Tout comprendre sur la réforme de santé des républicains

La Chambre des représentants devait se prononcer ce jeudi sur une nouvelle réforme de santé abrogeant l’Obamacare. Faute d'accord au sein du parti républicain, le vote vient d'être reporté. 

Une promesse phare

Cette réforme est un test crucial pour Trump. Son opposition à l’Obamacare semble avoir été la raison principale du vote en sa faveur. Conscient de cet engouement, il en a d’ailleurs fait l'objet de son tout premier décret en janvier dernier.

Obamacare, un bilan mitigé 

L’Obamacare, promulguée en 2010, avait tenté de corriger les inégalités engendrées par un système jusque-là très individualiste par lequel chaque américain pouvait "décider" de souscrire ou non à sa propre assurance. Seules les entreprises de plus de 50 salariés étaient tenues de proposer un contrat d’assurance à leurs salariés. Beaucoup d’américains, souvent faute de moyens, se retrouvaient alors sans assurance santé.

La réforme de santé de l’administration Obama avait mis en place un système de bourses d’échanges en ligne – avec des débuts difficiles – qui devait permettre à chacun de comparer les offres par état et de généraliser l'assurance maladie dans le pays. Si elle a effectivement permis une forte baisse du nombre d’américains sans assurance, cette réforme a néanmoins été vivement critiquée. En cause notamment, les montants des premiums ayant explosé dans certains états.

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Site mis en place par l'Obamacare

Peu de garanties conservées
Le projet de réforme examiné aujourd’hui conserve quelques garanties introduites par l’Obamacare comme le droit à l’assurance pour les personnes souffrant de maladies chroniques, le droit de garder son enfant sur son compte jusqu’à ses 26 ans, l’assurance des besoins de base ou l’interdiction des surprimes réservées aux femmes.

Libéralisation et augmentations des primes avec l’âge

Pour le reste, la réforme de Trump revient sur l'ensemble de l'Obamacare, menaçant ainsi de porter le nombre de personnes sans assurance à 52 millions alors qu’elles sont 27 millions aujourd’hui.

En effet, elle prévoit de supprimer la pénalité pour non-assurance – une augmentation de 30% des primes est cependant prévue pour les personnes non assurées pendant deux mois consécutifs. Le projet comprend en outre la libéralisation des primes qui, par ailleurs, augmenteraient avec l’âge. Cette mesure pourrait donc engendrer une forte augmentation des montants pour les plus âgés, un défaut qui devrait être corrigé par les parlementaires. Enfin, la possibilité de percevoir des allocations en fonction des ressources disparaitrait, seulement l’âge serait alors pris en compte. Les femmes pourraient elles aussi pâtir de cette nouvelle adoption, avec notamment de vifs débats sur la prise en charge des avortements.

Adoption incertaine

Malgré la majorité dont Trump bénéficie au sein de la chambre, le vote sur ce texte de 2700 pages est loin d’être acquis pour le nouveau président. Ces dernières semaines ont été le théâtre de multiples oppositions de la part de congressmen de la droite du parti, qui considèrent que le projet ne va pas assez loin, alors que les représentants républicains les plus modérés donnent eux aussi de la voix. Ces derniers redoutent les inégalités et la réduction du nombre d’assurés que pourrait engendrer la réforme.

Ces représentants font face à un choix cornélien: s'ils soutiennent l'administration, ils risquent d'aliéner une large partie de leur électorat qui leur en tiendra rigueur lors des élections de mi-mandat en 2018, mais s'ils décident de voter contre la réforme, c'est toute la crédibilité de leur parti et de la jeune administration qu'ils remettent en cause.

Résultat, le président et les leaders républicains ont multiplié les consultations et négociations ces dernières semaines dans l’espoir que leur majorité ne leur glisse pas entre les doigts. 216 voix sont nécessaires – 215, si l’on en croit le Washington Post qui indique qu’un démocrate ne sera pas présent lors du vote – afin de voter le texte, sur les 237 républicains qui siègent à la chambre. Trump dispose donc d’une marge très serrée de 21 à 22 défections.

Une marge si serrée que les républicains n'ont pas voulu prendre le risque. Peu après le rejet d'une proposition de la Maison Blanche par les opposants conservateurs, les leaders du parti au Congrès ont annoncé jeudi soir le report du scrutin. Donald Trump a ensuite tenté le tout pour le tout en menaçant les congressmen républicains de laisser l'Obamacare en place si sa réforme n'était pas adoptée.

Ce vote est un test pour la nouvelle administration qui doit à présent prouver qu’elle peut gouverner et tenir ses promesses. En outre, si la Chambre des Représentants finit par adopter le texte, il lui faudra ensuite être examiné au Sénat, où la très courte majorité – de deux voix seulement – des républicains laisse là encore planer le doute quant à l’issue du scrutin.  

Victoria David

Greffes et transplantations: les personnes atteintes de maladies mentales n'y ont pas accès

Paul Corby. Photo/Washington Post

Paul Corby. Photo/Washington Post

Paul Corby a besoin d'un nouveau coeur. Il a déjà perdu son père de la même maladie cardiaque lorsqu'il était jeune, par manque de donneurs. Cette maladie détruit jour après jour son ventricule gauche; aucune chirurgie ou remède pourrait arranger sa condition. La seule solution est la greffe d'un nouveau coeur, mais cela lui a été refusé. Cela signifie tout simplement que Corby devra vivre avec cette maladie jusqu'à  ce que son coeur lâche, sans aucun espoir de guérison.

Autumn Chenkus et Charlie Higgs avec leur bébé, Maverick . Photo/CNN

Autumn Chenkus et Charlie Higgs avec leur bébé, Maverick . Photo/CNN

Autumn Chenkus et Charlie Higgs ont donné naissance à un petit garçon, Maverick, en 2013. Maverick est né avec une condition cardiaque qui lui avait déjà valu deux opérations à seulement cinq mois. Après plusieurs essais pour le sauver, les médecins ont expliqué aux parents qu'ils "devraient rentrer à la maison avec leur bébé et profiter du temps qu'il leur reste"  parce qu'ils ne voulaient pas ajouter Maverick sur la liste des receveurs d'organes.

