[Feuilleton Trump #1] La construction du mur entre les États-Unis et le Mexique

Cela fait une semaine que Donald J. Trump est président, et contrairement à ce que l'opinion publique pensait: oui, il est réellement en train de mettre en place ses promesses de campagne.

Trump signe un nouveau décret presque toutes les heures, prenant des décisions controversées ayant un effet immédiat sur le pays.

Voici l'une des premières décisions que Donald J. Trump a prises: 

La construction du mur entre les États-Unis et le Mexique

 

C'est l'une de ses plus grandes promesses de campagne, construire un mur séparant totalement les deux pays. Cela pourrait débuter très rapidement, dès que le Congrès approuve le budget.

Selon le président cela coûterait 20 milliards de dollars.

Paul Ryan, membre du parti républicain et président de la Chambre des représentants a expliqué en début de semaine que le Congrès financerait cette construction au maximum de 14 milliards de dollars. Plus de 5000 agents de patrouille à la frontière devront être embauchés, un coût qui n'est pas prévu par Trump ou parle Congrès.

Donald J. Trump veut que le Mexique paye pour ce mur, ce que le président Mexicain, Enrique Peña Nieto refuse. Il a d'ailleurs annoncé jeudi 26 janvier qu'il avait annulé son voyage officiel aux États-Unis prévu le mardi 31 janvier et s'attendait à recevoir plus de "respect" de la part du président Américain. Les deux parties se retrouvent en total désaccord quant à la construction du mur entre les deux pays. 

Le président Mexicain a expliqué à maintes reprises que le Mexique ne payerait pas pour ce mur, ce que Trump refuse d'accepter.

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Notre équipe était à la frontière du Mexique au lendemain de la victoire de Donald Trump. Quelle est la réalité de la vie des Mexicains vivant à la frontière? Un mur serait-il la solution. Retrouvez le reportage de Claude Sempère et Régis Massini en cliquant sur ce lien

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Clémentine Boyer Duroselle

[Feuilleton Trump #2] Retour en arrière, le droit à l'avortement est en danger

Cela fait une semaine que Donald J. Trump est président, et contrairement à ce que l'opinion publique pensait: oui, il est réellement en train de mettre en place ses promesses de campagne.

Trump signe un nouveau décret presque toutes les heures, prenant des décisions controversées ayant un effet immédiat sur le pays.

Voici l'une des premières décisions que Donald J. Trump a prises:

 Faire du rêve des pro-life, une réalité

 

Le Président Trump a signé un décret interdisant toute assistance fédérale pour financer les aides à l'avortement à l'international (United Nations). Donald Trump avait promis dans son programme qu'il interdirait l'avortement dans les 100 premiers jours de son mandat. Un premier pas vers l'interdiction de l'avortement dans le pays. Un décret interdisant l'avortement aux Etats-Unis devrait donc être signé dans les 100 prochains jours.

Il avait d'abord expliqué en mars 2016 que les femmes qui y auraient recours recevraient une "forme de punition", avant de revenir sur ses mots et d'expliquer que les médecins effectuant une I.V.G. seraient sanctionnés. 

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Le Vice-président a participé à la manifestation pro-life "March for life" à Washington, vendredi 27 janvier. 

Alors que cette manifestation fait penser à la "Women's March" de samedi 21 janvier, cela n'a rien à voir. 

Cette marche dans les rues de la capitale existe depuis 44 ans, à la date de la décision de la Cour Suprême de légaliser l'avortement (1973).

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Clémentine Boyer Duroselle

[Feuilleton Trump #3] L'expulsion d'immigrants illégaux et la fin des villes sanctuaires

Cela fait une semaine que Donald J. Trump est président, et contrairement à ce que l'opinion publique pensait: oui, il est réellement en train de mettre en place ses promesses de campagne.

Trump signe un nouveau décret presque toutes les heures, prenant des décisions controversées ayant un effet immédiat sur le pays.

