Veille de scrutin

Avant le grand jour, voici les derniers rebondissements de la campagne 2016.
Election, J-1.

Beaucoup de bruit pour rien ?

Finalement, les derniers éléments qui avaient conduit à la réouverture de l'affaire des e-mails il y a 10 jours n'ont... rien donné de nouveau. C'est ce qu'a annoncé hier le directeur du FBI, ajoutant que les conclusions données en juillet dernier - qui disaient qu'Hillary Clinton n'était pas coupable - tiennent toujours. Les Démocrates vont donc pouvoir recommencer à aimer le FBI, et les Républicains à le critiquer.

Fausse alerte

Lors d'un meeting dans le Nevada samedi, Donald Trump a dû être rapidement évacué par deux agents du Service secret. La raison : un membre du public a brandi un panneau "Republicans against Trump" en criant qu'il était armé. Plus de peur que de mal pour Trump, qui a pu reprendre son meeting après l'évacuation de l'individu. Et il s'est avéré, que, finalement, il n'était pas armé.

La vérité sort de la bouche des enfants ?

Si elle ne gagne pas demain, la candidate démocrate aura tout de même réussi à convaincre une partie non négligeable de la population américaine : les enfants ! A chaque élection, la chaîne pour enfants Nickelodeon demande en effet aux enfants de voter pour leur candidat préféré. Cette année, les résultats sont sans appel : 53% ont choisi Hillary Clinton, 26% Donald Trump et 11% Gary Johnson. A noter : depuis 1988, les enfants américains ne se sont trompés qu'une seule fois !

All the Single Ladies

Pour les derniers jours de campagne, Hillary Clinton a été aidée par des alliés de poids : la chanteuse Beyoncé et son mari, le rappeur Jay Z, qui ont donné un concert de soutien dans l'Ohio, devant plus de 10 000 spectateurs. A la fin du concert, la candidate démocrate a fait une apparition surprise. Le but : inciter les jeunes à se rendre aux urnes demain.

Le point sondages

A la veille du scrutin, autant dire que les sondages ne nous apprennent pas grand-chose. En effet, Hillary Clinton n'a qu'une très légère avance, puisque l'écart moyen entre les deux candidats est de 1,8%. Cet écart est trop faible pour être réellement significatif, et il en va de même des écarts donnés dans les Etats clés, comme la Floride. Le suspens est donc à son comble et, dans les rues des villes américaines, le stress et l'excitation sont palpables.

Hier soir, le journal de 20h de France 2 a consacré une page spéciale à l'élection présidentielle américaine. Pour ceux qui l'auraient manquée, vous pouvez la visionner en cliquant ici ; vous retrouverez Jacques Cardoze devant la Maison Blanche, Valérie Astruc à New York et Clément Le Goff à Miami. Toutes nos équipes sont mobilisées pour vous faire vivre ces journées électorales comme si vous y étiez - et n'oubliez pas de nous suivre sur les réseaux sociaux !

Anne Pouzargues

[Vidéo] Californie : visite guidée au Hearst Castle

Nous vous emmenons aujourd'hui au coeur d'un des lieux les plus insolites des Etats-Unis : entre Los Angeles et San Francisco, perché sur une colline face à l'Océan, se tient l'Hearst Castle. Sa construction, débutée en 1919, a duré presque 30 ans. C'est Monsieur Hearst, un grand patron de presse milliardaire, qui en était le commanditaire.

"Kitsch," "rococo," "too much," "grandiose" : voici quelques-uns des mots utilisés pour décrire l'Hearst Castle. C'est aujourd'hui devenu un musée, où les visiteurs marchent sur les pas des grandes vedettes d'Hollywood et de leaders américains qui ont autrefois été les invités de Monsieur Hearst, comme Charlie Chaplin ou Winston Churchill.

Une de nos équipes s'est rendue dans l'Hearst Castle, pour vous faire découvrir les luxueuses salles de réception, la magnifique piscine intérieure, les 56 chambres et la salle de cinéma - ces lieux que plus de 750 000 visiteurs parcourent chaque année.

