[Revue de presse] Barack Obama accorde des dernières réductions de peines

A moins de deux jours de la fin de son mandat, Barack Obama offre des réductions de peines et son pardon à plus de 250 prisonniers, "le plus souvent des vendeurs de drogues," selon Charlie Savage dans son article pour le New York Times. Ce nombre s'élève à 273 pour le Washington Post, "en tout, le président a réduit les peines de prison de 209 personnes et en a pardonné 64 autres". Le Wall Street Journal quant à lui, annonce que Barack Obama a offert son pardon à 212 prisonniers.

273 prisonniers ont reçu des réductions de peines ou le pardon du président selon le site officiel de la Maison-Blanche dans une déclaration faite mardi, "aujourd'hui, 273 prisonniers ont appris que le président leur avait donné une seconde chance". Cela vient à nous demander si tous les médias Américains vérifient leurs sources?

Site internet de la Maison-Blanche

Site internet de la Maison-Blanche

Néanmoins, tous se mettent d'accord pour dire que depuis 2014, Barack Obama a réduit des peines de prison à 1385 individus. "Plus que n'importe quel autre président," affirment le Washington Post et le Wall Street Journal dans une formulation de phrase exactement identique.

Tous concentrent leurs articles sur une lanceuse d'alerte qui a fait beaucoup parler d'elle ces dernières années: Chelsea Manning, une ancienne analyste du renseignement de l'armée Américaine.

Chelsea Manning

Chelsea Manning

En 2010, elle avait envoyé à Wikileaks des documents militaires classifiés secrets, et avait été jugéee par la justice militaire qui "lui a donné la plus longue peine de prison jamais donnée par les États-Unis pour des lanceurs d'alertes" écrit le New York Times. Elle devait rester en prison 35 ans.

Ces journaux citent également le républicain Paul Ryan, Président de la Chambre des représentants, "C'est tout simplement scandaleux" a-t-il déclaré.

Le NYT  explique avec plus de détails l'avis de Paul Ryan quant à la décision du président. Le journal le cite également lorsqu'il dit que c'est une décision qui met en danger la sécurité nationale. "Président Obama laisse maintenant derrière lui l'idée que ceux qui compromettent notre sécurité nationale ne seront pas tenus responsables pour leurs crimes" dit-il dans une déclaration à la presse mardi 17 janvier.

Un haut responsable de l'administration d'Obama défend la décision de ce dernier en expliquant que Chelsea Manning avait compris et avait déjà payé pour son crime. Il s'exprime au Wall Street Journal  sous le couvert de l'anonymat pour des raisons de sécurité, "Chelsea Manning est quelqu'un qui a accepté la responsabilité de ses actes".

Le Président-élu Donald J. Trump avait expliqué en 2010 vouloir la peine de mort pour Manning.

Lorsque Chelsea Manning a été arrêtée en 2010, elle s'appelait Bradley Manning à ce moment-là, explique le Washington Post. Seulement 24 heures après son arrestation, Chelsea Manning a expliqué être transsexuelle et voulait qu'on l'appelle par son nouveau prénom: Chelsea.

Elle avait commencé à prendre des hormones pour avoir petit à petit l'apparence d'une femme. Lorsque sa peine a été exécutée, elle n'avait pas encore eu sa chirurgie de réattribution sexuelle.

Le New York Times déclare qu'elle avait été envoyée dans une prison pour hommes au Kansas, "la décision d'Obama était de sauver Madame Manning, qui a essayé de se suicider deux fois l'année dernière, alors qu'elle se retrouvait en situation difficile en tant que transsexuelle dans une prison pour hommes".

Chelsea Manning est déjà emprisonnée depuis 7 ans et sera libérée le 17 mai prochain.

Screen Shot 2017-01-19 at 12.01.50 AM 2

Le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal ont brièvement parlé de James E. Cartwright, un général de l'armée Américaine qui avait menti au FBI lorsqu'il avait donné des informations classées secrète à des journalistes à propos du programme nucléaire iranien. Cartwright faisait partie de l'équipe de sécurité Nationale de l'administration Obama et se considérait comme proche du président.

Il avait plaidé coupable lors de son procès et sa sentence devait être prononcée avant la fin du mois. Il n'aura donc passé aucun jour en prison, explique le New York Times.

Clémentine Boyer Duroselle

Investiture: Comment se déroule la cérémonie?