Voici l'une des premières décisions que Donald J. Trump a prises: 

Expulsion massive d'immigrants illégaux

 

Les "sanctuary cities" représentent un ensemble de villes aux États-Unis qui protègent des immigrants sans papiers. Les États ont des droits fédéraux qui les autorisent à prendre ce genre de décisions sans avoir besoin d'être approuvé par le Président ou le Congrès.


Plus d'une trentaine de villes sont considérées comme des villes sanctuaires, dont New York City, Washington DC, Los Angeles, Chicago, Détroit, Miami etc. (Voir liste complète des villes sanctuaires). Donald J. Trump a pris la décision d'annuler toute subvention fédérale pour ces villes sanctuaires. En soi, il ne veut plus que les sans-papiers vivant dans ces villes soient protégés d'une éventuelle expulsion. Les villes en question refusent cette décision, expliquant que les premières victimes de cette privation de fonds publiques. 


Ce décret demande également aux agences fédérales de commencer rapidement l'expulsion des sans-papiers, en commençant par ceux étant reconnu coupable ou accusé d'un crime, ayant commis une infraction ou ayant abusé d'un programme d'aide sociale. Pour cela, il faudra employer 10 000 nouveaux agents du bureau des douanes et de l'immigration. Des embauches qui n'ont pas été prévues dans le budget initial.

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Villes sanctuaires

Clémentine Boyer Duroselle

[Feuilleton Trump #4] Les pipelines sont à nouveau d'actualité

Cela fait une semaine que Donald J. Trump est président, et contrairement à ce que l'opinion publique pensait: oui, il est réellement en train de mettre en place ses promesses de campagne.

Trump signe un nouveau décret presque toutes les heures, prenant des décisions controversées ayant un effet immédiat sur le pays.

Voici l'une des premières décisions que Donald J. Trump a prises: 

Les pipelines sont à nouveau d'actualité 

 

Trump a signé mardi 24 janvier un décret pour relancer les projets d'oléoducs (également dits pipelines) Keystone XL et Dakota Access dont les constructions avaient été gelées sous l'administration d'Obama. Le nouveau président-élu a également choisi Scott Pruitt, un climato-sceptique, pour être à la tête de l'Agence de protection Gouvernementale.

Ce mode de transport des matières fluides achemine de l'eau douce, de l'oxygène etc., mais reste pourtant controversé à cause des matières dangereuses telles que le pétrole, des produits chimiques qui se mélangent dans les conduits.

Ces pipelines ont donc des effets immédiats sur l'environnement et les hommes: l'eau est empoisonnée, les pipelines sont construites en plein milieu des réserves Indiennes, etc.

Sioux anti-pipeline

Sioux anti-pipeline

 

Clémentine Boyer Duroselle 

[Feuilleton Trump #5] Réviser la réglementation des grandes industries

Cela fait une semaine que Donald J. Trump est président, et contrairement à ce que l'opinion publique pensait: oui, il est réellement en train de mettre en place ses promesses de campagne.

Trump signe un nouveau décret presque toutes les heures, prenant des décisions controversées ayant un effet immédiat sur le pays.

Voici l'une des premières décisions que Donald J. Trump a prises: 

Réviser la réglementation des grandes industries

 

Donald J. Trump a écrit un memorandum - différent du décret (note officielle) - à Wilbur Ross, le secrétaire Américain au commerce lui ordonnant de commencer une révision de la réglementation pour les industriels Américains dans le but de leur faciliter et d'accélérer les processus fédéraux règlementaires, c'est-à-dire: leur permettre de faire plus d'argent, plus rapidement, et avec moins de supervision.

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Clémentine Boyer Duroselle

[Feuilleton Trump #6] Gèle d'embauches et isolation du pays

Cela fait une semaine que Donald J. Trump est président, et contrairement à ce que l'opinion publique pensait: oui, il est réellement en train de mettre en place ses promesses de campagne.