[Vidéo] Le port d'arme, sujet sensible de l'élection

Pendant la campagne présidentielle, un sujet est souvent revenu : le durcissement, ou non, du contrôle sur les armes à feu. Les attentats de San Bernardino et d'Orlando, perpétrés par des personnes ayant acheté des armes légalement, ont contribué à faire changer les mentalités.

Et pour la première fois, une majorité d'Américains réclame un renforcement des contrôles : ils souhaitent notamment interdire la vente aux personnes fichées par le FBI ou qui ne sont pas autorisées à prendre l'avion. Les Démocrates y sont dans l'ensemble favorables, et même Donald Trump, soutenu par le NRA, le puissant lobby des armes, semble prêt à faire des concessions.

Mais certains Américains craignent que l'on touche au fameux "Second Amendement," cette loi américaine qui autorise chaque citoyen à porter une arme. Dans le pays qui détient le record mondial du nombre de fusillades, notre équipe est allée à leur rencontre.


Halloween : la seconde fête la plus populaire aux Etats-Unis

Halloween n’est pas pris à la légère aux Etats-Unis. Les Américains raffolent de cette fête populaire. 64% d’entre eux célèbrent Halloween, soit 157 millions d’américains.

Halloween rapporte beaucoup d'argent.

Entre citrouilles, déguisements, bonbons, soirées déguisées, maisons hantées et décorations, les Américains dépensent en moyenne 6,9 milliards de dollars chaque année et 83 dollars chacun en décorations et déguisements, sans compter les 40,9 millions kilogrammes de chocolats vendus en ce seul jour.

halloween-cupcakes

Les déguisements les plus populaires du cru 2016

Aux Etats-Unis, pas question de porter le même deguisement deux années de suite. Cela est pris très au sérieux. L’élection présidentielle a rythmée cette année 2016, c’est donc sans surprise qu’Hillary Clinton et Donald Trump soient les deguisements les plus populaires chez les adultes cette année.

Les enfants eux, ont choisi le classique Batman et l’incontournable princesse.

Halloween est bien plus qu’une fête, c’est une véritable tradition

Tout a commencé il y a environ 3000 ans, l’année celtique finissait le 31 octobre et non le 31 décembre. Les celtes célébraient la fin de chaque année déguisés en monstres, diables pour éloigner les mauvais esprits. Dans les années 1850, les Irlandais et Celtes ont immigré vers les Etats-Unis, et ont introduit cette particularité de leur culture dans leur nouveau pays. Cette fête est devenue populaire dans les années 1920. Halloween est la contraction de ‘All Hallows Eve ‘, qui signifie ‘le soir de tous les saints’.

Comment est-ce-qu'ils célèbrent cette fête?

Les Américains, fidèles à eux-mêmes, apprécient célébrer ce genre d’évènements, et n’y vont de main morte. Les décorations des maisons sont excentriques ; araignées géantes, squelettes déguisés à l’entrée des maisons, citrouilles, décorations noirs et oranges, l’esprit d’Halloween est là.

enhanced-buzz-31045-1381429764-34

Alors que les adultes sortent dans les bars en portant leurs plus beaux déguisements, les familles, elles, vont chercher les bonbons chez leurs voisins de quartiers. Aux Etats-unis, on appelle cela ‘trick or Treat’, c’est a dire ‘des bonbons ou un sort’. Le bonbon le plus populaire d’Halloween est ‘candy corn’, un bonbon fait principalement de sirop de maïs et de sucre. Old-fashioned-Candy-corn-makes-big-comeback-for-Halloween_article_top

Les familles aiment aussi préparer des bonbons à la pomme, et des tartes à la citrouille.

Tiens, en parlant de citrouille, voici une vidéo pour vous aider à en réaliser pour les Halloweens a venir.

Cette année, une jeune fille a vécu une mauvaise expérience en plongeant sa tête dans une citrouille. Je vous laisse découvrir la suite…

A ne pas reproduire chez vous.

Barack et Michelle Obama ont fêté leur dernier Halloween à la Maison Blanche.

La Maison Blanche était décorée pour cette occasion. Michelle et Barack Obama n’étaient pas déguisés mais comme chaque année, ils ont reçu enfants et familles pour une partie de ‘ un bonbon ou un sort’. Certains chocolats étaient même à l’effigie de la Maison Blanche.

