[Revue de presse] Changement climatique: désespoir des habitants d'Alaska

 

Le New York Times du mardi 29 novembre consacre une double page aux habitants d'Alaska qui se retrouvent obligés de fuir leurs villes pour survivre.

Erica Goode est connue au New York times pour ses grands reportages. Cette fois-ci elle raconte l'histoire du petit village de Shaktoolik, à l'ouest de l'État, qui se bat pour survivre.

Le changement climatique les affecte directement; tempêtes, montée des eaux, vents violents qui détruisent les habitations... "Les énormes tempêtes sur la côte ouest sont différentes de celles de Miami ou New Orleans. Elles sont beaucoup plus fortes, les ouragans peuvent atteindre la catégorie 1 (sur 5), et leurs diamètres sont dix fois plus gros, donc elles couvrent une plus large zone et durent plus longtemps," explique Robert E. Jensen, un chercheur de l'organisation Army Corps of Engineer Research and DevelopmentCenter.

Les habitants de Shaktoolik pensent que ces tempêtes sont de plus en plus fréquentes et puissantes, selon Erica Goode .Cependant, ces tempêtes ne sont pas la raison principale des inquiétudes des alaskains, le littoral subit l'effet direct de la montée des eaux, " l'eau arrive presque à leurs seuils de porte," explique le New York Times.

La hausse des températures est la première conséquence des émissions massives de gaz à effet de serre. Les glaciers fondent à une vitesse inattendue, ce qui fait de l'Alaska une cible facile.
La ville a déjà été déplacée trois fois par le gouvernement Américain, cependant les localisations n'ont en aucun cas réglés le problème et coûtent plus de 200 000€ à la ville et au gouvernement  à chaque fois.

Maintenant, les habitants doivent choisir entre rester dans le village et trouver un moyen pour lutter contre la montée des eaux, ou bien déménager une quatrième fois."Le gouvernement a choisi des lieux qui mettent ce village à la merci des tempêtes sévères," explique la journaliste du New York Times.

Cette fois-ci, Shaktoolik a choisi de rester où elle est et de construire des barrages et protections pour ses habitants en cas de montée des eaux.

Clémentine Boyer Duroselle

[Revue de presse] "Etes-vous prêt à mourir?" dit un chauffeur de bus d'école, peu avant l'accident mortel

Johnthony Walker, 24 ans conduisait quotidiennement un bus scolaire, transportant une douzaine d'enfants dans la petite ville rurale de Chattanooga dans le Tennessee. Lundi 21 novembre, alors qu'il avait pour mission de déposer ces enfants chez eux après l'école, il a provoqué un accident mortel.
Jasmine Mateen explique à CBS News que sa fille, présente dans le bus au moment de l'accident, lui a raconté après coup que Walker avait dit sur le ton de la rigolade: "êtes-vous prêt à mourir?". "Ma fille m'a dit que juste avant que le bus se retourne, il avait accéléré dans le virage", explique Mateen. Sa fille, 6 ans s'éteindra quelques heures plus tard à l'hôpital, de la suite de ses blessures.

Le conducteur aura au total tué cinq enfants entre 5 et 10 ans, et blessé 24, qui sont à ce moment même encore hospitalisés. Non, ils n'étaient pas prêts à mourir.

Walker a été accusé de cinq chefs d'accusation pour homicide routier, et mise en danger d'autrui. ce dernier conduisait à plus de 50 km/h au-dessus de la limite imposée, selon la police locale en charge de l'investigation. Walker a été empriosonné sous une caution de 107 500 $ pour une comparution devant le tribunal le 29 novembre prochain selon CBS News.

Dans une interview pour le Washington Post, Ed Wilson, un témoin de l'accident raconte qu'il pouvait "entendre les enfants crier et pleurer, ils essayaient en même temps de ce sortir du bus" par les fenêtres puisque le bus était renversé sur le côté.

Gwenevere Cook, la mère du conducteur du bus a expliqué à CNN mardi 22 novembre que son fils lui avait envoyé un message peu de temps après l'accident pour lui dire qu'il l'aimait et qu'il venait juste de vivre un "accident dramatique"."Il essayait d'aider les enfants à sortir du bus, ils étaient tous blessés, il y avait du sang partout." dit-elle à la chaine de télévision Américaine.

Selon The national Highway Trafic Safety administration (L'Administration nationale de la sécurité routière), sur un total de 480 000 bus scolaires aux États-Unis, il y aurait eu 134 morts cette année: "seulement 8% de ces fatalités sont des passagers de bus, la plupart d'entre eux sont des cyclistes et piétons".

 

Clémentine Boyer Duroselle

L'appropriation culturelle fait débat dans l'Amérique post-Trump

Depuis l’élection de Donald Trump, certains Américains redoutent la libération de la parole raciste. Dans ce contexte, nous revenons sur la notion d' "appropriation culturelle" - l'appropriation de la culture d'une minorité par les blancs. Régulièrement critiquée par les médias conservateurs comme Breitbart (pro-Trump), elle s'est imposée depuis longtemps dans le débat public aux Etats-Unis.