Quel est le point commun entre Maverick et Paul Corby? Ils sont tous les deux atteint de maladies mentales.

Screen Shot 2017-03-06 at 3.34.49 PMAux Etats-Unis, 22 personnes se trouvant sur la fameuse liste d'attente meurent avant qu'ils aient eu le temps de recevoir un organe selon le Ministère de la Santé et des Services Sociaux des Etats-Unis.

Selon UNOS (organisation pour donneurs d'organes), il y a en ce moment exactement 118,412 personnes sur liste d'attente et une personne de plus y est ajoutée toutes les 10 minutes. plus de 70% de ces patients ont besoin d'un nouveau rein et 15% ont besoin d'un nouvrau foie.

Il y a plus de personnes ayant besoin d'un nouvel organe que de donneurs, alors comment les Etats-Unis choisissent qui mérite un coeur ou un rein plus qu'un autre patient? Comment choisissent-ils qui va vivre et qui va mourir?

Officiellement, tout dépend l'âge du patient, de l'organe dont il a besoin, de ses chances de survie suite à la greffe, dans quel état le patient et le donneur se trouvent. Mis à part ces quelques critères, les médecins sont libres de prendre leurs propres décisions en ce qui concerne leurs patients.

Par manque d'organes, les médecins doivent décider pour qui cela sera le plus utile, laissant de côté les patients avec des conditions mentales, tout simplement parce que l'organe sera plus  profitable à quelqu'un "en bonne santé " mentale,  selon Dr. Scott Halpern, professeur à l'Université de médecine  de Pennsylvanie. " Cela serait gâcher un organe qui pourrait être bien plus bénéfique à  une autre personne" explique Halpern au site internet consumer.healthday.com.  

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Une personne peut donner jusqu'à 8 organes qui peuvent sauver des vies.

La Banque d'Organes Américaine (UNOS) privilégie les patients qui ont le plus de change de survie et le moins de complications suite à la greffe explique Dr. Halpern.

A la suite de procès et dénonciations de cette pratique, un groupe de 30 législateurs au Congrès ont pétitionné au Ministère de la Santé et des Services Sociaux en octobre 2016 pour "émettre des directives sur la discrimination en martiére de transplantation d'organes à l'égard des personnes handicapés". Cette pétition devrait permettre une sélection plus juste pour les receveurs d'organes.

Cependant, les médecins ne suivent pas tous à la lettre cette nouvelle législation, et le Congrès n'a que peu de moyens d'avoir une réelle autorité à ce sujet. Le cas de Paul Corby, a été  découvert par Lenny Bernstein du Washington Post le 4 mars dernier par exemple. 

 

Clémentine Boyer Duroselle


	

Trump: quelles sont ses décisions les plus choquantes?

Cela fait à peine deux semaines que Donald J. Trump est président des États-Unis, et pourtant il a déjà pris une grande partie des décisions promises dans son programme. Il a entre autres signés 18 décrets et mémorandums (notes diplomatiques)...

Voici quelques décisions qui font le plus polémique: 

#1 - Il a coupé les fonds des ONG visant à  aider les femmes à  travers le monde à  se faire avorter. - Source

#2 - Le lendemain même de cette décision, il empêche les femmes Américaines d'utiliser des fonds du gouvernement ou des assurances pour se faire avorter. Coût d'un avortement : 3000 dollars. - Source

#3 - Il a annulé l'Obama Care, sans proposer d'alternative. - Source

#4 - Il a annulé le partenariat transatlantique mis en place après 7 ans de négociations sous l'administration Obama. - Source

#5 - Il coupe les fonds destinés:

  • A la lutte contre les violences faites aux femmes - Source
  • Au bureau des énergies efficaces et renouvelables - Source
  • Il a ordonné un obscurcissement des médias sur les sujets du changement climatique, de l'agriculture et de la santé (empêchant aux organisations en question de s'exprimer aux médias et de donner quelque information que ce soit. - Source

#6 - Il a suspendu l'accueil des réfugiés aux États-Unis et interdit définitivement l'entrée des Syriens. - Source


#7 - Il a instauré une taxe de 20% sur tous les produits venant du Mexique pour financer le mur - Source 


#8 - Il a instauré plusieurs "blacks sites" (également dits "sites noirs". Ce sont des prisons secrètes et clandestines de la CIA dans le monde), avec l'autorisation d'utiliser la torture comme mode d'interrogation. - Source

#9 - Il a contourné les lois de favoritisme pour engager son beau-fils en tant que conseiller pour la Maison-Blanche. - Source

#10 - Il a autorisé des pays étrangers à verser de l'argent à ses business, violant la Constitution des États-Unis- Source

#11 - Interdiction d'entrée du territoire américain pour 6 pays du Moyen-Orient: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yémen pour au moins 3 moins et interdiction indéfinie pour la Syrie. -Source

#12 - Hillary Clinton a remporté le vote populaire de plus de 3 millions de voix, Trump conteste ce chiffre accusant certains Américains de s'être inscrits dans deux États différents pour voter deux fois. Cinq membres de son administration étaient enregistrés pour voter dans 2 États différents, ainsi que sa fille Ivanka Trump. - Source 
#13 - Il a fait supprimer la version hispanique du site internet de la Maison-Blanche, ainsi que la page sur les droits des homosexuels, le changement climatique et les droits civiques. - Source
Parce qu'il devient difficile de suivre ce qu'il se passe au jour le jour, l'équipe de France 2 Washington vous fera un débriefing hebdomadaire des dernières décisions de Donald J. Trump.

Clémentine Boyer Duroselle

[Video/article] Women's March: Que s'est-il passé? Quelle est la suite?