Trump signe un nouveau décret presque toutes les heures, prenant des décisions controversées ayant un effet immédiat sur le pays.

Voici l'une des premières décisions que Donald J. Trump a prises: 

Gèle d'embauches et isolation du pays 

 

Donald J. Trump a donné l'ordre de geler les embauches du personnel dans les agences fédérales pour les postes qui sont en ce moment vacants. Cette décision n'inclue pas le personnel militaire. 

 

Les États-Unis quittent l'Accord de Partenariat Transatlantique le "Trans-Pacific Partnership Agreement ", également connu son le nom de TPP aux États-Unis est un traité de libre-échange entre les régions de l'Asie, des Amériques et du Pacifique. Lundi 23 janvier, Trump s'est désengagé de ce traité, signé il y a moins d'un an par l'ancien Président Barack Obama.

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Clémentine Boyer Duroselle

[Feuilleton Trump] Des prises de décisions déjà controversées

Cela fait une semaine que Donald J. Trump est président, et contrairement à ce que l'opinion publique pensait: oui, il est réellement en train de mettre en place ses promesses de campagne.

Trump signe un nouveau décret presque toutes les heures, prenant des décisions ayant un effet immédiat sur le pays.

Un décret est ce que les Américains appellent "executive order". Il fait partie de l'article II de la Constitution Américaine donnant au président le pouvoir exécutif. Ce pourvoir est maintenant entre les mains Donald J. Trump, il peut donc prendre des décisions rapidement et sans avoir besoin d'être approuvé par le Congrès.

Par exemple, un 'executive order' peut être signé pour envoyer des soldats à la guerre puisque le président est également le commandant en chef des armées.

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Retrouvez notre récapitulatif des décisions les plus importantes que le nouveau Président-élu a prises cette semaine dans notre diverse série d'articles. Le Feuilleton Trump se trouve  directement sur le blog et Géopolis, ou vous pouvez également cliquer sur la page qui vous intéresse ici:

#1 La construction du mur entre les États-Unis et le Mexique

#2 Retour en arrière, le droit à l'avortement est en danger

#3 L'expulsion d'immigrants illégaux et la fin des villes sanctuaires.

#4 Les pipelines sont à nouveau d'actualité

#5 Réviser la réglementation des grandes industries

#6 Gèle des embauches et isolation du pays

Clémentine Boyer Duroselle

[Video/article] Women's March: Que s'est-il passé? Quelle est la suite?

Les chiffres

Des millions de manifestants se sont opposés à Donald J. Trump samedi 21 janvier dans la capitale Américaine. Selon le site d'informations Américain Vox, trois fois plus de personnes se seraient rassemblées dans plus de 500 villes des Etats-Unis pour la Women's March que pour l'investiture de Donald J. Trump.

Erica Chenoweth, professeur à l'Université de Denver et Jeremy Pressman, professeur à l'Université du Connecticut ont travaillé ensemble pour faire un compte exact du nombre de personnes présentes lors de la marche, que l'on peut retrouver dans ce document Excel: étude d'Erica Chenoweth et Jeremy Pressman.  3,3 millions de personnes ont assisté à cette marche à travers le pays pour faire entendre leurs droits et manifester contre les propos sexistes du nouveau président. Ils en ont créé une carte représentative de l'engouement des Américains pour cette cause.

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Le site internet Vox explique que ces chiffres ne sont pas définitifs, "les chercheurs expliquent que la plupart des données qu'ils ont ne sont pas encore complètes et changeront dans les prochains jours, au fur et à mesure que les nouvelles estimations arrivent. Environ 200 marches autour des États-Unis publieront leurs chiffres dans les prochains jours", ce qui fera encore augmenter le nombre de manifestants.

