosophie et entraînement physique. A New York, d'autres fans s'exercent avec sérieux au maniement du sabre laser. Plus classique mais tout aussi extravagant, Steve collectionne des goodies de la saga depuis près de 40 ans.

Découvrez le reportage de Valérie Astruc, Régis Massini et Fabien Ortiz :

Harrison Ford reprend du service dans "Le réveil de la force", dernier opus de la saga Stars Wars qui sortira sur les écrans français le 16 décembre.

Regardez les 3 épisodes originaux de Star Wars en 90 secondes

A une semaine de la sortie du nouvel opus de Star Wars, Le réveil de la force, ceux qui n'ont jamais vu les premiers opus de la saga peuvent se sentir quelque peu exclus. Pour ceux qui ne peuvent/veulent pas consacrer plusieurs heures à visionner les épisodes originaux, dont le premier est sorti en 1977, il existe une solution express : cette vidéo, qui résume les 3 premiers épisodes de Star Wars en 90 secondes. La vidéo est en anglais. Attention aux spoilers :

Elle a été réalisée par la chaîne Youtube Burger Fiction, qui propose également les trilogies d'Indiana Jones et de Retour vers le futur en 90 secondes.

Et pour ceux qui ont raté les 6 derniers épisodes, il existe également une vidéo de 3 minutes, qui raconte la saga dans l'ordre chronologique. La saga a en effet débuté en 1977 par le quatrième épisode de l'histoire. Le premier épisode, La menace fantôme, est sorti plus de 20 ans plus tard, en 1999 :

Pierre Seillan est un vigneron français qui fait des vins californiens. Crédit : pierreseillan.com

En Californie, rencontre avec un French vigneron

Entre ses larges mains, de la terre. "C'est ça, le secret", affirme avec passion Pierre Seillan, French vigneron dans le comté de Sonoma, en Californie. Originaire du Gers, le vigneron est international : il parle espagnol à ses ouvriers mexicains et vinifie également des domaines en France et en Italie - même s'il a gardé son accent du sud.

C'est en 1997 qu'il prend la décision de se lancer aux Etats-Unis, convaincu par les Jackson, une famille de riche américains à l'origine du grand groupe vinicole californien Kendall-Jackson. Il a alors 50 ans. Sa femme et ses deux enfants quittent la France pour le suivre dans la Sonoma Valley, l'un des comtés américains les plus réputés pour son vin.

Depuis, Pierre Seillan y exploite le domaine de la richissime héritière Barbara Banke, épouse de feu Jess Jackson, et surnommée la "reine des vins". Les bouteilles produites sur le prestigieux domaine, qui était en friche il y a à peine 20 ans, se vendent aujourd'hui 400 euros - au minimum.

Valérie Astruc et Régis Massini sont allés à la rencontre de ce French vigneron  : ,


Le concept de base de l'accélération. Supprimer quelques images permet de gagner plusieurs minutes sur l'ensemble d'une série télé.

Plus de pub, il nous faut plus de pub! Comment les américains accélèrent leurs séries télés

Si vous avez toujours voulu plus de publicités pendant vos séries télés, vous allez être servis! Confrontés à une baisse de l'augmentation de leurs revenus publicitaires (vous avez bien lu, une baisse de l'augmentation), la plupart des chaînes de télévision américaines ont opté pour un nouveau procédé: l'accélération des séries télés.

Reportage de Valérie Astruc, Laurent Desbois, Régis Massini, Arielle Monange, Fabien Ortiz.

Modèle économique oblige, les séries américaines -sitcoms de 20 minutes ou épisodes de 45 minutes- sont souvent plus courtes que leurs homologues européennes. Les séries produites par la BBC -qui n'utilise pas la publicité- dure jusqu'à une heure.
Une différence qui avait déjà donné lieu à quelques cas de coupures sauvages. Dans le cas de la série MI-5 (Spooks au Royaume-Uni), des épisodes d'une heure étaient brutalement ramenés à 45 minutes. La qualité et les audiences de cette excellent show britannique avaient beaucoup soufferts outre-Atlantique (et en France d'ailleurs).

Mais les diffuseurs américains ont d'autres tours dans leur sac. Un procédé permet de raccourcir encore plus les épisodes en les accélérant. Une astuce qui permet de caser encore plus de pubs dans le même créneau horaire. Dans son enfance, le procédé pouvait être assez voyant, une simple accélération  qui rendait les voix légèrement plus aiguës et le gestes un peu saccadés.

Mais la qualité des caméras et le montage numériques sont passés par là. Avec des séries tournées au delà des traditionnelles 25 trames (images) par seconde pour les besoins de la Haute définition, il est possible de supprimer des trames sans que l’œil humain -et ses 24 images par seconde- ne s'en aperçoive. Grâce au bon choix des trames supprimées, les voix restent naturelles et synchronisées et les mouvements fluides.

Une astuce difficile à détecter, qui inflige toutefois au spectateurs entre 2 minutes et 3 minutes de publicité en plus chaque heure. De quoi (ex)traire environ 170 000€ de plus pour le diffuseur.

 

Sondage : Même Frank Underwood est plus populaire qu'Obama!

Un sondage publié hier par Reuters et Ipsos évalue la côté de popularité de présidents fictifs auprès du public américain. Le résultat est sans appel: Les faux présidents battent absolument tous les records, effacent les divisions partisanes, rassemblent derrière eux une foule enthousiaste. Même le plus cynique et machiavélique d'entre eux, le président Underwood d'House of Cards, parvient à une côté de popularité supérieure à celle de Barack Obama (47% d'opinions favorables). Petit classement.