Les chiffres

Des millions de manifestants se sont opposés à Donald J. Trump samedi 21 janvier dans la capitale Américaine. Selon le site d'informations Américain Vox, trois fois plus de personnes se seraient rassemblées dans plus de 500 villes des Etats-Unis pour la Women's March que pour l'investiture de Donald J. Trump.

Erica Chenoweth, professeur à l'Université de Denver et Jeremy Pressman, professeur à l'Université du Connecticut ont travaillé ensemble pour faire un compte exact du nombre de personnes présentes lors de la marche, que l'on peut retrouver dans ce document Excel: étude d'Erica Chenoweth et Jeremy Pressman.  3,3 millions de personnes ont assisté à cette marche à travers le pays pour faire entendre leurs droits et manifester contre les propos sexistes du nouveau président. Ils en ont créé une carte représentative de l'engouement des Américains pour cette cause.

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Le site internet Vox explique que ces chiffres ne sont pas définitifs, "les chercheurs expliquent que la plupart des données qu'ils ont ne sont pas encore complètes et changeront dans les prochains jours, au fur et à mesure que les nouvelles estimations arrivent. Environ 200 marches autour des États-Unis publieront leurs chiffres dans les prochains jours", ce qui fera encore augmenter le nombre de manifestants.

L'organisation de la manifestation

L'événement a débuté à 10 heures du matin samedi avec une série d'orateurs tels que Madonna, Alicia Keys et Scarlett Johansson. Alors que la marche devait débuter à 13 heures, les organisateurs n'avaient pas anticipé autant de monde et ont pris du retard sur leur agenda. Il y avait un tel monde qu'ils n'ont pas pu suivre Constitution Avenue, la route prévue.

America Ferrera lors de son discours samedi 21 janvier à la Women's March

America Ferrera lors de son discours samedi 21 janvier à la Women's March

Cependant, la foule a pris des chemins différents envahissant la ville. Les femmes brandissaient des pancartes, portaient des bonnets roses faisant référence à "Pussy Hats", tout cela se passant dans la bonne humeur et sans débordement. Des hommes se sont également déplacés, pour montrer leurs supports pour la cause des femmes.

Photo/CNN.com

Photo/CNN.com

L'idée d'une retraitée qui a pris une ampleur considérable

Au lendemain de l'élection, Teresa Shook, avocate à la retraite, vivant à Hawaii était toujours sous le choc de la victoire de Donald J. Trump. Après les propos sexistes et inappropriés qu'il avait dit à propos des femmes, elle ne pouvait pas ne rien faire. "Comment est-ce-qu'on a pu en arriver là?", explique-t-elle à la chaine de télévision locale Hawaii News Show. Rapidement, elle a créé un groupe Facebook dans le but de regrouper le plus de femmes possible pour manifester à Washington le lendemain de l'investiture de Donald J. Trump. Tout a commencé avec 40 participants, la plupart d'entre eux étaient des amis de Teresa Shook explique le Los Angeles Times. Au lendemain de la création de cette page Facebook, Teresa Shook avait plus de 10 000 participants.

Screen Shot 2017-01-25 at 1.38.36 PMCette idée a pris un tel engouement, que plusieurs personnes ont décidé de créer la même chose dans leurs propres États, jusqu'au point où cela était devenu hors de contrôle. Des femmes, ferventes défenseuses des droits des femmes ont créé un site internet officiel, donnant toutes les informations pour participer à la marche de Washington, ainsi que celles prenant place dans d'autres villes.

Dans un même temps, elles en ont profité pour créer une nouvelle cause qui ira au-delà d'une marche au lendemain de l'investiture de Donald J. Trump.

Women' March est maintenant devenue un comité national comptant 21 employés qui continueront d'organiser des événements soutenant les droits des femmes. "La dernière élection à insulter, démolie, menacée la majorité d'entre nous [...] nous sommes confrontées à un futur incertain, vivant dans une peur nationale et internationale," explique leur site internet.

Notre équipe de France 2 Washington ont couvert l'événement Women's March. Un reportage signé Valérie Astruc et Régis Massini


BLOG WOMEN MARCH by ftv-geopolis

 

Clémentine Boyer Duroselle

Peut-on comparer l'investiture d'un président démocrate à celle d'un président républicain?

La photo comparant la foule présente à l'investiture de Donald J. Trump vendredi dernier et celle de Barack Obama en 2009 a fait le tour des réseaux sociaux ce week-end. Des chaines de télévision et des journaux influents se sont également laissé emporter par cette vague.

Dernière photo avant leur départ pour l'investiture de Donald Trump photo/AP

Dernière photo avant leur départ pour l'investiture de Donald Trump
photo/AP

Donald Trump est le président le moins populaire depuis Jimmy Carter, il y a 40 ans. Selon un sondage du Washington Post et  de ABC News, le nouveau président aurait moins de 40% d'opinions favorables.

Certes, il est impopulaire. Certes, son investiture a regroupé moins de personnes que ce à quoi l'on s'attendait. Est-ce une raison pour comparer son investiture à celle de l'ancien président démocrate, Barack Obama? Tout cela serait une affaire de démographie.

Carte des états-Unis Bleu: démocrates rouge: républicains Carte fait par Benjamin Starr/VisualNews>com

Carte des états-Unis
Bleu: démocrates
rouge: républicains
Carte faite par Benjamin Starr/VisualNews.com

Depuis bien longtemps, le District de Columbia ainsi que les états autour, tels que la Virginie, le Maryland, la Pennsylvanie, la Caroline du Nord, le Delaware, etc. sont des états démocrates.
Lorsqu'un président démocrate est élu, il est plus facile pour ces personnes de rejoindre Washington, puisqu'ils se trouvent relativement près de la capitale, contrairement à certaines personnes vivant dans des états républicains, plus éloignés.