Miley Cyrus peut-elle "twerker" (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d'Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une "soirée tequila" en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ? 

Le twerk de Miley Cyrus

Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d' "appropriation culturelle" ou "cultural appropriation", une expression qui s'est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times"Je définis l'appropriation culturelle comme l'utilisation, sans autorisation, d'un élément d'une culture'' minoritaire par la culture dominante, explique George Nicholas, un professeur canadien qui travaille sur les questions de propriété intellectuelle et d'héritage culturel.

Le dreadlock-gate chez Marc Jacobs

Récemment, c'est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d'appropriation culturelle : la mode occidentale s'est toujours inspirée d'autre cultures (comme l'a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). Alors, à quel moment ces emprunts deviennent-ils "inappropriés" ? "Depuis toujours, les sociétés humaines ont emprunté des éléments les unes aux autres. Le moment où cela devient problématique, c'est lorsque les héritages sont utilisés de manière systématique et sans que les héritiers de la culture puissent donner leur avis," estime Nicholas, qui conseille aux designers de travailler avec les peuples concernés et partager leurs recettes avec eux.

En septembre, la question de l'appropriation culturelle s'est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L'auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l'indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s'étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d'un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l'intervention, une écrivain d'origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l'attitude de l'auteur "découle de la suprématie raciale."

"Tous les lecteurs devraient se sentir offensés par le coup de Lionel Shriver avec le sombrero" juge Michael North, un professeur de littérature anglo-américaine qui travaille notamment sur la littérature post-coloniale, ajoutant que les bons auteurs se doivent d'éviter l'emploi de tels stéréotypes et "fausses généralisations".

Pour autant, il ne porte pas un regard négatif sur les auteurs blancs qui se mettent dans la peau de personnages de couleur.  "Il existe des cas typiques dans la littérature, où un auteur anglo-saxon blanc a écrit des romans sous le nom de plume d'un amérindien, en s'appropriant l'expérience de groupes sans en avoir le droit,'' raconte North. "Mais c'est aussi ridicule que de critiquer une auteur parce qu'elle écrit au sujet d'un homme. Aux Etats-Unis, on présuppose souvent que l'on n'a pas le droit de s'approprier l'expérience des autres peuples.'' Il cite Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, parues en 1884. Le livre, concède-t-il, est très controversé aux Etats-Unis ou certains le qualifient de raciste, notamment car il emploie le mot "nègre". Selon lui, cette critique "est en partie liée au fait que Twain mettait en scène un personnage Afro-Américain en s'exprimant pour son compte."

Histoire et melting pot

 Pourquoi la notion d'appropriation culturelle est-elle si courante aux Etats-Unis ? North met cela sur le compte d'une société très hétérogène, historiquement composée de nombreux migrants (et de leurs enfants). Selon le dernier recensement, 77% des Américains s'identifient comme blancs. Les minorités les plus nombreuses sont les hispaniques ou Latinos (17,6%) et les noirs (13,3%). "Nous avons aussi une histoire particulière avec les questions de race - une histoire exceptionnellement difficile'' qu'il faut prendre en compte, affirme North.

Les plaies de cette histoire récente sont encore ouvertes. Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey's Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l'appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. "On a fini de regarder et d'attendre pendant que cette invention appelée la blancheur [whiteness] nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s'il s'agissait de pétrole, d'or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges."

Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l'actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d'appropriation culturelle. "Tout le monde s'approprie des choses... Les Japonais, les noirs, les Espagnols, nous nous approprions tous quelque chose les uns aux autres," déclarait-elle alors. La sortie de Goldberg a déclenché une avalanche de critique sur les réseaux sociaux. 

``Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu'à un moment tout est appropriation," estime de son côté le professeur North. "Rien de ce que nous faisons en ce monde n'est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel.'' Le spécialiste de la littérature pointe du doigt une "étrange incohérence": "on s'intéresse aujourd'hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique.'' Dans le même temps, la société américaine est plus sensible que jamais à l'appropriation culturelle.

Une nuit à Bangkok

Et en effet, cette incohérence peut donner lieu à des situations incongrues. Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s'est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l'événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La "Nuit à Bangkok" est devenue un soirée "Métropole tropicale". "Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture," raconte Kae Burke, l'une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une "femme blanche américaine privilégiée" et précise qu'elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir "collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée."

Burke a de l'empathie pour ceux qui se sont offusqués de l'appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, "nous organisons des fêtes dans un club. Nous n'essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays," explique-t-elle. "Lorsqu'ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée."