Plus que deux jours avec ce moment tant attendu et redouté qu'est celui de l'investiture de Donald J. Trump. Il deviendra le 45ème Président des États-Unis à exactement midi, heure de Washington (18 heures, heure française) sur la pelouse ouest du Capitole.

Combien de personnes sont attendues?

Après la victoire de Donald J. Trump que personne n'avait prévue, la passation de pouvoirs entre Barack Obama et le nouveau Président-élu se fera comme prévu, le 20 janvier.

Le dispositif de sécurité mis en place pour vendredi

Le dispositif de sécurité mis en place pour vendredi

Un dispositif de sécurité considérable sera mis en place. La police, le FBI, l'armée et les services secrets se disperseront dans la ville pour éviter tout débordement et assurer la protection de personnalités. Barack et Michelle Obama seront présents ainsi que Bill et Hillary Clinton. L'ancien Président démocrate, Jimmy Carter est également le seul ancien Président à avoir répondu présent à l’invitation de Donald J. Trump d'assister à sa cérémonie.

Le Mall lors de la première investiture de Barack Obama

Le Mall lors de la première investiture de Barack Obama

Les services de l'ordre redoutent également des confrontations entre les pros et anti-Trump, déjà prévues et promues sur les réseaux sociaux.

Le Capitole a distribué 250 000 tickets à des membres du Congrès, des sénateurs et des journalistes. Les chiffres donnés quant au nombre de personnes qui se regrouperont sur le Mall diffèrent d'un média à l'autre. Lors de l'investiture d'Obama en 2009, plus de 2 millions de personnes se sont déplacées pour assister à la cérémonie.

Le dispositif de sécurité mis en place autour du Capitole, de la Maison Blanche et du Mall

Le dispositif de sécurité mis en place autour du Capitole, de la Maison Blanche et du Mall

Le coût de l'investiture

Le service de sécurité à lui seul coûtera dans 100 millions de dollars explique le New York Times: " le coût de la sécurité à elle seule dépassera les 100 millions de dollars".

Selon le NYT,  l'ensemble des événements coûteraient plus de 200 millions de dollars. Le joint congressional committee and Inaugural Ceremonies, le  Presidential inaugural Committee, le gouvernement fédéral ainsi que les différents États et gouvernement locaux se diviseront la facture. "Plus simplement, des donateurs privés et le contribuable devront payer," écrit le New York Times.

La sécurité mise en place lors de la seconde investiture de Barack Obama. photo/DallasNews

La sécurité mise en place lors de la seconde investiture de Barack Obama. photo/DallasNews

Le déroulement de la cérémonie d'investiture d'un nouveau président se déroule dans une série d'événements qui s'étendent sur trois jours.

L'agenda des prochains jours

Les festivités débuteront jeudi 19 janvier à 15h30, lorsque le Président-élu et son Vice-président participeront à une cérémonie commémorative au cimetière National d'Arlington. Un concert au Lincoln memorial suivra la cérémonie.

Vendredi sera le jour le plus chargé, les anti-trump s'attendent à voir moins de 100 000 personnes s'agglutiner sur le Mall, tandis que ces soutiens prévoient plus d'un million de visiteurs.

Que ce soit 100 000 personnes ou plus, Washington accueillera beaucoup de visiteurs en l'espace de quelques jours. Pour accueillir un tel monde, la ville a mis en place des nouveaux services de bus et heures de métro.

Les chanceux ayant des tickets sont invités à arriver sur les lieux entre 6 et 7 heures du matin pour avoir une place relativement près du nouveau Président-élu. Ceux sans tickets sont toujours les bienvenus à assister à la cérémonie mais seront regroupés beaucoup plus à l'écart du Capitole sur le Mall. Ceux qui sont intéressés par cette option sont le plus souvent des manifestants pro-Trump et pro-Clinton.

Des anti-Trump lors d'une manifestation. Photo/New York Magazine

Des anti-Trump lors d'une manifestation. Photo/New York Magazine

À midi, Donald J. Trump jurera sur la Bible devant le juge de la Cour suprême, John Roberts. Il se devra de prononcer ces exacts mots:

 "Moi, Donald John Trump, je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis. Que Dieu me vienne en aide."

Donald J. Trump a choisi la jeune chanteuse de l'émission "America's Got Talent", Jackie Evancho pour chanter l'Hymne National Américain.

Le cortège présidentiel et la parade organisée pendant l'après-midi laisseront une chance aux Américains d'apercevoir leur nouveau Président de plus près. La parade sera composée de 8000 lycéens et anciens combattants.