Donald J. Trump a misé sa campagne présidentielle sur l'économie et l'immigration, cherchant le vote de la classe moyenne et des minorités. Cette population gagne entre 46 000 et 86 000 euros par an. Après avoir payé les dettes, les impôts, le loyer, les courses et autres dépenses de la vie quotidienne, il ne reste plus rien. (voir notre reportage de Valérie Astruc sur la classe moyenne)

Manifestation de la classe moyenne lors de la campagne présidentielle Photo/Hollywata/Flickr

Manifestation de la classe moyenne lors de la campagne présidentielle
Photo/Hollywata/Flickr

Cette population se bat pour vivre normalement, et pour avoir un salaire décent. Selon le ministère du travail et de l'emploi, 5% de la population, soit 18 millions d'américains, auraient entre deux et trois emplois pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles. ils ne sont pas tous républicains, mais pour les ceux qui souhaitent s'offrir un weekend dans la capitale pour assister à l'investiture d'un président républicain, cela coûte cher et parait hors de portée.

Le site d'information Vox a interviewé une femme venant du Minnesota et qui a économisé pour venir à Washington et assister à l'investiture. Contrairement, un président démocrate a déjà un bon nombre de ses électeurs vivant dans les états autour de waghington DC et qui peuvent venir dans la capitale plus facilement.
 Donald J. Trump n'arrive pas au pouvoir avec une popularité à son plus haut, mais cela est-il la raison d'une foule moins nombreuse lors de son investiture?

Lorsque George W. Bush est devenu le 43e président des États-Unis en 2001, seulement 300 000 personnes se sont montrées pour son investiture et son taux de popularité était de 62% selon le site internet de la Maison-Blanche. En janvier 2005, entre 100 000 et 400 000 personnes ont assisté à son investiture . 

Au final, ce n'est pas la première fois qu'une investiture républicaine attire moins de monde qu'une investiture démocrate.

George W. Bush lors de son investiture en 2005

George W. Bush lors de son investiture en 2005

George W. Bush était plus populaire que Trump lors de ses investitures, mais plus de monde a assisté à celle de Donald J. Trump. Selon les chiffres donnés par Reuters, il semblerait que la popularité du président et le nombre de personnes présentes lors des investitures n'ont aucune corrélations.

Si l'on en revient à comparer la foule d'un président démocrate et celle d'un président républicain, il est certain que le montage photo des deux investitures est subjectif.

Selon le comite d'investiture, 700 000 personnes se seraient regroupées sur le Mall, la sécurité intérieure quant-à elle, estime qu'entre 800 000 et 900 000 personnes auraient été présentes ce jour la.Comparer une investiture d'un president démocrate et celle d'un républicain n'est pas représentatif de la popularité du president élu.

 

Cependant, Obama était tout de même plus populaire que Trump lors de son investiture avec 78% de popularité et presque 2 millions de personnes à son investiture en 2009.

Note: L'article sera mis à jour dans la journée de lundi avec des interviews d'experts.

Clémentine Boyer Duroselle

L'appropriation culturelle fait débat dans l'Amérique post-Trump

Depuis l’élection de Donald Trump, certains Américains redoutent la libération de la parole raciste. Dans ce contexte, nous revenons sur la notion d' "appropriation culturelle" - l'appropriation de la culture d'une minorité par les blancs. Régulièrement critiquée par les médias conservateurs comme Breitbart (pro-Trump), elle s'est imposée depuis longtemps dans le débat public aux Etats-Unis.

Miley Cyrus peut-elle "twerker" (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d'Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une "soirée tequila" en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ? 

Le twerk de Miley Cyrus

Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d' "appropriation culturelle" ou "cultural appropriation", une expression qui s'est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times"Je définis l'appropriation culturelle comme l'utilisation, sans autorisation, d'un élément d'une culture'' minoritaire par la culture dominante, explique George Nicholas, un professeur canadien qui travaille sur les questions de propriété intellectuelle et d'héritage culturel.

Le dreadlock-gate chez Marc Jacobs

Récemment, c'est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d'appropriation culturelle : la mode occidentale s'est toujours inspirée d'autre cultures (comme l'a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). Alors, à quel moment ces emprunts deviennent-ils "inappropriés" ? "Depuis toujours, les sociétés humaines ont emprunté des éléments les unes aux autres. Le moment où cela devient problématique, c'est lorsque les héritages sont utilisés de manière systématique et sans que les héritiers de la culture puissent donner leur avis," estime Nicholas, qui conseille aux designers de travailler avec les peuples concernés et partager leurs recettes avec eux.

En septembre, la question de l'appropriation culturelle s'est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L'auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l'indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s'étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d'un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l'intervention, une écrivain d'origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l'attitude de l'auteur "découle de la suprématie raciale."

"Tous les lecteurs devraient se sentir offensés par le coup de Lionel Shriver avec le sombrero" juge Michael North, un professeur de littérature anglo-américaine qui travaille notamment sur la littérature post-coloniale, ajoutant que les bons auteurs se doivent d'éviter l'emploi de tels stéréotypes et "fausses généralisations".

Pour autant, il ne porte pas un regard négatif sur les auteurs blancs qui se mettent dans la peau de personnages de couleur.  "Il existe des cas typiques dans la littérature, où un auteur anglo-saxon blanc a écrit des romans sous le nom de plume d'un amérindien, en s'appropriant l'expérience de groupes sans en avoir le droit,'' raconte North. "Mais c'est aussi ridicule que de critiquer une auteur parce qu'elle écrit au sujet d'un homme. Aux Etats-Unis, on présuppose souvent que l'on n'a pas le droit de s'approprier l'expérience des autres peuples.'' Il cite Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, parues en 1884. Le livre, concède-t-il, est très controversé aux Etats-Unis ou certains le qualifient de raciste, notamment car il emploie le mot "nègre". Selon lui, cette critique "est en partie liée au fait que Twain mettait en scène un personnage Afro-Américain en s'exprimant pour son compte."