Certains commentaires sont cinglants. "Les mêmes difficultés que les Thaïlandais combattent sur notre propre sol sont perpetuées, consommées et mises à profit... sur le sol américain,"  écrit อาลียา วัชร (ou alia vajra) sur Facebook. Elle cite des passages de la description de la soirée, dont certains font notamment allusion à la prostitution et au trafic sexuel.  "Quid de ceux qui n'ont jamais visité la Thailande ? (...) vos `features' comme le thé glacé, le Pad Thai, les criquets frits et les allusions sexuelles, etc, seront [leur première impression ] d'une culture et d'un peuple qui est tellement plus complexe," écrit-elle. "Bien que ce soit parti d'une bonne intention et d'une volonté de s'amuser, cela donne le sentiment d'être dégradant et réducteur." Elle qualifie la description de l'événement de "propagande raciste".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".


"Les choses ont changé," conclut quant à elle, Kae Burke, la gérante du club. "Les gens sont beaucoup plus sensibles aux questions culturelles qu'il y a dix ans. Il y des personnes qui recherchent des raisons de se plaindre. Et nous, nous devons naviguer dans cette sorte de cri permanent et faire en sorte de respecter les sensibilités de chacun. Nous voulons être sexy et drôles et ne pas nous prendre trop au sérieux. Mais certaines choses ne sont tout simplement plus drôles."

A.N.

[Revue de presse] Le rêve américain est-il déjà un lointain souvenir?

Leurs parents sont souvent Mexicains, ces enfants sont arrivés aux États-Unis très tôt dans leur enfance, ont suivi leurs scolarités dans le pays, parlent couramment anglais, et pourtant... 750 000 d'entre eux se retrouvent menacés d'expulsion.

C'est l'histoire que le Wall Street Journal raconte dans son édition du lundi 21 novembre. "Les rêveurs ont peur du futur," titre l'article de Miriam Jordan.

Ces "dreamers" comme disent les Américains bénéficient d'un programme d'immigration ordonné par le président Obama et mis en place en 2012. Le ‘Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA)’ permet aux enfants arrivés dans le pays illégalement avant leur seizième anniversaire et avant juin 2010 de bénéficier d'un visa particulier.

Ce visa également appelé "DACA'" leur permet de travailler sur le territoire américain pendant deux ans, il est renouvelable une fois et les bénéficiaires de DACA ne peuvent pas être expulsés, cependant ils ne peuvent pas non plus recevoir la nationalité américaine.

Le Wall Street Journal raconte l'histoire de Maria Xirun, originaire du Guatemala. Elle est arrivée aux États-Unis avec sa famille lorsqu’elle n’avait que 4 ans. "Sans DACA, je vais perdre ce job que j'adore, je pourrais être expulsée," dit-elle au journal. Maria est une jeune femme de 21 ans vivant à Los Angeles, elle est tétanisée à l'idée que Trump pourrait éliminer ce programme.

En effet, le président élu avait assuré pendant sa campagne présidentielle, qu'à son arrivée à la Maison-Blanche, il éliminerait immédiatement les actions exécutives de l'administration Obama, dont le programme DACA fait parti. "Mr Trump, s'il vous plaît, ne m’enlevez pas ce programme, " prie Maria dans sa voiture.

Le cas de Maria n'est pas isolé, Le Wall Street Journal explique que de nombreux immigrants se demandent s'ils pourront rester dans ce pays ou s'ils peuvent même renouveler leurs visas de deux ans. " Beaucoup se demandent s'ils doivent renouveler leur statut, parce que la participation à ce programme coûte 500 dollars", écrit le quotidien.

S'ils renouent leur DACA mais que Donald Trump annule ce programme, ils perdront leur argent. Si Donald Trump décide de finalement l’approuver, les immigrants pourraient déjà avoir quitté leurs emplois pour retomber dans l'illégalité, dans la peur d’être expulsés.

" Aucun président ne devrait avoir à abandonner des emplois dans le pays pour des gens qui n'ont aucun droit d'être ici," explique Dan Stein, Président de la Fédération pour la Réforme de l'immigration Américaine.

Les républicains sont opposés à cette réforme, certains États, comme le Michigan, empêchent même les bénéficiaires de DACA, qui sont maintenant immigrants légaux, d’avoir un permis de conduire américain. 221 républicains (sur 431 membres) de la chambre des Représentants ont voté en 2013 pour cesser de financer cette réforme.

Le New York Times a également écrit à ce sujet le 19 novembre dernier. Le journal a interviewé Daniel Garza, Président de l'Initiative Libre, une organisation conservatrice qui défend les immigrants latinos. "Ces enfants vont être exposés si DACA est annulé, et c'est vraiment injuste," explique Garza au New York Times, " on devrait garder les familles ensemble, pas les séparer. "

Clémentine Boyer Duroselle

Racisme sur les campus américains: “les femmes blanches ne devraient pas sortir avec des hommes noirs”

Les étudiants noirs de l’université méthodiste du sud (SMU) à Dallas au Texas, ont été victimes d’actes racistes sans précédent
Selon le Daily campus, le journal de l’université, les étudiants retrouvent des flyers appelant au boycott des Afro-Américains sur le campus depuis dimanche dernier.
Ces flyers déclarent avec des mots crus et violents qu'il est dangereux de sortir avec des hommes de couleur: “Il va probablement t’agresser sexuellement”, “il va probablement te donner des maladies sexuellement transmissibles”, “tes enfants seront certainement stupides”.