La parade lors de la seconde investiture de Barack Obama. photo/ Fox News Radio

Carte de la parade à travers Washington

Carte de la parade à travers Washington

Le soir même, le nouveau Président et la Première Dame seront invités au bal officiel organisé au Walter E. Washington Convention Center. Cependant, il est prévu qu'ils fassent également une apparition aux bals dits non-officiels organisés dans la ville.

Il y a deux jours, Donald Trump a expliqué que "lundi sera le premier jour de son administration", s'attirant les moqueries des politiques et des médias. Que fera-t-il pendant le weekend?

Deux derniers événements sont organisés samedi.

Officiellement un seul événement est prévu: une prière interconfessionnelle qui débutera à 10 heures à la Cathédrale Nationale de Washington, une tradition depuis la première investiture du Président Franklin Roosevelt en 1933.

Au même moment débutera un mouvement féministe "the women's march" pour manifester contre le nouveau Président-élu et les propos insultants qu'il a eu envers les femmes tout au long de sa campagne présidentielle. Plus de 100 000 femmes sont attendues.

Clémentine Boyer-Duroselle

[Vidéo] Fidel Castro: l'ultime pied-de-nez à 638 tentatives d'assassinats

Pendant plus d'un demi-siècle, la CIA a essayé par tous les moyens d'assassiner le leader Cubain, en passant des idées les plus sérieuses aux idées les plus farfelues, comme une pilule empoisonnée dans son milkshake au chocolat.

Fidel Castro était à la tête de Cuba jusqu'en 2006. Il avait laissé les commandes à son frère Raúl Castro pour des raisons de santé.

Il a survécu à plus de 600 tentatives d'assassinat, toutes sans même porter un gilet pare-balles, disait-il, il a défié plus de 10 présidents, et pourtant... Fidel Castro serait mort de mort naturelle.

«Le dirigeant historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro, est la personne qu'on a le plus souvent tentée d'assassiner", selon des documents trouvés dans les archives de la CIA lors de l'administration Clinton.

L'un des moments les plus historiques reste le débarquement de la baie des cochons en avril 1961. La CIA avait formé 1400 exilés cubains pendant l'administration de Dwight Eisenhower (républicain) et lancé l'opération au début du mandat de John Fitzgerald Kennedy (démocrate).

Ces exilés cubains avaient pour but de débarquer à Cuba pour renverser le gouvernement établi par Fidel Castro. L'opération a été un échec, cependant la CIA n'a jamais abandonné l'idée d'assassiner le leader Cubain.

L'équipe de France 2 Washington revient sur ces tentatives d'assassinat.

Un reportage réalisé par Valérie Astruc, Arielle Monange, Thomas Porlon et Andréane Williams.

Clémentine Boyer Duroselle

[Revue de presse] Et si un hallucinogène devenait un nouveau remède contre la dépression?

Le New York Times et le Washington Post du jeudi 1er Décembre 2016 parlent de deux études scientifiques  qui pourraient révolutionner les traitements pour les patients atteints de cancers, souffrant également de dépression et de crises d'angoisse.

"Une étude sur les hallucinogènes joue un nouveau rôle pour les drogues illégales," titre le New York Times.

Le Washington Post à l'inverse fait les gros titres sur un remède pour les crises d'angoisse, sans mentionner qu'il s'agit d'un remède concernant uniquement pour les patients atteints de cancers: "des psychédéliques ont été découvert pour réduire les crises d'angoisses," explique le quotidien.

Ce médicament en question est le psilocybin, un ingredient trouvé dans les champignons hallucinogènes, il a un effet immédiat sur la dépression et l'angoisse chez les patients atteints de cancers. "Le psilocybin était illégal aux Etats-Unis pendant plus de quarante ans," explique le New York Times, parce qu'il fait parti des drogues dites 'dures'.

Cette situation fait encore polémique aux Etats-Unis, certains chercheurs sont pour l'utilisation de cette drogue thérapeutique, "Il est temps de prendre les traitements psychédéliques en psychiatrie et oncology sérieusement," explique David Nutt, un psychiatre à Imperial College à Londres, lors d'une interview au Washington Post.

Bertha Madras, psychologue à l'école de médecine de Harvard explique au journal qu'il y a déjà une épidémie d'overdose dû à l'opioïde, un analgésique morphinique. Laurie McGinley, du Washington Post va encore plus loin, et a interviewé un autre chercheur qui se positionne contre l'utilisation du psilocybin.