Histoire et melting pot

 Pourquoi la notion d'appropriation culturelle est-elle si courante aux Etats-Unis ? North met cela sur le compte d'une société très hétérogène, historiquement composée de nombreux migrants (et de leurs enfants). Selon le dernier recensement, 77% des Américains s'identifient comme blancs. Les minorités les plus nombreuses sont les hispaniques ou Latinos (17,6%) et les noirs (13,3%). "Nous avons aussi une histoire particulière avec les questions de race - une histoire exceptionnellement difficile'' qu'il faut prendre en compte, affirme North.

Les plaies de cette histoire récente sont encore ouvertes. Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey's Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l'appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. "On a fini de regarder et d'attendre pendant que cette invention appelée la blancheur [whiteness] nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s'il s'agissait de pétrole, d'or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges."

Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l'actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d'appropriation culturelle. "Tout le monde s'approprie des choses... Les Japonais, les noirs, les Espagnols, nous nous approprions tous quelque chose les uns aux autres," déclarait-elle alors. La sortie de Goldberg a déclenché une avalanche de critique sur les réseaux sociaux. 

``Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu'à un moment tout est appropriation," estime de son côté le professeur North. "Rien de ce que nous faisons en ce monde n'est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel.'' Le spécialiste de la littérature pointe du doigt une "étrange incohérence": "on s'intéresse aujourd'hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique.'' Dans le même temps, la société américaine est plus sensible que jamais à l'appropriation culturelle.

Une nuit à Bangkok

Et en effet, cette incohérence peut donner lieu à des situations incongrues. Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s'est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l'événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La "Nuit à Bangkok" est devenue un soirée "Métropole tropicale". "Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture," raconte Kae Burke, l'une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une "femme blanche américaine privilégiée" et précise qu'elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir "collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée."

Burke a de l'empathie pour ceux qui se sont offusqués de l'appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, "nous organisons des fêtes dans un club. Nous n'essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays," explique-t-elle. "Lorsqu'ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée."

Certains commentaires sont cinglants. "Les mêmes difficultés que les Thaïlandais combattent sur notre propre sol sont perpetuées, consommées et mises à profit... sur le sol américain,"  écrit อาลียา วัชร (ou alia vajra) sur Facebook. Elle cite des passages de la description de la soirée, dont certains font notamment allusion à la prostitution et au trafic sexuel.  "Quid de ceux qui n'ont jamais visité la Thailande ? (...) vos `features' comme le thé glacé, le Pad Thai, les criquets frits et les allusions sexuelles, etc, seront [leur première impression ] d'une culture et d'un peuple qui est tellement plus complexe," écrit-elle. "Bien que ce soit parti d'une bonne intention et d'une volonté de s'amuser, cela donne le sentiment d'être dégradant et réducteur." Elle qualifie la description de l'événement de "propagande raciste".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".


"Les choses ont changé," conclut quant à elle, Kae Burke, la gérante du club. "Les gens sont beaucoup plus sensibles aux questions culturelles qu'il y a dix ans. Il y des personnes qui recherchent des raisons de se plaindre. Et nous, nous devons naviguer dans cette sorte de cri permanent et faire en sorte de respecter les sensibilités de chacun. Nous voulons être sexy et drôles et ne pas nous prendre trop au sérieux. Mais certaines choses ne sont tout simplement plus drôles."

A.N.

Les universités américaines veulent gommer leur héritage raciste

L’école de droit d’Harvard va abandonner son blason. Depuis 80 ans, la plus prestigieuse fac de droit des Etats-Unis est symbolisée par les armoiries d’une famille propriétaire d’esclaves qui avait contribué à son financement. Vendredi dernier, le comité de droit d’Harvard a décidé que ce symbole ne représentait pas les valeurs de l’école.

Harvard n’est pas la seule institution à revenir sur les heures sombres de son Histoire. A travers le pays, beaucoup d’universités de l’Ivy League- les plus anciennes et plus prestigieuses du pays - jettent un regard très critique sur leur passé. Il faut dire que la plupart de ces institutions ont été fondées au XVIIIème siècle, en pleine période esclavagiste. 

En 2013, Craig Steven Wilder avait jeté un pavé dans la marre avec son livre « Ebony and Ivy ». Dans cet essai, ce professeur du MIT revendiquait la thèse selon laquelle les plus vieilles universités de la nation, avec l’Etat et l’Eglise, constituaient « le troisième pilier d’une civilisation fondée sur la servitude ».

Un mouvement national

Amherst College, dans le Massachusetts, cherche à effacer toutes les références associées à Lord Jeffery Amherst, un officier de l’armée britannique accusé de brutalités contre les Amérindiens. L’université de Yale envisage d’abandonner le nom du « Calhoun college », baptisé en l’honneur de John C. Calhoun, un partisan de l’esclavage qui avait qualifié la pratique de « bien positif ». 

En novembre dernier, un collectif d’étudiants avait demandé à ce que toutes les statues et photos de Woodrow Wilson soient retirées de l’université. Un traitement par l’oubli pour un président jugé raciste même par les standards de son temps : Wilson est accusé d’avoir participé à la ségrégation en renvoyant 15 des 17 employés noirs du Service Fédéral, mais aussi d’avoir été un vif défenseur du Ku Klux Klan.  

Les protestations sont si nombreuses qu’un site web a vu le jour en fin d'année dernière : « thedemands.org ». Il recense chaque lutte organisée contre le racisme dans les universités du pays. Derrière ce site, le Black Liberation Collective, une organisation de jeunes adultes inspirée du mouvement Black Lives Matter.


Plus de 75 universités sont listées sur la page, chaque groupe d’étudiants avec ses revendications propres : changement de noms des bâtiments à caractères racistes, mais aussi plus de diversité dans le corps administratif ou davantage de financement pour les associations afro-américaines du campus.

Sûre réaction ou surréaction? 

L'abandon des symboles historiques des universités ne se fait pas sans remous. Pour beaucoup, ces mouvements relèvent de la censure, voire d'un déni de l'Histoire.