L'organisation de la manifestation

L'événement a débuté à 10 heures du matin samedi avec une série d'orateurs tels que Madonna, Alicia Keys et Scarlett Johansson. Alors que la marche devait débuter à 13 heures, les organisateurs n'avaient pas anticipé autant de monde et ont pris du retard sur leur agenda. Il y avait un tel monde qu'ils n'ont pas pu suivre Constitution Avenue, la route prévue.

America Ferrera lors de son discours samedi 21 janvier à la Women's March

America Ferrera lors de son discours samedi 21 janvier à la Women's March

Cependant, la foule a pris des chemins différents envahissant la ville. Les femmes brandissaient des pancartes, portaient des bonnets roses faisant référence à "Pussy Hats", tout cela se passant dans la bonne humeur et sans débordement. Des hommes se sont également déplacés, pour montrer leurs supports pour la cause des femmes.

Photo/CNN.com

Photo/CNN.com

L'idée d'une retraitée qui a pris une ampleur considérable

Au lendemain de l'élection, Teresa Shook, avocate à la retraite, vivant à Hawaii était toujours sous le choc de la victoire de Donald J. Trump. Après les propos sexistes et inappropriés qu'il avait dit à propos des femmes, elle ne pouvait pas ne rien faire. "Comment est-ce-qu'on a pu en arriver là?", explique-t-elle à la chaine de télévision locale Hawaii News Show. Rapidement, elle a créé un groupe Facebook dans le but de regrouper le plus de femmes possible pour manifester à Washington le lendemain de l'investiture de Donald J. Trump. Tout a commencé avec 40 participants, la plupart d'entre eux étaient des amis de Teresa Shook explique le Los Angeles Times. Au lendemain de la création de cette page Facebook, Teresa Shook avait plus de 10 000 participants.

Screen Shot 2017-01-25 at 1.38.36 PMCette idée a pris un tel engouement, que plusieurs personnes ont décidé de créer la même chose dans leurs propres États, jusqu'au point où cela était devenu hors de contrôle. Des femmes, ferventes défenseuses des droits des femmes ont créé un site internet officiel, donnant toutes les informations pour participer à la marche de Washington, ainsi que celles prenant place dans d'autres villes.

Dans un même temps, elles en ont profité pour créer une nouvelle cause qui ira au-delà d'une marche au lendemain de l'investiture de Donald J. Trump.

Women' March est maintenant devenue un comité national comptant 21 employés qui continueront d'organiser des événements soutenant les droits des femmes. "La dernière élection à insulter, démolie, menacée la majorité d'entre nous [...] nous sommes confrontées à un futur incertain, vivant dans une peur nationale et internationale," explique leur site internet.

Notre équipe de France 2 Washington ont couvert l'événement Women's March. Un reportage signé Valérie Astruc et Régis Massini


BLOG WOMEN MARCH by ftv-geopolis

 

Clémentine Boyer Duroselle

Peut-on comparer l'investiture d'un président démocrate à celle d'un président républicain?

La photo comparant la foule présente à l'investiture de Donald J. Trump vendredi dernier et celle de Barack Obama en 2009 a fait le tour des réseaux sociaux ce week-end. Des chaines de télévision et des journaux influents se sont également laissé emporter par cette vague.

Dernière photo avant leur départ pour l'investiture de Donald Trump photo/AP

Dernière photo avant leur départ pour l'investiture de Donald Trump
photo/AP

Donald Trump est le président le moins populaire depuis Jimmy Carter, il y a 40 ans. Selon un sondage du Washington Post et  de ABC News, le nouveau président aurait moins de 40% d'opinions favorables.

Certes, il est impopulaire. Certes, son investiture a regroupé moins de personnes que ce à quoi l'on s'attendait. Est-ce une raison pour comparer son investiture à celle de l'ancien président démocrate, Barack Obama? Tout cela serait une affaire de démographie.