Clémentine Boyer Duroselle

[Vidéo] A bord de l'avion de campagne de Donald Trump

Avec une trentaine d'autres journalistes, notre équipe a embarqué à bord d'un avion spécialement affrété pour la presse et qui suit, pendant toute la campagne, les déplacements de Donald Trump. Le candidat républicain, voyage, lui, dans son propre avion : un luxueux Boeing 757 avec des sièges en cuir, deux chambres avec douche et robinetterie plaquée or, pour une valeur totale de 100 millions de dollars.

Nous avons suivi Trump pendant une journée de campagne, pendant laquelle il a participé à quatre meetings différents en Floride, en Ohio et en Pennsylvanie, des Etats qui seront clé le jour de l'élection, et où le résultat promet d'être serré. Entre chaque discours, l'équipe de campagne et les journalistes embarquent à bord des avions du candidat.

Et même si Trump a bâti sa campagne sur "l'anti-système" et qu'il se plaît à faire siffler les journalistes à chacun de ses meetings, il sait que leur présence lui est aussi bien utile.

Suivez-nous dans les coulisses de la campagne. Un reportage de Jacques Cardoze et Laurent Desbois.


[Vidéo] Riches, diplômés et électeurs de Donald Trump

Donald Trump a bâti sa carrière en construisant des tours de luxe. Et le candidat républicain a réussi à conquérir ceux qui, comme lui, sont de riches hommes d'affaires. Certains ont donné beaucoup d'argent pour sa campagne car, pour eux, sa réussite en business est la preuve de sa capacité à gérer les Etats-Unis.

Contrairement aux idées reçues, Donald Trump est donc parvenu à séduire les Américains aisés : 37% de ses supporters gagnent ainsi plus de 7000 euros par mois. De la même manière, près de la moitié de ses sympathisants ont un diplôme universitaire.

Au 89ème étage de la Trump Tower de New York, sur un golf en Floride et dans le campus d'une université de Virginie, nous avons suivis ces Américains riches et diplômés qui ont choisi de voter Trump.

7 choses à savoir sur Huma Abedin

Qui est Huma Abedin, cette femme de 40 ans, vice-présidente de la campagne d'Hillary Clinton, qui se retrouve en première ligne après la découverte des e-mails du département d'État sur l'ordinateur portable de son ex-mari Anthony Weiner ?

Enfance intellectuelle à Jeddah

 

Née dans le Michigan en 1976, Huma passe son enfance à Jeddah, en Arabie saoudite, au sein d’un milieu intellectuel. D’origine pakistanaise, sa mère est sociologue et son père, indien. Engagé pour la défense de l'islam, il fonde l’Institut des affaires de la minorité musulmane, un important groupe de réflexion à l’origine du Journal of Muslim Minority Affairs. Sa vocation est d’« éclairer » les communautés musulmanes minoritaires du monde entier dans l’espoir de « garantir leurs droits légitimes ».

Journalisme vs politique

Revenue aux États-Unis pour étudier à l’université George Washington, Huma effectue son premier stage à la Maison Blanche. A seulement 19 ans, la jeune ambitieuse intègre le cabinet d’Hillary Clinton, la First Lady de l’époque, bien qu'elle se rêve davantage en journaliste. Son modèle est Christiane Amanpourl’ex-correspondante vedette de CNN. « Seize ans plus tard, je ne changerais rien, déclare-t-elle en 2012. Et j’ai même pu rencontrer Christiane Amanpour ! » Après la mort de son père, Huma deviendra tout de même rédactrice en chef adjointe du Journal of Muslim Minority Affairs, la revue que Syed Zainul a fondé.

Islam

Comme son père, Huma s'est toujours engagée en faveur de la défense des communautés musulmanes dans le monde. Elle a rejoint le Conseil islamique mondial de la Daawa et du secours d’­Abdallah Omar Nassif, une organisation interdite en Israël en raison de ses liens avec l’Union of Good de ­Youssef Al-Qardaoui, qui collecte des fonds pour le Hamas.