Ce débat s'inscrit dans un contexte plus vaste sur les campus américain. De plus en plus d'intellectuels dénoncent la protection d'une sensibilité exagérée des étudiants. The Atlantic, dans un célèbre article, appelait ce phénomène: "Le bichonnage de l'esprit américain". Les comédiens Chris Rock et Jerry Seinfeld refusent eux de se produire devant des foules estudiantines devenues "trop politiquement correctes".

Interrogé par BBC News au début du mois de mars, Wilder a répliqué à ces accusations : « Je suis plus choqué qu’il nous ait fallu aussi longtemps pour avoir une réflexion critique sur les noms et les titres circulant sur le campus. […] Je pense en fait que ce qui se passe en ce moment est très productif. Ca force des conversations que nous aurions dû avoir il y a très longtemps. »

A.S

L'atrazine, un herbicide produit par SYngenta, est accusé de causer infertilité et cancers.

Quand l'agriculture tue : le scandale de l'atrazine en 5 questions

Société suisse spécialisée dans la chimie et l’agroalimentaire, Syngenta est l’un des plus grands fabriquants de pesticides et d’herbicides. Le nom de l’entreprise, qui attise les intérêts des multinationales de la chimie, y compris le géant américain Monsanto, est associé à un scandale sanitaire : celui de l’atrazine.

Cash Investigation, le magazine de France 2, a enquêté sur les produits chimiques utilisés dans l'agriculture qui mettent en danger nos enfants. Retrouvez l'enquête de Cash Investigation sur les pesticides ce mardi à 20h55 sur France 2

En attendant, 5 questions pour comprendre ce qui est reproché à Syngenta et à l'atrazine :

Qu’est ce que l’atrazine ?

L’atrazine est un herbicide principalement utilisé sur les champs de maïs, notamment dans les grandes plaines des Etats-Unis. Il est le deuxième produit phytosanitaire le plus couramment employé dans le pays, selon les données de l’US Geological Survey. Il arrive juste après le glyphostate de Monsanto. 

Quels sont les dangers de l’atrazine ?

De nombreuses études affirment que l’atrazine ne pose pas de risques pour la santé. Mais des doutes ont été émis sur la fiabilité de ces études, parfois financées par Syngenta. La société aurait même rémunéré des experts pour défendre les bienfaits de l’atrazine dans les médias.

L’atrazine est accusée de provoquer cancers et infertilité, notamment dans l’Illinois, un état agricole, qui recense une proportion de cancers plus élevée que la moyenne nationale. L’herbicide contaminerait la nappe phréatique et donc l’eau potable.

Cet herbicide est-il légal ?

Le produit est interdit en France et en Union européenne depuis 2004, pour éviter des pollutions de la nappe phréatique. Il est cependant autorisé aux Etats-Unis - même si l’état californien étudie une proposition pour interdire l'atrazine sur ses terres.

En 2010, l’agence américaine de protection de l’environnement, l’EPA, estimait que les dangers de l’atrazine pour les humains étaient négligeables.

Deux ans plus tard, l’EPA estimait que l’atrazine ne posait pas de risques pour les animaux, une décision basée notamment sur une étude co-réalisée par un scientifique rémunéré par Syngenta.

L’agence environnementale américaine était censée ré-évaluer la toxicité de l’atrazine en 2015. Elle n’a pourtant pas rendu de verdict cette année là.

Par le passé, Syngenta a été accusée d’avoir enquêté sur des membres de l’EPA. Une ex-membre du comité scientifique de l’EPA qui a travaillé sur l’atrazine a également affirmé au new Yorker que Syngenta avait tenté d’intimider ses étudiants et de la décrédibiliser.

Pourquoi Syngenta a-t-elle déboursé 105 millions de dollars ? 

En 2004, suite à la plainte d’un distributeur d’eau de l’Illinois, plus de 1000 distributeurs d’eau, dans 6 états différents (Illinois, Missouri, Kansas, Indiana, Iowa et Ohio) ont entamé une action collective en justice contre Syngenta. Ils demandaient que Syngenta finance le filtrage de l’eau. Un accord a été trouvé entre les plaignants et Syngenta en 2012 :  le fabricant de l’atrazine a accepté de payer 105 millions de dollars au distributeurs d’eau.

Qui est Tyrone Hayes ?

Les documents dévoilés par la justice au cours du procès ont montré que la société a fait pression sur un juge et un scientifique : Tyrone Hayes, professeur à l’université de Berkeley, Ce biologiste, qui a fait l’objet d’un long article du New Yorker en 2014, affirme en effet être la cible de d’attaques de la part de Syngenta. Ses recherches, financées par le fabriquant de pesticides lui-même, ont établi un lien entre l’atrazine et des modifications des organes reproductifs chez les grenouilles.

Selon le scientifique, Syngenta aurait orchestré des attaques pour jeter le doute sur sa crédibilité de chercheur. Tyrone Hayes a été l’objet d’un film réalisé par Jonathan Demme (réalisateur du Silence des agneaux) pour le New Yorker :

 

Comme l'année dernière, le hashtag #OscarsSoWhite a enflammé Twitter après l'annonce des nominés. Crédit : Prayitno

OscarsSoWhite : la polémique sur le manque de diversité des Oscars en 5 questions

L'Académie des Oscars devrait bientôt d'annoncer de nouvelles mesures pour favoriser la diversité parmi les artistes récompensés à Los Angeles. Une façon de répondre au hashtag #OscarsSoWhite, qui a fait son retour sur les réseaux sociaux ce mois-ci, après l'annonce des nominations des Oscars. L'année dernière déjà, des internautes avaient manifesté leur mécontentement, jugeant que la cérémonie de récompense du cinéma américain manquait de diversité. Pourquoi cette polémique sur la "blancheur" des Oscars ? Cinq questions pour comprendre.

Que reproche-t-on aux Oscars ?