Screen Shot 2016-11-18 at 3.43.14 am

L'université a publié une déclaration sur son site internet mardi, appelant ces flyers “agressifs”, et expliquant que ces déclarations racistes ne reflétaient pas les valeurs de l'université. “L'université méthodiste du sud condamne les messages haineux et racistes de ces flyers. Ce genre de message n’a pas sa place à SMU et s’oppose à nos valeurs”. 

Déclaration de l’université méthodiste du sud

Déclaration de l’université méthodiste du sud

Ces flyers ne font pas directement référence à Donald J. Trump, qui a le soutien des nationalistes blancs. Cependant le Dallas Morning News rapporte que la droite alternative américaine, un groupe de suprématistes blancs, attire de plus en plus d’attention depuis l’élection de Trump.

Cela c'est même agravé depuis la nomination, de Stephen K. Bannon, un politique réputé d'extrême droite, au poste de chef de la stratégie de la Maison-Blanche.

Screen Shot 2016-11-18 at 3.46.01 am

Cet incident n’est pas isolé. En effet, le Southern Poverty Law Center, qui s'occupe de surveiller les associations et individus d'extrême droite, compte déjà plus de 200 plaintes pour crimes haineux depuis l'élection du nouveau président. 

Flyer d'un groupe d'extrême droite retrouvé sur un campus en Floride

Flyer d'un groupe d'extrême droite retrouvé sur un campus en Floride

 
L’université du Michigan a également retrouvé des flyers similaires sur son campus, et le journal étudiant Oudaily de l’université d’Oklahoma, raconte qu’ils ont également retrouvé des flyers prônant la haine envers les Afro-Américains. 

Les étudiants de diverses universités se retrouvent parfois directement victimes de tels actes racistes. 
Une étudiante noire de l’université de Baylor au Texas a dit aux médias américains qu’un homme caucasien l’avait délibérément poussée lorsqu’elle marchait pour aller en cours, et ce, un jour après l’élection présidentielle.

Quelques jours plus tard, un homme blanc a menacé une étudiante de la mettre en feu si elle n'enlevait pas son voile immédiatement, selon les autorités locales. 

 

Clémentine Boyer Duroselle

[Revue de presse] Adam Crapser: adopté il y a 38 ans et se retrouve expulsé vers son pays d’origine

Il fait partie des 35 000 adoptés qui n’ont jamais reçu la nationalité américaine lors de leurs adoptions aux États-Unis. Ses parents adoptifs n’avaient jamais complété les documents de l'immigration américaine pour que leur fils devienne citoyen.

Les médias américains s’arrachent tous l’histoire de cet homme de 41 ans, qui va devoir vivre dans un pays qui n’est pas le sien, loin de sa famille, dont il ne connaît pas la culture et n’en parle pas la langue.

Pourquoi est-ce-que le gouvernement américain n'a pas reconnu les enfants étrangers adoptés aux États-Unis comme citoyens américains? Notre article du 21 septembre dernier revient sur le couac du système d’immigration américain et la responsabilité des parents dans cette affaire. Les enfants adoptés aux Etats-Unis entre les années 1950 et 1980 n'ont pas reçu la nationalité américaine.

Jusqu'à récemment, Adam Crapser vivait à Vancouver dans l'État de Washington avec sa femme enceinte, et ses deux filles. “Il était barbier mais avait décidé de devenir père au foyer”, écrit le Washington Post.

Adam Crapser et sa famille. (Photo credit: AP Photo/Gosia Wozniacka)

Adam Crapser et sa famille. (Photo credit: AP Photo/Gosia Wozniacka)

Adam Crapser a été expulsé vers son pays d’origine jeudi matin selon l’AFP. Il serait arrivé à Séoul, la capitale de la Corée du Sud “à bord d’un vol commercial et escorté par des officiers de justice du Département de la Sécurité Intérieure américaine”, explique l’Agence de Presse Française.

Le New York Times daté du jeudi 17 novembre consacre un article à sa mère, Kwon Pilju. À 61 ans, elle essaye d'apprendre l'anglais avant l'arrivée de son fils. “J’ai tellement de choses à lui dire, je veux lui dire que je suis infiniment désolée. Mais c’est une cause perdue, je ne connais pas l’anglais et il ne peut pas parler coréen,” dit-elle.