Chasse aux sorcières

Cette proximité supposée avec l'islam radical a suscité de nombreuses critiques, notamment de la part des adversaires politiques de la jeune femme. En 2012, la députée ultra-conservatrice Michèle Bachmann déclare que la famille Abedin a des liens avec l’organisation terroriste al-Qaida. Elle exige alors avec quatre autres congressistes du Parti républicain (Trent Franks, Louie Gohmert,Thomas Rooney et Lynn Westmoreland) qu’une enquête soit menée sur la supposée infiltration du gouvernement américain par les Frères musulmansAujourd'hui, le nom d'Huma est cité sur la liste des apostats à abattre de l'Etat Islamique. Elle défend une vision modérée de l'islam : « Je suis fière d’être musulmane. Trump cherche à inscrire le racisme dans la loi. Mais son islamophobie ne reflète pas les valeurs de l’Amérique »

"Seconde fille d'Hillary"

Cette chasse aux sorcière n'a jamais effrayé Hillary Clinton, qui considère Huma comme sa "seconde fille". Au fil des ans, la jeune femme a su gagner la confiance de l'ex-Première Dame et se rendre indispensable au point de gérer l’emploi du temps quotidien de la candidate. Alan Patricof, fondateur d’Apax Partners et soutien du couple Clinton déclare à ce propos : « Je ne perds même pas de temps à essayer d’appeler les Clinton directement. Je l’appelle elle. Cela revient au même ».

Avant de devenir vice-présidente de sa campagne, la jeune femme occupa différents postes, plus ou moins stratégiques : assistante personnelle, chef du protocole, conseillère technique et chef de cabinet quand Hillary était Secrétaire d’État.

Scandale Weiner

Les épreuves les ont rapprochées : comme la candidate démocrate, Huma a dû faire face aux frasques de son ex-mari, Anthony. En 2011, ce politicien est contraint de démissioner de son poste de représentant de l'Etat de New York après avoir admis qu'il avait envoyé une photo de son slip bombé à une étudiante qu'il n'avait jamais rencontrée sur Twitter. En juillet 2013, rebelote, malgré ses excuses : alors qu'il est favori de la primaire démocrate pour la mairie de New York, il admet qu'il a continué à échanger, sur Internet, des messages à caractère érotiques avec des inconnues. Fin août, Huma demande le divorce suite à de nouvelles révélations du New York Post.

Quatre salaires

En 2013, Huma est épinglée par Charles Grassley en raison des multiples emplois qu'elle occupe . Lsénateur républicain de l’Iowa l'accuse d'avoir été rétribuée par Teneo pour collecter des « renseignements politiques » à destination de ses clients dans une lettre. En plus de son salaire du département d’État de 135 000 dollars, la jeune femme aurait également été rémunérée, selon lui, 335 000 dollars pour ses activités annexes de conseil. Craignant que cela ne « brouille la frontière entre les employés du public et ceux du privé », le républicain exige alors plus de transparence sur ses différentes fonctions. Huma tente de calmer le jeu et répond personnellement à Grassley en niant toutes ses accusations.

 

Clara Tran

 

Trump tente de sauver sa marque lors de l'inauguration de son nouvel hôtel

Donald Trump a vu les choses en grand : pour l'inauguration de son nouvel hôtel de Washington, le candidat républicain a convié une meute de journalistes et d'invités  "VIP". Le "petit déjeuner" est "très au-dessus du niveau habituel" des établissements américains, s'est amusé Ivan Couronne, journaliste à l'AFP, dans un tweet daté du 26 octobre.

Screen Shot 2016-10-28 at 3.20.24 pm

Même le sol de marbre blanc, les appliques en bronze et les lustres en cristal ne semblaient à même d'éblouir la presse en ce jour d’inauguration.

IMG_1672 IMG_1671

Depuis le début de la campagne, la marque Trump jouit d'une publicité sans précédent. Mais quel est l'impact réel de la campagne sur les produits et les établissements du candidat républicain ?

"Boycotttrump2016"

Depuis quelques mois, les appels au boycott se multiplient, notamment sur internet. Parmi les plus populaires, on trouve le site "boycotttrump2016" qui recense l'ensemble des biens du groupe du candidat républicain.