Carte des états-Unis Bleu: démocrates rouge: républicains Carte fait par Benjamin Starr/VisualNews>com

Carte des états-Unis
Bleu: démocrates
rouge: républicains
Carte faite par Benjamin Starr/VisualNews.com

Depuis bien longtemps, le District de Columbia ainsi que les états autour, tels que la Virginie, le Maryland, la Pennsylvanie, la Caroline du Nord, le Delaware, etc. sont des états démocrates.
Lorsqu'un président démocrate est élu, il est plus facile pour ces personnes de rejoindre Washington, puisqu'ils se trouvent relativement près de la capitale, contrairement à certaines personnes vivant dans des états républicains, plus éloignés.

Donald J. Trump a misé sa campagne présidentielle sur l'économie et l'immigration, cherchant le vote de la classe moyenne et des minorités. Cette population gagne entre 46 000 et 86 000 euros par an. Après avoir payé les dettes, les impôts, le loyer, les courses et autres dépenses de la vie quotidienne, il ne reste plus rien. (voir notre reportage de Valérie Astruc sur la classe moyenne)

Manifestation de la classe moyenne lors de la campagne présidentielle Photo/Hollywata/Flickr

Manifestation de la classe moyenne lors de la campagne présidentielle
Photo/Hollywata/Flickr

Cette population se bat pour vivre normalement, et pour avoir un salaire décent. Selon le ministère du travail et de l'emploi, 5% de la population, soit 18 millions d'américains, auraient entre deux et trois emplois pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles. ils ne sont pas tous républicains, mais pour les ceux qui souhaitent s'offrir un weekend dans la capitale pour assister à l'investiture d'un président républicain, cela coûte cher et parait hors de portée.

Le site d'information Vox a interviewé une femme venant du Minnesota et qui a économisé pour venir à Washington et assister à l'investiture. Contrairement, un président démocrate a déjà un bon nombre de ses électeurs vivant dans les états autour de waghington DC et qui peuvent venir dans la capitale plus facilement.
 Donald J. Trump n'arrive pas au pouvoir avec une popularité à son plus haut, mais cela est-il la raison d'une foule moins nombreuse lors de son investiture?

Lorsque George W. Bush est devenu le 43e président des États-Unis en 2001, seulement 300 000 personnes se sont montrées pour son investiture et son taux de popularité était de 62% selon le site internet de la Maison-Blanche. En janvier 2005, entre 100 000 et 400 000 personnes ont assisté à son investiture . 

Au final, ce n'est pas la première fois qu'une investiture républicaine attire moins de monde qu'une investiture démocrate.

George W. Bush lors de son investiture en 2005

George W. Bush lors de son investiture en 2005

George W. Bush était plus populaire que Trump lors de ses investitures, mais plus de monde a assisté à celle de Donald J. Trump. Selon les chiffres donnés par Reuters, il semblerait que la popularité du président et le nombre de personnes présentes lors des investitures n'ont aucune corrélations.

Si l'on en revient à comparer la foule d'un président démocrate et celle d'un président républicain, il est certain que le montage photo des deux investitures est subjectif.

Selon le comite d'investiture, 700 000 personnes se seraient regroupées sur le Mall, la sécurité intérieure quant-à elle, estime qu'entre 800 000 et 900 000 personnes auraient été présentes ce jour la.Comparer une investiture d'un president démocrate et celle d'un républicain n'est pas représentatif de la popularité du president élu.

 

Cependant, Obama était tout de même plus populaire que Trump lors de son investiture avec 78% de popularité et presque 2 millions de personnes à son investiture en 2009.

Note: L'article sera mis à jour dans la journée de lundi avec des interviews d'experts.

Clémentine Boyer Duroselle

Investiture: Qu'est-ce-qu'il se passera à la Maison-Blanche sous l'administration Trump?

Que compte faire Donald J. Trump dès son arrivée à la maison blanche?

A exactement midi (18 heures, heure française) Trump deviendra le 45ème président des Etats-Unis. Il avait promis qu'il commencerait à faire des changements drastiques dès le premier jour de son mandat, mais il est revenu sur quelques-unes de ses déclarations et en atténué d'autres.