Kwon Pilju attend l'arrivée de son fils en Corée du Sud. Crédit Photo/ le New York Times

Kwon Pilju attend l'arrivée de son fils en Corée du Sud. Crédit Photo/ le New York Times

Elle avait dû abandonner Adam à l'âge de trois ans, après avoir fui un mari violent et vivant dans la pauvreté extrême. Kwon Pilju n’a pas arrêté de penser à son fils pendant ces 38 ans séparés l’un de l’autre.

Choe Sang-Hun, auteure de l'article, raconte que la mère d’Adam Crapser a décoré une chambre dans sa petite maison pour son fils qui restera vivre avec elle. Elle se sent toujours coupable d’avoir abandonné son enfant en pensant tout simplement lui offrir une vie meilleure. Elle n’avait aucune idée, qu'en réalité les parents adoptifs de son fils le battaient et l’avaient abandonné alors qu’il n’était encore que mineur. “Je n’avais jamais imaginé qu’il aurait eu ce genre de vie difficile,” raconte-t-elle au journal américain, “j’aurais dû le garder avec moi (...) ce que j’ai fais est un péché impardonnable.”

 

Clémentine Boyer Duroselle

[Revue de presse] Le New York Times s'en prend à Donald Trump, ce dernier contre-attaque

Le New York Times (NYT) qui est délibérément contre le président élu, Donald J. Trump, lui accorde 6 pages et 12 articles décortiquant son programme, ses idées et son comportement dans une section appelée "le 45e président". Mr. Trump, déjà en conflit avec le journal, a répliqué dans une série de tweets critiquant la ligne éditoriale du New York Times.

Background check - Vérification des antécédents

Mr. Trump et Mr. Giuliani, ancien maire de New York, sont amis de longue date. Ils se rencontrent régulièrement dans les soirées mondaines de la haute sphère de New York. Mr. Giuliani était un fervent défenseur du Parti Démocrate jusqu'en 1970 où il s'est rabattu du côté des Indépendants. Ce n'est que 10 ans plus tard, dans les années 80, qu'il est officiellement devenu Républicain.

Rudy Giuliani est pressenti pour le poste de secrétaire d'État de l'administration Trump. C'est là que le NYT attaque. Mr Giuliani a travaillé avec le groupe d'opposition du gouvernement Iranien Mujahedeen Khalq, réputé marxiste, "acceptant de l'argent alors que ce groupe était sur la liste des terroristes au département d'État," explique le NYT.
Le journal se questionne également sur le choix de Donald J. Trump qui offre à l'ancien maire un poste à la Maison Blanche.

Le journal explique que James A. Thurber, directeur du Center for Congressional and Presidential Studies à American University, pense que son passé devrait le disqualifier pour un tel poste : "cela créer un conflit d'intérêts avec les chefs d'Etats des pays avec qui il a travaillé," explique Thurber au NYT.

Behind the scenes - Les coulisses

"Je suis le seul qui connait les noms des finalistes," déclare Trump dans un tweet après avoir reçu des critiques et des appels de mécontents, disant qu'il prenait trop de temps pour choisir les candidats aux postes importants de son administration.

Screen Shot 2016-11-17 at 2.25.31 am

Tweet de Donald J. Trump: " Comme je décide de mon cabinet et de pleins d'autres postes, c'est un processus très organisé. Je suis le seul qui connaitt les noms des finalistes."

Au sein même du parti, les politiques se font la guerre pour avoir les positions les plus convoitées. Et au contraire, certains membres du Parti républicain refusent de s'investir dans l'administration Trump, créant un drame dans le parti. "Il y a quelques complications dans ce processus parce que Donald J. Trump, qui n'a pas d'expérience en politique ou à Washington, [...] n'a pas beaucoup de contacts avec les politiques des administrations du père et du fils Bush (ndlr: Trump ne peut donc pas s'en inspirer)", écrit le NYT.

Policy directions - Les directions politiques

"Pendant sa campagne présidentielle, Donald J. Trump a éreinté le Département des anciens Combattants, le sommant de "désastreux" et de "département le plus corrompu des États-Unis".
Le NYT donne tout de suite le ton. Ce département rencontre en effet quelques difficultées de gestion et de finance.
"Donald J. Trump sera-t-il capable de le sauver?", se demande le quotidien.
Selon le NYT, l'administration Trump voudrait prouver que les idées républicaines en matière de santé publique sont bien meilleures que les idées démocrateslaissant complètement de côté l'amélioration des soins de santé pour les vétérans.

Le département des anciens Combattants sert en moyenne 6 millions de vétérans par an. Cela coûte à l'Etat plus de 170 milliards d'euros chaque année.

Trump compte bien prendre soin des anciens combattants et veut augmenter le budget qui lui ait accordé chaque année. Cependant il veut faire cela en augmentant le prix de l'assurance pour les vétérans. Ces derniers devront donc dépenser plus chaque année pour leurs soins de santé, sachant que 1,4 millions d'entre eux vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

C'est là que le journal attaque le nouveau président élu, expliquant que, encore une fois, il ne s'occupe pas des Américans dans le besoin et favorise ceux qui ont une situation bien plus aisée.