Les 20 acteurs nominés pour leur performance cette année sont de couleur blanche. Pourtant, dans le casting, on comptait de nombreux nominés potentiels noirs.

Idris Elba, seigneur de guerre africain dans "Beasts of No Nation", était parmi les candidats potentiels ; tout comme Michael B. Jordan pour son rôle de boxeur dans "Creed", spin-off de Rocky qui raconte l’histoire d’un jeune boxeur noir (c'est finalement Sylvester Stallone, un acteur blanc, qui a été nominé pour sa performance dans "Creed"), Will Smith pour son rôle dans "Seul contre tous" ou encore l'un des acteurs principaux de "Straight Outta Compton", sur le groupe de hip-hop N.W.A.

Will Smith, Michael B. Jordan, Idris Elba

Will Smith, Michael B. Jordan, Idris Elba

Par ailleurs, relève le New York Times, les films "à thème noir" comme "Straight Outta Compton" qui parle d'un groupe de rappeurs noirs, ou "Beasts of No Nation" qui aborde le thème des enfants soldats en Afrique, n'ont pas été nominés dans la catégorie "meilleur film".

"En d'autres termes", résume un autre article du NYT, "les seules bénédictions octroyées par l'Académie [des Oscars] pour les plans grands films qui parlent de personnages Afro-Américains sont allées à des blancs" - Sylvester Stallone pour son rôle dans "Creed", et les scénaristes (tous les trois blancs) de “Straight Outta Compton”, qui a été nominé dans la catégorie "meilleur scénario".

Qui a menacé de boycotter la cérémonie ?

L’actrice noire Jada Pinkett, épouse de Will Smith qui n'a pas été nominé, a annoncé qu'elle boycotterait la cérémonie du 28 février pour protester contre son manque de diversité. "Il est peut-être temps de retirer toutes nos ressources, et de les réinvestir dans notre communauté, nos programmes, et de créer des productions pour nous-mêmes qui reconnaissent nos mérites" dit-elle dans cette vidéo postée sur Facebook.

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Spike Lee, le réalisateur noir du film "Malcom X", a quant à lui choisi Instagram pour exprimer ses griefs. S'il a rejeté le terme de "boycott", Spike Lee s'est publiquement outré du casting des Oscars ce lundi, jour férié en hommage à Martin Luther King.
Spike Lee

Spike Lee

"Ma femme, Mme Tonya Lewis Lee et moi, ne nous rendrons pas à la cérémonie des Oscars en février prochain. Nous ne pouvons pas la cautionner (...) Comment est-ce possible que, pour la deuxième année consécutive, les 20 acteurs nominés dans la catégorie soient tous blancs ? Et ne parlons même pas des autres branches", peut-on lire sur sa page Instagram. Spike Lee, qui a lui-même été nominé deux fois aux Oscars, critique régulièrement le manque de diversité à Hollywood.

Chris Rock, le présentateur (noir) de la cérémonie et humoriste, a ironisé sur la "blancheur" des Oscars dans un tweet mais n'a pas annulé sa participation - bien que le rappeur noir américain 50 Cent l'ait prié de "ne pas faire les récompenses des Oscars" sur Instagram.

Qui est responsable ?

Alors, la faute à des discriminations, ou au hasard ? En fait, ni l'un, ni l'autre : le manque de diversité s'explique notamment par le système de nomination des Oscars.

"Des doigts ont immédiatement été pointés vers l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, qui distribue les Oscars et qui, malgré des efforts pour diversifier ses effectifs ces dernières années, est toujours inclinée vers des hommes blancs et âgés, selon une investigation du Los Angeles Times qui date de 2012", écrit le NYT.

Ce sont en effet les membres de l' "Academy of Motion Picture Arts and Sciences" - 6 000 professionnels du cinéma du monde entier - qui sélectionnent les nominés des Oscars. Or, selon une étude du Los Angeles Times, l'académie était composée à 93% de blancs et 76% d'hommes en 2012 - même si c'est une femme noire, Cheryl Boone Isaac, qui est à la tête de l'académie depuis 2013.

La présidente a la "coeur brisé" par le manque de la diversité

Lundi, celle-ci a affirmé "avoir le coeur brisé et être frustrée par ce manque de diversité". "Nous avons amorcé les changements qui pourront nous permettre de diversifier nos membres. Mais ils n’arrivent pas aussi vite que nous souhaiterions", a-t-elle poursuivi dans un communiqué.

L'année dernière, Boone Isaacs a annoncé un plan baptisé "A2020" pour encourager la diversité à Hollywood, décrit sur le site des Oscars comme "une initiative de 5 ans pour augmenter la diversité dans l’industrie du film, devant et derrière la caméra".

Pourquoi est-il compliqué de désigner un responsable ?

Au-delà de la composition de l'académie, ce manque de diversité "provient probablement d'une confluence trouble de facteurs à la fois infimes et importants", peut-on lire dans le NYT.

Parmi ces facteurs, cités par le journal, on compte le processus de sélection des Oscars, qui a désavantagé "Creed" et "Straight Outta Compton", deux films qui parlent de personnages noirs, dont les studios ne s'y sont pas pris à temps pour faire du lobbying afin d'obtenir une nomination.

"Et, peut-être le facteur le plus important de tous les facteurs", selon le Times, est le manque de diversité dans le cinéma américain : "parmi les 305 films éligibles pour les Oscars, un grand nombre d'entre eux ne représentent pas, sur le plan démographique, les vies et l'apparence des spectateurs".

Quelles sont les mesures pro-diversité que pourrait adopter l'Académie des Oscars ?

C'est le New York Times qui a révélé le projet d'annoncer de nouvelles mesures, qui être révélées dès la semaine prochaine. Les sources citées par le journal, qui ont souhaité rester anonymes ont abordé plusieurs changements possibles. En voici quelques-uns :

-nominer 10 films dans la catégorie "meilleur film" (contre 8 actuellement), comme c'était le cas en 2010 et 2011. Cette année, "Straight Outta Compton" ou "Creed" auraient pu figurer dans la liste.