Capture d’écran du site "boycotttrump2016"

Le site - qui vend aussi des goodies "Certified Trump Free" - appelle les internautes à "passer à l'action", en évitant les hôtels de Donald Trump :

"Si vous êtes fatigués de tout ce langage de haine et des tirades explosives d'un certain candidat républicain, ne vous énervez pas, faites une action pour vous, pour votre famille, pour vos amis, pour votre réseau... C'est simple, prenez l'engagement de ne pas séjourner dans ses hôtels, ni de jouer sur ses terrains de golf, ni de manger dans ses restaurants, ni de visiter ses établissements, ni de le financer en achetant sa marque"

La Trump Tower à New York

La Trump Tower à New York

L'ampleur de la fortune Trump

Mais quel est l'impact réel d'une telle mobilisation ? Donald Trump s’est fait un nom en tant que promoteur immobilier, expliquant qu’il a commencé sa carrière au bas de l’échelle, selon lui : «Rien n’a été facile pour moi. J’ai commencé à Brooklyn, mon père m’a fait un petit prêt d’un million de dollars». Le milliard a fait cette déclaration à NBC le 26 octobre 2015, soit un an jour pour jour avant l’inauguration de son hôtel à Washington.

Maintenant, un million ne représente plus grand chose pour Donald Trump, qui estime sa fortune à plus de 10 milliards de dollars, 5 milliards selon le magazine Forbes.

Trump joue également de sa fortune pour essayer de remporter cette campagne présidentielle, expliquant que, contrairement à son adversaire, il finance lui-même sa campagne : « Ni les banques ni les multinationales ne peuvent me contrôler », dit-il.

Loin d’être un politique, Donald Trump est avant tout un homme d’affaire, ne craignant pas de froisser l’opinion publique avec ses propos agressifs et son extravagance.

Le candidat républicain n’a jamais été autant médiatisé que pendant cette campagne présidentielle, une médiatisation qui servira toujours son business, Président des Etats-Unis ou non.

Trump est devenu une marque au fil des années, étant considéré comme l’un des hommes les plus riches et puissants du pays. Cependant, sa dette est estimée à plus de 650 millions de dollars. Un chiffre que le candidat essaye tant bien de mal de cacher en ouvrant fréquemment de nouveaux hôtels.

Le modèle Trump, vraiment un espoir ?

C'est un des motifs récurrents de la campagne de Trump : faire de la politique comme il a réussi à faire du business. Cette semaine encore, lors de l'inauguration, le candidat républicain s'est servi de son nouvel hôtel comme d'une preuve de ses capacités à diriger une entreprise, et, donc, à diriger d'un pays. Dans le pays du self-made man, cette rhétorique convainc.

Pour autant, le modèle d'entreprise de Donald Trump est-il vraiment si parfait qu'il ne le dit ? De nombreux scandales assombrissent en effet l'image qu'il voudrait donner de ses différents projets. Tout d'abord, lui qui se bat contre l'immigration illégale est soupçonné d'avoir embaucher, pour construire ses hôtels... des travailleurs illégaux.

En 1980, lors de la construction de la célèbre Trump Tower sur la Cinquième Avenue à New York, Donald Trump a ainsi fait travailler pendant plus de six mois des ouvriers polonais installés illégalement sur le territoire américain - un scandale qui a été souvent abordé pendant la campagne. Trump a toujours démenti, déclarant "ne pas avoir été au courant."

De la même manière, Donald Trump a fait de la délocalisation un de ses combats, et a pris comme ennemis la Chine et le Mexique. Pourtant, où sont fabriqués les pièces de sa ligne de vêtements, Donald J. Trump collection ? Les chemises sont faites en Chine, au Bengladesh, au Honduras et au Vietnam ; les articles de sport, en Inde. Le site Internet Buzzfeed a, quant à lui, commandé un costume Trump, affichée comme "Made in USA" ... mais dont l'étiquette montrait qu'il venait d'Indonésie.

Trump_Taj_Mahal,_2007

Sa gestion immobilière n'a pas été de tout repos non plus, comme le rappel la faillite de son palace Taj Mahal à Atlantic City. Alors, faites ce que je dis mais pas ce que je fais ?