Changing the rules - Changer les règles

Mr. Trump veut défaire ce que Barack Obama a construit pendant ses 8 ans à la Maison Blanche. Cette situation n'est arrivée qu'une seule fois dans l'histoire de la politique américaine. Le NYT explique qu'environ 150 règles (exécution des lois) pourraient être ainsi modifiées. "Des douzaines de réglements importants que l'administration Obama a récemment passée pourraient être annulées d'un coup de stylo par Donald J. Trump et les républicains qui contrôlent le Congrès," explique le journal.

Voici les principaux changements que le nouveau président républicain pourrait faire:

  • Modifier des lois environnementales (Rappel: Donald J. Trump pense que le réchauffement climatique est un hoax inventé par les Chinois
  • Annuler une régulation sur la nourriture et les médicaments interdisant les savons anti-bacterientsdangereux pour la santé 
  • Obligation pour les entreprises de fournir des arrêts maladie à leurs employés
  • Annulation des prêts étudiants pour ceux dont les universités ont fait faillite

Tweet de Donald J. Trump: " Je dois décider de mon Cabinet et d'autres postes, c'est un processus très organisé.

Tweet de Donald J. Trump: " Incroyable, le NYT est en train de perdre des milliers d'abonnés à cause de leurs mauvais et faux reportage sur le 'phénomène Trump'."

Climate policy - Politique environnementale

Les dirigeants de nombeux pays s'inquiètent de voir arriver Donald J. Trump à la tête des États-Unis. Le New York Times se demande si Trump reculera face à l'accord de Paris qui engage plus de 190 pays à développer des projets pour combattre le réchauffement climatique

Selon le quotidien américain, les ambassadeurs présents mardi dernier lors d'une réunion  à Marrakech au Maroc, étaient choqués de l'élection du candidat républicain
Salaheddine Mezouar, ministre des affaires étrangères au Maroc compte sur les Etats-Unis pour s'investir dans ce projet de protéger notre environement. "On veut évidemment voir les États-Unis avec nous dans ce projet. Ils ont un poids énorme et pourraient avoir un réel impact," explique-t-il. 
Lorsque Hillary Clinon était secrétaire d'Etat pendant le premier mandat de Barack Obama, elle s'était engagée à ce que les Etats-Unis investissent plus de 100 milliards d'euros chaque année pour aider les pays en développement à s'adapter au changement climatique. Sans le soutien financier des USA, "la majorité des contributions financières seraient enlevées," dit Mr. Mezouar.

 

Screen Shot 2016-11-17 at 2.25.08 am

Tweet de Donald J. Trump: " L'article de l'incompétent NYT a des transitions complétement nulles. Ca ne va pas en douceur. Aussi, j'ai parlé à pas mal de chefs d'Etats."

 

 Clémentine Boyer Duroselle

[Vidéo] Dr Walid Phares à propos de Donald Trump: "c'est un saut dans l'inconnu"

Professeur Walid Phares est spécialiste du Moyen-Orient et conseiller en politique étrangère de Donald J. Trump.

Dr. Walid Phares a basé sa carrière sur ses connaissances en terme de politiques étrangères et des conflits au Moyen-Orient. Après avoir conseillé le candidat à la présidentielle Mitt Romney en 2012, il est resté en politique. Il a été le conseiller en politique étrangère du candidat Donald J. Trump pendant sa campagne présidentielle et a de grandes chances de continuer sur sa lancée en étant conseiller de l'administration Trump.

Dr. Walid reconnait dans cette interview que Trump ne sera pas un président comme les autres, mais qu'il n'en sera pas pour autant discrédité : "c'est un saut dans l'inconnu dans le sens que Mr. Trump n'a pas été un politicien, ni un membre du Congrès, ni un membre du Sénat".

Il soutient également l'idée d'un Donald J. Trump plus calme et réfléchi que pendant sa campagne. Il compte en effet " arrêter toutes ces guerres," explique Dr. Walid Phares et faire des alliances et coalitions avec les pays occidentaux. "Il veut se réunir avec beaucoup de leaders mondiaux [...] mais il veut lancer un message très clair, nos alliés européens seront les premiers".

Notre interview en intégralité du Professeur Walid Phares par Jacques Cardoze, Chef du bureau de Washington D.C. pour France 2 et France Info.

Clémentine Boyer Duroselle

 

Les médias américains accusent Donald J. Trump d’être une menace pour la liberté de la presse

Cela fait à peine une semaine que Trump a été élu Président des Etats-Unis et les spéculations se font déjà sentir. Est-il capable d’expulser tous les immigrants illégaux ? Peut-il interdire l’avortement dans le pays ? Pense-t-il vraiment que le réchauffement climatique est une invention des Chinois?