-nominer 8 à 10 acteurs dans chaque catégorie de "meilleur acteur". "Elargir les nominations des acteurs pourrait favoriser plus de concurrents noirs, hispaniques ou asiatiques", lit-on dans le Times.

-retirer le droit de vote aux membres de l'académie qui n'ont pas eu d'activité dans l'industrie cinématographique depuis plusieurs années

En revanche, il ne serait pas question de modifier le mode de scrutin qui détermine l'élection des nominés.

 

La cagnotte du Powerball a atteint 1,5 milliards de dollars pour le tirage du 13 janvier 2016. Affiche devant une épicerie dans les rues de Washington DC.

Les étranges règles de la supercagnotte du Powerball

Chaque combinaison de numéros n'a qu'une chance sur 292 millions de l'emporter. Pourtant, les Américains se ruent en masse dans les "corner stores" pour acheter un billet de loterie et tenter leur chance au Powerball, l'équivalent américain de l'Euromillions, dont le tirage aura lieu mercredi 13 janvier au soir.

Une file d'attente dans une épicerie, à Washington DC.

Une file d'attente dans une épicerie, à Washington DC.

En jeu, une cagnotte jamais atteinte aux Etats-Unis : 1,5 milliard de dollars, soit plus d'1,3 milliard d'euros - de quoi acheter plus de 300 millions de Bigmacs.

Certains Américains parcourent des kilomètres sur les routes pour jouer - la loterie n'étant pas autorisée dans tous les états du pays. On a également vu des habitants de Washington se demander s'ils doivent acheter leur ticket dans le Maryland, non loin, afin de s'assurer qu'ils pourront conserver l'anonymat en cas de gain.

Ces situations insolites sont liées à la somme faramineuse qui est en jeu - résultat d'une politique récente de Powerball, qui favorise les gains rares mais aux montants élevés.

Mais c'est aussi le résultat du fédéralisme américain, qui laisse une grande place à chaque état pour déterminer ses propres lois.

Voici quelques unes des étranges règles qui régissent la cagnotte du Powerball :

Les billets ne sont pas vendus dans tous les états

Les billets du Powerball peuvent être achetés dans 44 états, le District de Columbia, les Îles Vierges et Porto Rico.

Dans certains états, le Powerball est interdit. C'est le cas du Nevada, qui compte de nombreux casinos, réticents à voir la loterie leur faire de l'ombre.

En Alabama, Mississippi et dans l'Utah, les opposants à la légalisation de la loterie invoquent régulièrement des arguments religieux.

Le gagnant doit révéler son identité... sauf dans 6 états

Le Delaware, le Kansas, le Maryland, le North Dakota, l'Ohio et la Caroline du Sud autorisent le gagnant à conserver l'anonymat. Dans tous les autres états, le nom du gagnant fera les gros titres.

Cependant, certains autres états "autorisent les gagnants à créer des sociétés à responsabilité limitée, de sorte que lorsque leurs noms sont annoncés, ce sont les entreprises et non les individus qui sont identifiés", précise NBC News.

En France au contraire, le gagnant de la loterie peut choisir de rester anonyme.

La cagnotte est soumise à l'impôt... qui varie selon l'endroit où vous avez acheté votre ticket

Aux Etats-Unis, les revenus issus de la loterie sont imposables. Le fisc américain prélèvera donc 25% de la somme remportée par un résident américain (qui possède un numéro de sécurité sociale ou un numéro de contribuable) avant même que le gagnant ne récupère son dû. Le taux grimpe à 30% pour les étrangers qui ne disposent pas d'un tel numéro.

Il faudra également payer l'impôt sur le revenu à l'échelle fédérale, qui est plafonné à 39,6%, précise CNN.

Ajoutez à cela les impôts locaux, qui varient en fonction des états. ABC donne l'exemple d'un gagnant vivant à New York, qui se verra ponctionner 8,8% par l'état de New York et 3,9% par la ville. Au contraire, d'autres états comme le Texas ne prélèvent pas d'impôts sur les gains. En fonction de l'endroit où votre billet a été acheté, la somme finale pourra donc être amputée de plusieurs millions de dollars.

Le paiement de la somme peut être réparti sur plusieurs années

Si les gagnants décide de retirer la totalité de la somme en une fois, il ne recevra "que" 930 millions de dollars de la part de Powerball. Pour obtenir 1,5 milliard, il faut accepter de recevoir des paiements annuels (de plus de 45 millions de dollars bruts par mois) pendant 30 ans - même après votre mort. Dans le premier cas, cela signifie payer, en une fois, une grosse somme au fisc. Dans le second, le gagnant devra payer des impôts chaque année. Il sera donc soumis à tout changement futur du code des impôts.

Selon une porte-parole de Powerball interrogée par le NYT, la plupart des heureux gagnants décident d'empocher le jackpot en une fois.

Tout le monde peut participer, même les étrangers qui ne vivent pas aux Etats-Unis... à condition de payer des taxes supplémentaires

Des "milliers" de Canadiens venus "de villes comme Vancouver, Toronto et Montréal pour avoir la chance de devenir le prochain milliardaire", selon le Washington Times. Et pour cause : la loterie est ouverte aux étrangers. Cela étant, ces derniers sont soumis à plus de taxes que les résidents américains. Le fisc prélève 30% de la somme gagnée par un étranger.

Avis à ceux qui veulent tenter leur chance : vous pouvez vous rendre aux Etats-Unis pour acquérir un ticket, ou mandater un individu ou une entreprise qui achètera un billet sur place pour vous. "'Une foule de sites propose de valider votre tirage sur le sol américain. Une copie du ticket doit ensuite vous être remise", explique le Huffington Post. A condition de payer des frais très élevés... et d'accepter le risque qu'on vous vole votre reçu en cas de jackpot.

Le tirage aura lieu à 23h heure de la côte est, soit 5h du matin en France.