Joshua Gordon, directeur de l'Institut National  pour la Santé Mentale  explique que ce genre de substances peuvent avoir des effets dramatiques sur le corps, "certaines personnes vont essayer de prendre ces médicaments sans l'avis d'un médecin pour voir si ça marche, et c'est vraiment quelque chose qu'il faut qu'on évite".

Le New York Times se positionne en faveur du psilocybin comme traitement médical. Le journaliste auteur de l'article a majoritairement reçu des témoignages de chercheurs voulant mettre ces méthodes en avant.

Le journal explique que 80% des patients atteints de cancers ont montré des signes d'encouragement, ils se sentaient moins déprimés et les crises d'angoisse avaient nettement diminuées.

Jan Hoffman, journaliste pour le New York Times présente le cas d'Octavian Mihai, 25 qui est en rémission du lymphome de Hodgkin, un cancer qui touche le système immunitaire. Lorsqu'il a commencé à être en rémission, il est devenu paranoique, pensant que son cancer allait revenir, il est tombé dans un dépression sévère et a essayé de régler ses problèmes avec l'alcool. Lorsqu'il a commencé le psilocybin, l'effet a été immédiat. Mihai dit que ce médicament lui a changé la vie "j'ai eu une épiphanie!" dit-il au journaliste. 

Des chercheurs aux Etats-Unis mais également en Europe font des recherches pour que le psilocybin ait également des effects positifs sur l'alcoolisme et l'addiction au tabac. Dr. Stephen Ross, le chef du service addiction et psychiatrie à New York University explique au New York Times, que les personnes atteintes de cancer, suivi par de sévères depressions et qui nécessitent de l'aide immédiatement, trouvent en le psilocybin le médicament idéal. "Encore plus pour ceux qui sont à haut risque de commettre un suicide".

 

Clémentine Boyer Duroselle

 

[Revue de presse] Changement climatique: désespoir des habitants d'Alaska

 

Le New York Times du mardi 29 novembre consacre une double page aux habitants d'Alaska qui se retrouvent obligés de fuir leurs villes pour survivre.

Erica Goode est connue au New York times pour ses grands reportages. Cette fois-ci elle raconte l'histoire du petit village de Shaktoolik, à l'ouest de l'État, qui se bat pour survivre.

Le changement climatique les affecte directement; tempêtes, montée des eaux, vents violents qui détruisent les habitations... "Les énormes tempêtes sur la côte ouest sont différentes de celles de Miami ou New Orleans. Elles sont beaucoup plus fortes, les ouragans peuvent atteindre la catégorie 1 (sur 5), et leurs diamètres sont dix fois plus gros, donc elles couvrent une plus large zone et durent plus longtemps," explique Robert E. Jensen, un chercheur de l'organisation Army Corps of Engineer Research and DevelopmentCenter.

Les habitants de Shaktoolik pensent que ces tempêtes sont de plus en plus fréquentes et puissantes, selon Erica Goode .Cependant, ces tempêtes ne sont pas la raison principale des inquiétudes des alaskains, le littoral subit l'effet direct de la montée des eaux, " l'eau arrive presque à leurs seuils de porte," explique le New York Times.

La hausse des températures est la première conséquence des émissions massives de gaz à effet de serre. Les glaciers fondent à une vitesse inattendue, ce qui fait de l'Alaska une cible facile.
La ville a déjà été déplacée trois fois par le gouvernement Américain, cependant les localisations n'ont en aucun cas réglés le problème et coûtent plus de 200 000€ à la ville et au gouvernement  à chaque fois.

Maintenant, les habitants doivent choisir entre rester dans le village et trouver un moyen pour lutter contre la montée des eaux, ou bien déménager une quatrième fois."Le gouvernement a choisi des lieux qui mettent ce village à la merci des tempêtes sévères," explique la journaliste du New York Times.

Cette fois-ci, Shaktoolik a choisi de rester où elle est et de construire des barrages et protections pour ses habitants en cas de montée des eaux.

Clémentine Boyer Duroselle

[Revue de presse] "Etes-vous prêt à mourir?" dit un chauffeur de bus d'école, peu avant l'accident mortel

Johnthony Walker, 24 ans conduisait quotidiennement un bus scolaire, transportant une douzaine d'enfants dans la petite ville rurale de Chattanooga dans le Tennessee. Lundi 21 novembre, alors qu'il avait pour mission de déposer ces enfants chez eux après l'école, il a provoqué un accident mortel.
Jasmine Mateen explique à CBS News que sa fille, présente dans le bus au moment de l'accident, lui a raconté après coup que Walker avait dit sur le ton de la rigolade: "êtes-vous prêt à mourir?". "Ma fille m'a dit que juste avant que le bus se retourne, il avait accéléré dans le virage", explique Mateen. Sa fille, 6 ans s'éteindra quelques heures plus tard à l'hôpital, de la suite de ses blessures.