Trump respectera-t-il la liberté de la presse ?

Nombreux sont les médias qui s’interrogent sur sa capacité à gouverner un pays. De renommés journaux tels que le New York Times et le Washington Post se demandent si le premier amendement, qui garantit la liberté de la presse, ne sera pas compromis.

Donald J. Trump a été interviewé dimanche dernier par Lesley Stahl sur CBS, pour la célèbre émission américaine 60 minutes. Lors de son interview, le nouveau président se voulait rassurant mais a tout de même expliqué qu’il ne se laissera pas faire si des journalistes lui font de la mauvaise publicité, « je trouverai un moyen de me battre contre eux,» a-t-il dit sur CBS.

trumpfamily-productionshot

C’est la première fois dans l’histoire de la politique américaine qu’un président élu est si menaçant envers la presse.

Trump a en effet confirmé ses dires en attaquant directement le New York Times sur twitter : « Incroyable, le New York Times perd des milliers d’adonnés à cause de leurs reportages médiocres et faux à propos du ‘phénomène Trump' ».

Screen Shot 2016-11-15 at 6.59.26 pm

Cependant, le futur président républicain a expliqué à Jim Rutenberg, journaliste au New York Times qu’il ne refusera pas les accréditations des médias américains et étrangers à la Maison-Blanche. « Non, je ne priverai pas la presse de ce droit, quand je représente la nation, » a expliqué Trump au New York Times.

Pourtant, la presse américaine reste prudente. Jim Rutenberg a exprimé ses craintes dans son article daté du 13 novembre 2016. «On a plus qu’à espérer qu’il ne pense pas ce qu’il dit. Parce que si Mr. Trump continue d’avoir la même attitude qu’il avait lors de la campagne présidentielle envers les médias, le futur nous réservera des jours très sombres ».

Photo/NBC News

Photo/NBC News

En effet, Donald J. Trump a été en conflit avec la presse pendant sa campagne présidentielle.

Que ce soit la presse ou le président élu, les deux partis avaient des torts. Le New York Times, le Washington Post et le Boston Globe soutenaient officiellement la candidate démocrate Hillary Clinton.

De son coté, Trump était aussi à blâmer de cette ‘love-hate’ relation avec la presse. Il avait en effet tenu des propos plus que compromettants et irrespectueux envers les journalistes.

Donald J. Trump s’était ouvertement moqué de Serge Kovaleski, journaliste ayant un handicap physique, pendant un meeting. Cela avait choqué l’opinion publique et humilié le journaliste en question.

Donald J. Trump se moquant Serge Kovaleski

Donald J. Trump se moquant Serge Kovaleski

Paul Farhi, journaliste au Washington Post a expliqué dans son article datant du 7 septembre dernier que le candidat républicain avait interdit l’accès de ses meetings à une douzaine d’organes de presse. Le Post n’avait également pas eu l’accès.

Trump refuse de prendre une photo avec des journalistes

Plus d’une quarantaine de journalistes ont suivi Trump pas par pas pendant sa campagne. Depuis des décennies, les journalistes voyagent avec les candidats à la présidentielle, sans jamais n’avoir causé aucun problème. Cela a été une bien différente expérience pour les journalistes accrédités pour suivre le candidat républicain.

Ils n’avaient, en effet, aucun accès à l’avion dans lequel Donald J. Trump voyageait, contrairement à sa rivale Hillary Clinton, qui voyageait dans le même avion que la presse. « Alors qu’il voyage dans le cocon luxueux de son Boeing 757 TRUMP, les journalistes le suivent à distance ou le précèdent à chaque étape dans un petit appareil, baptisé « Trump Pence Make America Great Again », explique Jennie Matthew, journaliste à l’AFP.

Historiquement, les candidats à la présidentielle prennent toujours une photo avec les journalistes qui les ont suivis, le dernier jour de leurs campagnes présidentielles.

Donald Trump n’a pas respecté cette tradition en refusant de prendre une photo avec les journalistes voyageant avec lui. Ces derniers ont alors pris une photo de groupe en utilisant une maquette de Trump en carton et à taille réelle. Jim Acosta, correspondent à la Maison-Blanche pour CNN a publié cette photo de groupe sur son compte Instagram, où l’on peut voir en haut à gauche de la photo, ce fameux Trump en papier taille réelle.

Photo de Jim Acosta, journaliste à CNN

Photo de Jim Acosta, journaliste à CNN

 

Clémentine Boyer Duroselle

Qui sera le 45ème Président des Etats-Unis ?

Ca y est, c'est le Jour J ! Voici un petit récapitulatif des choses à surveiller pour tout comprendre à la nuit électorale. Pour ne pas manquer les événements importants de cette journée, suivez notre guide.

Pour rappel, l'élection américaine est une élection indirecte. Aujourd'hui, les citoyens américains votent donc en fait pour des grands électeurs, qui, eux, voteront pour le président. Sur les 538 grands électeurs, il faut en gagner au moins 270 pour remporter l'élection.