Investiture de Bush Jr en 2005

Investiture de Bush Jr en 2005

"Meeting après meeting, Donald Trump a construit un édifice de promesses sur ce qu'il ferait dès son premier jour: construire un mur, arrêter la "guerre du charbon", cataloguer la monnaie chinoise comme monnaie manipulatrice. Son entourage se vante de tout ce qui pourra être accompli vendredi," explique Ashley Parker dans son article pour le Washington Post.

Comme souligné dans notre article "Investiture: comment se déroule la cérémonie," publié mercredi 18 janvier, "Il y a deux jours, Donald Trump a expliqué que "lundi sera le premier jour de son administration", s'attirant les moqueries des politiques et des médias." Sous-entendu; les premières décisions de son mandat ne seront pas prises le jour de son investiture, comme il l'avait annoncé quelques mois plus tôt.

La Maison-Blanche restera-t-elle blanche ou deviendra-t-elle dorée, comme certains s'amusent à dire sur Twitter?

Est ce que la Maison-Blanche deviendra-t-elle dorée maintenant que Mélanie va la décorer?

Est ce que la Maison-Blanche deviendra-t-elle dorée maintenant que Mélanie va la décorer?

"On ne peut pas tout soudainement peindre l'extérieur d'une maison en dorée. En réalité, la présidence reflète non seulement l'histoire qui s'écrit dans ces murs mais également la personne qui y vit," explique William Daley, chef de cabinet du Président Obama au Boston Globe, " La personnalité du Président Obama se mariait parfaitement avec le style de la Maison-Blanche, historique, traditionnel et conservateur en un certain sens. Trump se fout de tout cela."

Donald Trump rencontre Barack Obama à la Maison-Blanche le lendemain de l'élection

Donald Trump rencontre Barack Obama à la Maison-Blanche le lendemain de l'élection

Donald J. Trump respectera-t-il les traditions?

Depuis le début de la campagne présidentielle, Trump en a surpris plus d'un en ne respectant pas certaines traditions implantées depuis des années dans les campagnes présidentielles et à la Maison-Blanche: il refuse d'avoir une presse accréditée le suivant dans tous ses déplacements, ce que tous les candidats se sont toujours respectés de faire.

Photo/National Review

Photo/National Review

Il ne s'adresse que rarement à la presse et préfère de loin se défendre ou accuser des médias, journalistes et autres personnalités sur Twitter. Donald J. Trump est très actif sur ce réseau social, l'utilisant comme une arme contre les critiques à son égard. Il a également refusé de reprendre en main le compte officiel de la Maison-Blanche pour le président, préférant garder son compte personnel. 

Matt Viser, journaliste au Boston Globe questionne également les intentions du nouveau président quant à son envie de perpétrer les traditions qui représentent aujourd'hui les valeurs et la grandeur des Etats-Unis.

Le nouveau Président-élu recevra-t-il toujours les dîners d'Etats? Cela est devenu l'une des traditions les plus populaires suivies par les journalistes à la Maison-Blanche.

Comment prendra-t-il en main les rencontres avec les dirigeants internationaux? Continuera-t-il d'accueillir des équipes de sport, des militaires, des civiles et des personnalités pour des remises de prix et de médailles? "Sous la présidence de Trump, est-ce-que tout, même le pardon de la dinde de Thanksgiving sera toujours pareil?", se demande le Boston Globe.

La question que les médias se posent beaucoup en ce moment est: va-t-il embaucher un photographe officiel pour documenter son mandat? A moins de 24 heures de son investiture, il en a toujours pas nommé un, s'il décidait de n'embaucher personne, il romprait une tradition vieille de 54 ans, mise en place par le Président Lyndon Johnson en 1963.

Tous les présidents lui succédant ont toujours eu leurs photographes officiels, les suivants dans tous les déplacements et les moments clés de leurs présidences. Pete Souza passera vendredi son dernier jour en tant que photographe officiel de Barack Obama. Très populaire sur Instagram, il aura pris plus de 2 millions de photos lors des deux mandats du président.