Le conducteur aura au total tué cinq enfants entre 5 et 10 ans, et blessé 24, qui sont à ce moment même encore hospitalisés. Non, ils n'étaient pas prêts à mourir.

Walker a été accusé de cinq chefs d'accusation pour homicide routier, et mise en danger d'autrui. ce dernier conduisait à plus de 50 km/h au-dessus de la limite imposée, selon la police locale en charge de l'investigation. Walker a été empriosonné sous une caution de 107 500 $ pour une comparution devant le tribunal le 29 novembre prochain selon CBS News.

Dans une interview pour le Washington Post, Ed Wilson, un témoin de l'accident raconte qu'il pouvait "entendre les enfants crier et pleurer, ils essayaient en même temps de ce sortir du bus" par les fenêtres puisque le bus était renversé sur le côté.

Gwenevere Cook, la mère du conducteur du bus a expliqué à CNN mardi 22 novembre que son fils lui avait envoyé un message peu de temps après l'accident pour lui dire qu'il l'aimait et qu'il venait juste de vivre un "accident dramatique"."Il essayait d'aider les enfants à sortir du bus, ils étaient tous blessés, il y avait du sang partout." dit-elle à la chaine de télévision Américaine.

Selon The national Highway Trafic Safety administration (L'Administration nationale de la sécurité routière), sur un total de 480 000 bus scolaires aux États-Unis, il y aurait eu 134 morts cette année: "seulement 8% de ces fatalités sont des passagers de bus, la plupart d'entre eux sont des cyclistes et piétons".

 

Clémentine Boyer Duroselle

L'appropriation culturelle fait débat dans l'Amérique post-Trump

Depuis l’élection de Donald Trump, certains Américains redoutent la libération de la parole raciste. Dans ce contexte, nous revenons sur la notion d' "appropriation culturelle" - l'appropriation de la culture d'une minorité par les blancs. Régulièrement critiquée par les médias conservateurs comme Breitbart (pro-Trump), elle s'est imposée depuis longtemps dans le débat public aux Etats-Unis.

Miley Cyrus peut-elle "twerker" (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d'Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une "soirée tequila" en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ? 

Le twerk de Miley Cyrus

Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d' "appropriation culturelle" ou "cultural appropriation", une expression qui s'est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times"Je définis l'appropriation culturelle comme l'utilisation, sans autorisation, d'un élément d'une culture'' minoritaire par la culture dominante, explique George Nicholas, un professeur canadien qui travaille sur les questions de propriété intellectuelle et d'héritage culturel.

Le dreadlock-gate chez Marc Jacobs

Récemment, c'est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d'appropriation culturelle : la mode occidentale s'est toujours inspirée d'autre cultures (comme l'a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). Alors, à quel moment ces emprunts deviennent-ils "inappropriés" ? "Depuis toujours, les sociétés humaines ont emprunté des éléments les unes aux autres. Le moment où cela devient problématique, c'est lorsque les héritages sont utilisés de manière systématique et sans que les héritiers de la culture puissent donner leur avis," estime Nicholas, qui conseille aux designers de travailler avec les peuples concernés et partager leurs recettes avec eux.

En septembre, la question de l'appropriation culturelle s'est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L'auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l'indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s'étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d'un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l'intervention, une écrivain d'origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l'attitude de l'auteur "découle de la suprématie raciale."

"Tous les lecteurs devraient se sentir offensés par le coup de Lionel Shriver avec le sombrero" juge Michael North, un professeur de littérature anglo-américaine qui travaille notamment sur la littérature post-coloniale, ajoutant que les bons auteurs se doivent d'éviter l'emploi de tels stéréotypes et "fausses généralisations".

Pour autant, il ne porte pas un regard négatif sur les auteurs blancs qui se mettent dans la peau de personnages de couleur.  "Il existe des cas typiques dans la littérature, où un auteur anglo-saxon blanc a écrit des romans sous le nom de plume d'un amérindien, en s'appropriant l'expérience de groupes sans en avoir le droit,'' raconte North. "Mais c'est aussi ridicule que de critiquer une auteur parce qu'elle écrit au sujet d'un homme. Aux Etats-Unis, on présuppose souvent que l'on n'a pas le droit de s'approprier l'expérience des autres peuples.'' Il cite Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, parues en 1884. Le livre, concède-t-il, est très controversé aux Etats-Unis ou certains le qualifient de raciste, notamment car il emploie le mot "nègre". Selon lui, cette critique "est en partie liée au fait que Twain mettait en scène un personnage Afro-Américain en s'exprimant pour son compte."