Anne PouzarguesClara Tran et Clémentine Boyer Duroselle

NBA : ces joueurs français dans la ligue américaine de basket

Ca y est, le coup d'envoi de la nouvelle saison de basket a été donné hier ! Tous les regards de la planète sport étaient tournés vers Cleveland, où avait lieu le match inaugural opposant les Cleveland Cavaliers, vainqueurs de la saison dernière, aux New York Knicks. Et ce sont les Cavaliers qui se sont largement imposés, avec un score de 117 à 88. Sur la côte Ouest, les Golden States Warrior d'Oakland se sont inclinés à domicile face aux San Antonio Spurs (100 à 129).

Cette année, le championnat américain bat un nouveau record : celui du nombre de joueurs étrangers engagés dans les rangs des équipes de la NBA. Ils sont désormais 113, soit 13 de plus que l'an dernier. Parmi eux, 10 Français - ce qui place la France au deuxième rang des pays les plus représentés, derrière le Canada (11 joueurs). Alors pourquoi une telle représentation de l'hexagone ?

TonyParker82

Tony Parker, meneur des San Antonio Spurs.

La qualité de la formation française va de pair avec la popularité de plus en plus grande de ce sport en France, ainsi qu'avec l'augmentation du nombre de licenciés de la Fédération française de basket. Si on comptait à peine plus de 460 000 adhérents en 2010, ce chiffre s'élève désormais à plus de 640 000.

Chaque club professionnel dispose de son propre centre de formation, et on en trouve donc sur tout le territoire. Les meilleures équipes, notamment l'ASVEL Lyon-Villeurbanne, champion de France 2016, et le Limoges CSP, champion de France 2014 et 2015, permettent de dynamiser le sport, et le centre de formation de Cholet est très réputé.

Ajoutez à cela de bons résultats sur la scène internationale (aux Jeux de Rio l'équipe de France masculine s'est inclinée en quarts de finale face à l'Espagne, tandis que l'équipe féminine a terminé quatrième du tournoi) et il n'en faut pas plus pour attirer les recruteurs américains. Chaque année, une semaine spéciale est organisée pour leur permettre de détecter de potentielles recrues. Les meilleurs espoirs français et de grands noms de la NBA se retrouvent ainsi au Temple-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, passerelle vers une carrière professionnelle, et, pourquoi pas, américaine.

Nicolas Batum, ailier des Charlotte Hornets.

Nicolas Batum, ailier des Charlotte Hornets.

Parmi les 13 Français dans les rangs de la NBA cette année, on retrouve Tony Parker (San Antonio Spurs), Nicolas Batum (Charlotte Hornets), Rudy Gobert (Utah Jazz) ou encore Kevin Seraphin (Indiana Pacers). A noter : Joakim Noah (New York Knicks) n'est pas considéré par le décompte de la NBA comme un joueur français, puisqu'il est né aux Etats-Unis.

Pour les Français, le passage de l'autre côté de l'Atlantique représente un bond professionnel, mais aussi financier. Les salaires touchés par les basketteurs aux Etats-Unis atteignent en effet des sommets mirobolants. Cette année, Nicolas Batum devient ainsi le sportif français le mieux payé : sur cinq ans, il touchera plus de 120 millions de dollars, ce qui représente plus de... 52 000 dollars par jour !

Il devancera ainsi Tony Parker, mais aussi les footballeurs Paul Pogba et Karim Benzema. A tous les niveaux, le passage aux Etats-Unis c'est, pour les basketteurs, comme décrocher le jackpot.

Anne Pouzargues

Ces journalistes qui financent la campagne de Hillary Clinton

Qu'ont en commun Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue et Emily Nussbaum, critique au New Yorker et lauréate du prix Pulitzer ? À en croire une enquête publiée par le Center for Public Integrity, elles auraient toutes deux contribué au financement de la campagne d’Hillary Clinton en 2016.

382.000 dollars à Hillary Clinton

Aux Etats-Unis, nombreux sont les journalistes à faire des donations aux candidats à l'élection présidentielle. Cette année, leur préférence politique va nettement à l’ex-Secrétaire d’Etat, qui totalise à elle seule 96% des contributions émanant de la sphère médiatique. Rien qu’au mois d’août, 430 journalistes ont financé sa campagne à hauteur de 382.000 dollars.