"Dans le passé, les photographes ont capturé des moments émouvants et historiques tels que la Situation Room à la Maison-Blanche lors du raid de Ben Laden, le Président Bush lors du 11 septembre 2001, et la fusillade visant le Président Reagan en 1981," raconte le New York Post.

 

Photo de Pete Souza

Photo de Pete Souza

Cette décision d'avoir un photographe officiel restant avec le président dans tous ses mouvements venait de l'idée de rendre la vie du président à la Maison-Blanche la plus transparente possible, documentant chaque moment, qu'ils soient importants ou que ce soit de simples moments de la vie quotidienne.

La Maison-Blanche conserve toutes ces photos dans des albums papiers pour garder une trace de chaque passage d'un nouveau président à la Maison-Blanche.

Premier amendement de la Constitution des Etats-Unis: la liberté de la presse

Après une campagne présidentielle plus que chaotique et des relations tendues entre les médias Américains et Donald J. Trump, les journalistes s'inquiètent de l'avenir de la liberté de la presse.

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La liberté de la presse "Freedom of Press, Freedom of Speech",  est l'un des amendements les plus importants pour les Américains. Les journalistes accrédités à la Maison-Blanche ont publié une Lettre Ouverte à l'intention du Président-élu sur le site internet de la Columbia Journalism Review, affirmant que même si Donald J. Trump leur rend leur travail plus difficile à accomplir, cela ne les empêchera pas de le couvrir et de pointer du doigt les dysfonctionnements ou les réussites de son administration.

"Vous avez interdit à certains médias de vous couvrir, vous vous êtes emparé de Twitter pour vous moquer et menacer des journalistes en encourageants vos fans de faire la même chose," expliquent les journalistes faisant partie de 'la presse accréditée' à la Maison-Blanche dans sa Lettre Ouverte.

"Vous avez évité la presse dès que vous le pouviez et avez brouillé les pistes aux journalistes chargés de vous suivre dans vos déplacements. Vous avez ridiculisé un journaliste qui avait écrit quelque chose que vous n'aimiez pas, juste parce qu'il avait un handicap physique", continue la lettre.

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Dans un ton strict mais respectueux,  les journalistes ayant publié cette Lettre Ouverte font comprendre au Président-élu que leur limiter l'accès à son administration ne les empêcheront pas de faire leur travail correctement. Au contraire, les journalistes voient cela comme un défi.

"Vous pouvez décider que donner accès à votre administration aux journalistes ne vous servira à rien. Nous pensons que cela est une erreur de votre part, mais c'est votre choix. Nous sommes très bons pour trouver différents moyens pour trouver l'information que l'on veut."

Certains proches de Donald J. Trump avaient expliqué aux médias que le Président-élu voulait fermer la salle de presse de la Maison-Blanche pour en ouvrir une autre, plus grande, mais en dehors de la Maison-Blanche cette fois-ci, empêchant encore plus les journalistes de faire leur travail. Mike Pence, le Vice-president de Donald J. Trump a démenti cette rumeur jeudi 19 janvier lors d'une conférence de presse à Washington, DC.

Les journalistes ont accès à la Maison-Blanche depuis 1902 lorsque le Président Theodore Roosevelt leur a donné un espace de travail dans l'Aile Ouest, selon The White House Historical Association. "Les membres de la presse ont un espace de travail qui leur est dédié à la Maison-Blanche depuis l'agrandissement de l'Aile Ouest en 1902.

En soi, Donald J. Trump ne pourra pas remettre en question le Premier amendement de la Constitution des Etats-Unis mais cela ne l'empêchera pas de réduire l'accès de la presse à son administration et tout simplement, des hauts lieux du pouvoir américain: la Maison-Blanche et le Capitole.

Clémentine Boyer-Duroselle