Histoire et melting pot

 Pourquoi la notion d'appropriation culturelle est-elle si courante aux Etats-Unis ? North met cela sur le compte d'une société très hétérogène, historiquement composée de nombreux migrants (et de leurs enfants). Selon le dernier recensement, 77% des Américains s'identifient comme blancs. Les minorités les plus nombreuses sont les hispaniques ou Latinos (17,6%) et les noirs (13,3%). "Nous avons aussi une histoire particulière avec les questions de race - une histoire exceptionnellement difficile'' qu'il faut prendre en compte, affirme North.

Les plaies de cette histoire récente sont encore ouvertes. Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey's Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l'appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. "On a fini de regarder et d'attendre pendant que cette invention appelée la blancheur [whiteness] nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s'il s'agissait de pétrole, d'or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges."

Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l'actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d'appropriation culturelle. "Tout le monde s'approprie des choses... Les Japonais, les noirs, les Espagnols, nous nous approprions tous quelque chose les uns aux autres," déclarait-elle alors. La sortie de Goldberg a déclenché une avalanche de critique sur les réseaux sociaux. 

``Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu'à un moment tout est appropriation," estime de son côté le professeur North. "Rien de ce que nous faisons en ce monde n'est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel.'' Le spécialiste de la littérature pointe du doigt une "étrange incohérence": "on s'intéresse aujourd'hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique.'' Dans le même temps, la société américaine est plus sensible que jamais à l'appropriation culturelle.

Une nuit à Bangkok

Et en effet, cette incohérence peut donner lieu à des situations incongrues. Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s'est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l'événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La "Nuit à Bangkok" est devenue un soirée "Métropole tropicale". "Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture," raconte Kae Burke, l'une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une "femme blanche américaine privilégiée" et précise qu'elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir "collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée."

Burke a de l'empathie pour ceux qui se sont offusqués de l'appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, "nous organisons des fêtes dans un club. Nous n'essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays," explique-t-elle. "Lorsqu'ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée."

Certains commentaires sont cinglants. "Les mêmes difficultés que les Thaïlandais combattent sur notre propre sol sont perpetuées, consommées et mises à profit... sur le sol américain,"  écrit อาลียา วัชร (ou alia vajra) sur Facebook. Elle cite des passages de la description de la soirée, dont certains font notamment allusion à la prostitution et au trafic sexuel.  "Quid de ceux qui n'ont jamais visité la Thailande ? (...) vos `features' comme le thé glacé, le Pad Thai, les criquets frits et les allusions sexuelles, etc, seront [leur première impression ] d'une culture et d'un peuple qui est tellement plus complexe," écrit-elle. "Bien que ce soit parti d'une bonne intention et d'une volonté de s'amuser, cela donne le sentiment d'être dégradant et réducteur." Elle qualifie la description de l'événement de "propagande raciste".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".

Le mot d'excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, "One night in Bangkok", en "Métropole tropicale".


"Les choses ont changé," conclut quant à elle, Kae Burke, la gérante du club. "Les gens sont beaucoup plus sensibles aux questions culturelles qu'il y a dix ans. Il y des personnes qui recherchent des raisons de se plaindre. Et nous, nous devons naviguer dans cette sorte de cri permanent et faire en sorte de respecter les sensibilités de chacun. Nous voulons être sexy et drôles et ne pas nous prendre trop au sérieux. Mais certaines choses ne sont tout simplement plus drôles."

A.N.

[Revue de presse] Le rêve américain est-il déjà un lointain souvenir?

Leurs parents sont souvent Mexicains, ces enfants sont arrivés aux États-Unis très tôt dans leur enfance, ont suivi leurs scolarités dans le pays, parlent couramment anglais, et pourtant... 750 000 d'entre eux se retrouvent menacés d'expulsion.

C'est l'histoire que le Wall Street Journal raconte dans son édition du lundi 21 novembre. "Les rêveurs ont peur du futur," titre l'article de Miriam Jordan.