AVERTISSEMENT SPOILERS

Malgré les bonnes intentions de l'auteur, cet article risque de contenir des spoilers sur les séries. House of Cards, 24 heures chronos, A la Maison Blanche, Scandal et Battlestar Galactica.

Nous précisons aussi que cet article n'a aucune valeur politique. Vous voilà prévenus.


1David Palmer, 24 heures chrono: 89,4% d'opinions favorables

Ne l'oublions pas, 24 heures chrono avait eu un président noir avant le président noir. Le démocrate David Palmer, joué par Dennis Haybert, c'est la rectitude incarnée, l'homme qui veut amener honneur et honnêteté jusqu'au bureau Ovale.

Lors de la saison 1, Palmer se distingue par sa capacité à rester droit face à une avalanche de scandales. Confronté à une affaire de viol impliquant son fils et à un divorce avec sa femme, Palmer refuse de dissimuler les affaires et parvient malgré tout à remporter la nomination démocrate puis la présidentielle grâce au pouvoir de la vérité.
On imagine que cet homme qui préfère à la vérité à des manœuvres politiciennes touche une corde sensible chez les américains, mais on ne peut pas s'empêcher de se demander ce qui se passerait vraiment avec un candidat qui disputerait une présidentielle en plein milieu d'un divorce...

2Josiah Bartlet, A la Maison Blanche: 84,3% d'opinions favorables

A la Maison blanche est souvent accusée d'être une série un peu faible en raison de son caractère idéaliste. Dans la série -très bien- écrite par Aaron Sorkin, les staffeurs de la Maison Blanche sont tous dévoués et solidaires, laissent de côté la politique partisane pour résoudre les problèmes des Etats-Unis main dans la main avec leurs opposants républicains, éduquent le public à foison et savent reconnaître leurs erreurs. A la Maison Blanche, c'est un peu Washington au pays de Candie, mais ça fait du bien de temps en temps.

A la tête de tout ça, il y a Josiah Bartlet, joué par Martin Sheen. Le président idéal, démocrate convaincu mais chrétien dévoué, doté d'une culture encyclopédique, d'un esprit brillant et d'un prix Nobel d'économie - excusez du peu. Visiblement de quoi séduire plus de 8 américains sur 10. Les 2 derniers doivent toujours lui en vouloir d'avoir dissimulé de lourds secrets.

Le président Bartlet dénonce le concept des « réponses en dix mots » lors d'un débat présidentiel.

3Laura Roslin, Battlestar Galactica: 79,4% d'opinions favorables

Laura Roslin est la seule présidente de ce classement à ne pas avoir été élue, elle n'est d'ailleurs techniquement pas présidente des Etats-Unis, mais vu que dans Battlestar Galactica toute l'humanité ou presque est américaine, elle est inclue dans ce sondage.

Secrétaire de l'éducation au moment d'une attaque des Cylons -une race robotique hostile-, Laura Roslin est la seule membre du gouvernement fictif des Douze Colonies à survivre et à embarquer à bord d'une flottille d'exode qui contient tout ce qui reste de la race humaine (soit environ 50 000 personnes). En tant que présidente, Roslin devra effectuer des décisions coûteuses pour survivre aux Cylons et maintenir l'équilibre entre les pouvoirs civils et militaires.

4Fitz Grant, Scandal: 59,9% d'opinions favorables

Avec Fitz Grant, on arrive dans le domaine des candidats dont on se demande bien comment ils peuvent attendre de bons scores d'opinion.
Le président républicain - le seul de ce classement - a beau être un homme sympathique et un vétéran de la première guerre du Golfe, c'est aussi un époux adultère et un politique qui n'hésite pas à employer les tactiques les plus viles. Diffamation, mensonges éhontés et même fraude électorale, tout est bon pour faire gagner Fritz.

Le personnage est d'ailleurs supposément basé sur George W. Bush, sans aucun doute le président américain le plus détesté des dernières décennies.

5Frank Underwood, House of Cards: 58.3% d'opinions favorables

House of Cards, c'est un peu l'exact opposé d'A la Maison Blanche. Washington y est un cloaque politique immonde ou les politiciens eux-même iraient jusqu'au meurtre pour satisfaire leur ambition dévorante. Mais House of Cards offre une plongée dans l'esprit le plus ignoble et manipulateur de Washington D.C. Frank Underwood, joué par Kevin Spacey, ne cache jamais qu'il est cynique, immoral, machiavélique et tout à fait dépourvu d'humanité. Il le dit même, face caméra, à son public.

Que quiconque puisse avoir une opinion favorable de Frank Underwoord nous dépasse complètement. Mais s'il y a une chose que l'on peut reconnaître à Underwood, c'est d'ailleurs son efficacité brutale dans le domaine. C'est Obama lui-même que le reconnaît: « Frank Underwood gets stuff done. »

Leçon de politique impitoyable, par Frank Underwood

Hollywood se prépare aux Oscars 2015!

La cérémonie des Oscars marque à Los Angeles la fin de la saison des récompenses ou Awards Seasons, comme on dit de ce coté-ci de l'Atlantique.

Les cérémonies et tapis rouges s'enchainent de novembre à février. Ultime rendez-vous donc, les Oscars. Point culminant du glamour hollywoodien.

Jacques Cardoze et Laurent Desbois sont allés prendre le pouls de la Cité des Anges quelques heures avant le début de la cérémonie de la 87ème éditions des Oscars.