Déroulé des événements

Tous les horaires qui suivent sont à l'heure de la côte Est, ce qui équivaut à -6 heures par rapport à l'heure française.

Pendant l'après-midi, il faudra surveiller le taux de participation en fonction des Etats et des régions : cela donnera en effet une idée de qui s'est déplacé pour aller voter. Les régions à la population éduquée et diverse (comme Miami, Charlotte, ou encore les banlieues de Philadelphie et d'Atlanta) sont a priori plus favorables à Clinton, tandis que les régions ouvrières (pensez par exemple à la Rust Belt du Nord-Est) semblent avantager Trump.

A 17h seront publiés les premiers sondages de sortie d'urnes : ils donneront des informations plus précises. Les chiffres à surveiller seront l'avance de Clinton chez les minorités, et celle de Trump chez la population blanche : des petits écarts présageront d'un résultat serré. Rappelons qu'en 2012, Barack Obama avait gagné 93% des voix des Afros-américains, et Mitt Romney 59% des voix des Blancs.

A 19h, les bureaux de vote ferment dans six Etats, et les résultats seront annoncés dans la foulée. Il s'agit de la Géorgie, de l'Indiana, du Kentucky, de la Caroline du Sud, du Vermont et de la Virginie - ce sont des petits Etats en terme de grands électeurs, et rien ne sera joué après ces résultats.

Les deux premiers gros Etats à fermer leurs bureaux de vote seront l'Ohio et la Caroline du Nord à 19h30. Avec respectivement 18 et 15 voix au collège électoral, ils pèsent lourds dans la balance. De plus, aucun candidat républicain n'a jamais été élu sans avoir remporté l'Ohio.

A 20h, il faudra garder un oeil sur la Pennsylvanie (20 voix) et surtout sur la Floride (29 voix), peut-être l'Etat le plus convoité de cette campagne. En effet, lors des élections présidentielles de ces dernières années, les Démocrates ont toujours remporté une base fixe de 18 Etats. Si Clinton les remporte à nouveau, et qu'elle remporte également la Floride, elle aura assez de voix pour être élue. A l'inverse, Trump doit absolument gagner la Floride pour espérer l'emporter. On pourrait donc avoir une idée du dénouement peu après 20h.

Les bureaux de vote du Midwest fermeront à 21h. Les Etats de la Rust Belt voteront-ils pour Donald Trump ? Le Colorado, swing state, votera-t-il pour Clinton, qui semble mener dans les sondages locaux ?

Un petit moment historique pourrait se produire à 22h. Rappelez-vous Evan McMullin, ce candidat indépendant qui se présente dans l'Utah. A 22h, avec la clôture du vote dans cet Etat, nous saurons s'il est le premier candidat indépendant à remporter un Etat depuis 1968.

A 23h, le reste des bureaux de vote de la côte Est fermeront - sauf ceux de l'Alaska, où l'on peut voter jusqu'à 1h du matin. Ce sont tous des solides bastions démocrates ou républicains, et on n'attend pas de grosses surprises de ce côté-là du pays.
Si le résultat n'est pas trop serré, on devrait donc avoir une idée du vainqueur aux alentours de 21h. Les résultats exacts, eux, arriveront plus tard dans la nuit.

Les bastions et les indécis

La carte ci-dessous combine les résultats des quatre dernières élections (2000, 2004, 2008 et 2012), et montre donc quels sont les red states, qui votent majoritairement républicain, et quels sont les blue states, qui votent majoritairement démocrate. Reste à voir quels changements induira l'élection 2016.

Red_state,_blue_state.svg

Légende
- rouge : républicain aux quatre élections
- rouge clair : républicain à trois élections sur quatre
- bleu : démocrate aux quatre élections
- bleu clair : démocrate à trois élection sur quatre
- violet : swing states, deux fois républicain et deux fois démocrate

Les devins

Certains comtés ont l'art de toujours soutenir le gagnant. Ainsi, le comté de Vigo, dans l'Indiana, vote pour le vainqueur depuis 1956 et s'est trompé seulement deux fois depuis 1888. Dans l'Ohio, les comtés d'Ottawa et de Wood font le choix du vainqueur depuis respectivement 1964 et 1976. A surveiller, donc - d'autant qu'ils sont situés dans des Etats où les résultats seront connus tôt.

Le bureau de France 2 Washington et les équipes de France Télévisions sont prêts pour vous faire vivre cette nuit électorale dans son intégralité, sur France 2, France 3 et France Infos. Nous serons aussi bien sûr présents sur les réseaux sociaux, où vous retrouverez les dernières informations en temps réel, ainsi que des photos inédites et les coulisses de cette dernière journée d'élection.

Suivez-nous sur Twitter en cliquant ici !

 

Anne Pouzargues