Ces "dreamers" comme disent les Américains bénéficient d'un programme d'immigration ordonné par le président Obama et mis en place en 2012. Le ‘Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA)’ permet aux enfants arrivés dans le pays illégalement avant leur seizième anniversaire et avant juin 2010 de bénéficier d'un visa particulier.

Ce visa également appelé "DACA'" leur permet de travailler sur le territoire américain pendant deux ans, il est renouvelable une fois et les bénéficiaires de DACA ne peuvent pas être expulsés, cependant ils ne peuvent pas non plus recevoir la nationalité américaine.

Le Wall Street Journal raconte l'histoire de Maria Xirun, originaire du Guatemala. Elle est arrivée aux États-Unis avec sa famille lorsqu’elle n’avait que 4 ans. "Sans DACA, je vais perdre ce job que j'adore, je pourrais être expulsée," dit-elle au journal. Maria est une jeune femme de 21 ans vivant à Los Angeles, elle est tétanisée à l'idée que Trump pourrait éliminer ce programme.

En effet, le président élu avait assuré pendant sa campagne présidentielle, qu'à son arrivée à la Maison-Blanche, il éliminerait immédiatement les actions exécutives de l'administration Obama, dont le programme DACA fait parti. "Mr Trump, s'il vous plaît, ne m’enlevez pas ce programme, " prie Maria dans sa voiture.

Le cas de Maria n'est pas isolé, Le Wall Street Journal explique que de nombreux immigrants se demandent s'ils pourront rester dans ce pays ou s'ils peuvent même renouveler leurs visas de deux ans. " Beaucoup se demandent s'ils doivent renouveler leur statut, parce que la participation à ce programme coûte 500 dollars", écrit le quotidien.

S'ils renouent leur DACA mais que Donald Trump annule ce programme, ils perdront leur argent. Si Donald Trump décide de finalement l’approuver, les immigrants pourraient déjà avoir quitté leurs emplois pour retomber dans l'illégalité, dans la peur d’être expulsés.

" Aucun président ne devrait avoir à abandonner des emplois dans le pays pour des gens qui n'ont aucun droit d'être ici," explique Dan Stein, Président de la Fédération pour la Réforme de l'immigration Américaine.

Les républicains sont opposés à cette réforme, certains États, comme le Michigan, empêchent même les bénéficiaires de DACA, qui sont maintenant immigrants légaux, d’avoir un permis de conduire américain. 221 républicains (sur 431 membres) de la chambre des Représentants ont voté en 2013 pour cesser de financer cette réforme.

Le New York Times a également écrit à ce sujet le 19 novembre dernier. Le journal a interviewé Daniel Garza, Président de l'Initiative Libre, une organisation conservatrice qui défend les immigrants latinos. "Ces enfants vont être exposés si DACA est annulé, et c'est vraiment injuste," explique Garza au New York Times, " on devrait garder les familles ensemble, pas les séparer. "

Clémentine Boyer Duroselle

Racisme sur les campus américains: “les femmes blanches ne devraient pas sortir avec des hommes noirs”

Les étudiants noirs de l’université méthodiste du sud (SMU) à Dallas au Texas, ont été victimes d’actes racistes sans précédent
Selon le Daily campus, le journal de l’université, les étudiants retrouvent des flyers appelant au boycott des Afro-Américains sur le campus depuis dimanche dernier.
Ces flyers déclarent avec des mots crus et violents qu'il est dangereux de sortir avec des hommes de couleur: “Il va probablement t’agresser sexuellement”, “il va probablement te donner des maladies sexuellement transmissibles”, “tes enfants seront certainement stupides”.

Screen Shot 2016-11-18 at 3.43.14 am

L'université a publié une déclaration sur son site internet mardi, appelant ces flyers “agressifs”, et expliquant que ces déclarations racistes ne reflétaient pas les valeurs de l'université. “L'université méthodiste du sud condamne les messages haineux et racistes de ces flyers. Ce genre de message n’a pas sa place à SMU et s’oppose à nos valeurs”. 

Déclaration de l’université méthodiste du sud

Déclaration de l’université méthodiste du sud

Ces flyers ne font pas directement référence à Donald J. Trump, qui a le soutien des nationalistes blancs. Cependant le Dallas Morning News rapporte que la droite alternative américaine, un groupe de suprématistes blancs, attire de plus en plus d’attention depuis l’élection de Trump.

Cela c'est même agravé depuis la nomination, de Stephen K. Bannon, un politique réputé d'extrême droite, au poste de chef de la stratégie de la Maison-Blanche.