 

 

Le profil de ces journalistes-mécènes est très hétéroclite : parmi les personnalités citées dans l’enquête, on retrouve notamment des reporters, des présentateurs, des rédacteurs télé ou radio, appartenant à la presse sérieuse (The New Yorker) autant que tabloïd (Hollywood Reporter). Le montant des contributions varie entre 28 $ et 2 800 $.

Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue, donatrice de Clinton © Charles Sykes/AP

14.000 dollars à Donald Trump

Du côté de Donald Trump, les donations des journalistes sont nettement plus modestes : seules 50 personnalités des médias ont contribué au financement de sa campagne en 2016, et le montant total des contributions ne dépasse pas les 14.000 $. Là encore, le profil des donateurs est varié bien qu’il reste, dans l’ensemble, moins journalistique que dans le cas des démocrates : on retrouve beaucoup d’experts, de chroniqueurs ou de commentateurs de chaînes info, comme son ex-directeur de campagne, Corey Lewandowski, qui fut également employé par CNN en tant que spécialiste de la vie politique.

Capture d’écran 2016-10-24 à 16.04.36

Don de 28 $ de Les Waldron à Donald Trump pendant la primaire républicaine

Des pratiques légales mais encadrées par les chartes éthiques

Aux Etats-Unis, aucune législation n’interdit à un employé d'une entreprise de presse de contribuer au financement de la campagne présidentielle. Dans beaucoup de rédactions, ce type de pratique est d'ailleurs tolérée, même si elle demeure encadrée, comme l'explique Abbe Serphos, porte-parole de l'agence Reuters :

Les journalistes de Reuters sont autorisés à faire des dons à des organismes caritatifs ou politiques tant que cela n’entre pas en conflit avec leur travail éditorial

Dans la célèbre agence de presse, sept journalistes ont contribué au financement de la campagne de la candidate démocrate en 2016.

Pour ne pas mettre en péril l'indépendance de leurs journalistes, la plupart des rédactions ont mis en place un certain nombre de restrictions et d’interdictions, dans leur charte éthique.

L’Associated Press est assez sévère sur ce point : la célèbre agence de presse américaine stipule qu’“en aucun cas, les salariés ont le droit de financer un candidat ou un parti politique”, sous peine d'être sévèrement sanctionnés.

Des principes déontologiques qui ne s'appliquent pas aux patrons de presse

Malgré ces efforts, la question du conflit d’intérêt peut se poser. Tout d'abord, parce que ces principes déontologiques ne s’appliquent pas à l’ensemble des salariés des entreprises de presse. Dans la plupart des chartes éthiques, seuls les “journalistes” sont mentionnés, laissant la voie libre aux éditorialistes, aux chroniqueurs ou aux critiques artistiques de participer au financement de la campagne des candidats à l'élection présidentielle.

Je ne couvre pas la politique. Je ne fais pas un travail d’investigation. Je souhaite juste trouver le meilleur pad thai et partager ce que je trouve avec mes lecteurs”, explique Brad Jonhson, critique gastronomique au Orange County Register, qui a fait des donations privées à la campagne d’Hillary Clinton en 2016.

Mais la frontière entre "journalistes" et chroniqueurs n'est pas toujours très étanche. Emily Nussbaum, par exemple, travaille au New Yorker en tant que critique télévision mais a écrit plusieurs articles - particulièrement virulents - sur Donald Trump.

nussbaum Le cas des patrons de presse peut également soulever un certain nombre d'interrogations. S'ils n'interviennent pas directement sur le contenu éditorial, ils demeurent très influents dans le champ médiatique et sont nombreux à faire des donations privées au parti démocrate. C'est le cas notamment de Chris Hugues, l'ancien patron de New Republic qui contribue au financement de la campagne d'Hillary Clinton.

Des soupçons de collusion sur Hillary Clinton

Dans un tweet, daté du 17 septembre, Donald Trump a régi aux résultats de l'enquête du Center for Public Integrity, en dénonçant le "favoritisme" des médias, infographie à l'appui.

 

Depuis le début de la campagne, les soupçons de collusion sur Hillary Clinton sont nombreux et restent un argument incontournable de la campagne de Donald Trump.

 

Clara Tran