Screen Shot 2016-11-18 at 3.46.01 am

Cet incident n’est pas isolé. En effet, le Southern Poverty Law Center, qui s'occupe de surveiller les associations et individus d'extrême droite, compte déjà plus de 200 plaintes pour crimes haineux depuis l'élection du nouveau président. 

Flyer d'un groupe d'extrême droite retrouvé sur un campus en Floride

Flyer d'un groupe d'extrême droite retrouvé sur un campus en Floride

 
L’université du Michigan a également retrouvé des flyers similaires sur son campus, et le journal étudiant Oudaily de l’université d’Oklahoma, raconte qu’ils ont également retrouvé des flyers prônant la haine envers les Afro-Américains. 

Les étudiants de diverses universités se retrouvent parfois directement victimes de tels actes racistes. 
Une étudiante noire de l’université de Baylor au Texas a dit aux médias américains qu’un homme caucasien l’avait délibérément poussée lorsqu’elle marchait pour aller en cours, et ce, un jour après l’élection présidentielle.

Quelques jours plus tard, un homme blanc a menacé une étudiante de la mettre en feu si elle n'enlevait pas son voile immédiatement, selon les autorités locales. 

 

Clémentine Boyer Duroselle

[Revue de presse] Adam Crapser: adopté il y a 38 ans et se retrouve expulsé vers son pays d’origine

Il fait partie des 35 000 adoptés qui n’ont jamais reçu la nationalité américaine lors de leurs adoptions aux États-Unis. Ses parents adoptifs n’avaient jamais complété les documents de l'immigration américaine pour que leur fils devienne citoyen.

Les médias américains s’arrachent tous l’histoire de cet homme de 41 ans, qui va devoir vivre dans un pays qui n’est pas le sien, loin de sa famille, dont il ne connaît pas la culture et n’en parle pas la langue.

Pourquoi est-ce-que le gouvernement américain n'a pas reconnu les enfants étrangers adoptés aux États-Unis comme citoyens américains? Notre article du 21 septembre dernier revient sur le couac du système d’immigration américain et la responsabilité des parents dans cette affaire. Les enfants adoptés aux Etats-Unis entre les années 1950 et 1980 n'ont pas reçu la nationalité américaine.

Jusqu'à récemment, Adam Crapser vivait à Vancouver dans l'État de Washington avec sa femme enceinte, et ses deux filles. “Il était barbier mais avait décidé de devenir père au foyer”, écrit le Washington Post.

Adam Crapser et sa famille. (Photo credit: AP Photo/Gosia Wozniacka)

Adam Crapser et sa famille. (Photo credit: AP Photo/Gosia Wozniacka)

Adam Crapser a été expulsé vers son pays d’origine jeudi matin selon l’AFP. Il serait arrivé à Séoul, la capitale de la Corée du Sud “à bord d’un vol commercial et escorté par des officiers de justice du Département de la Sécurité Intérieure américaine”, explique l’Agence de Presse Française.

Le New York Times daté du jeudi 17 novembre consacre un article à sa mère, Kwon Pilju. À 61 ans, elle essaye d'apprendre l'anglais avant l'arrivée de son fils. “J’ai tellement de choses à lui dire, je veux lui dire que je suis infiniment désolée. Mais c’est une cause perdue, je ne connais pas l’anglais et il ne peut pas parler coréen,” dit-elle.

Kwon Pilju attend l'arrivée de son fils en Corée du Sud. Crédit Photo/ le New York Times

Kwon Pilju attend l'arrivée de son fils en Corée du Sud. Crédit Photo/ le New York Times

Elle avait dû abandonner Adam à l'âge de trois ans, après avoir fui un mari violent et vivant dans la pauvreté extrême. Kwon Pilju n’a pas arrêté de penser à son fils pendant ces 38 ans séparés l’un de l’autre.

Choe Sang-Hun, auteure de l'article, raconte que la mère d’Adam Crapser a décoré une chambre dans sa petite maison pour son fils qui restera vivre avec elle. Elle se sent toujours coupable d’avoir abandonné son enfant en pensant tout simplement lui offrir une vie meilleure. Elle n’avait aucune idée, qu'en réalité les parents adoptifs de son fils le battaient et l’avaient abandonné alors qu’il n’était encore que mineur. “Je n’avais jamais imaginé qu’il aurait eu ce genre de vie difficile,” raconte-t-elle au journal américain, “j’aurais dû le garder avec moi (...) ce que j’ai fais est un péché impardonnable.”

 

Clémentine Boyer Duroselle