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Burkina Faso,  Afrique

Burkina Faso: Compaoré s’accroche au pouvoir

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 23/10/2014 à 13H58

Reportage TITAN VISION/AITV Gervais Nitcheu et F Martinvalet réalisé le 22 octobre 2014

Au pouvoir depuis 27 ans, Blaise Compaoré vient de lancer la procédure qui devrait lui permettre de briguer un nouveau mandat. Une réforme constitutionnelle est nécessaire et passe par un référendum. L’opposition proteste, et les manifestations se succèdent à Ouagadougou.


«Le pouvoir à vie, nous ne sommes pas d’accord !» lance Pascal Ilboudo, membre du MPP, un parti d’opposition. Et, aussitôt connue la décision du gouvernement de lancer le processus de modification de la Constitution, les manifestations se sont multipliées. Pour l’instant, ces mouvements de protestation se déroulent dans le calme, mais pour combien de temps?
 
Le gouvernement a donc déposé un projet de loi devant l’Assemblée nationale visant à modifier l’article 37 de la Constitution. Ce dernier limite à deux le nombre de mandats présidentiels, ce qui empêche à ce jour Blaise Compaoré de se présenter au scrutin de novembre 2015. Si la loi est votée, le Président sera élu pour cinq ans renouvelable deux fois.
 
L’opposition a fait les comptes: Compaoré veut s’offrir un bail de 15 ans ! Car le résultat du scrutin ne fait guère de doute. Le parti du président (CDP) dispose à lui seul de 70 sièges, et il lui faut 64 voix. Il peut même éviter un référendum si la loi est votée par les trois quarts de l’Assemblée, soit 96 députés. Et si malgré tout le peuple doit être consulté, le vote des campagnes devrait offrir un plébiscite au président.
 

Personnage central de la diplomatie ouest-africaine, Blaise Compaoré, 63 ans, s'est hissé au pouvoir en 1987 en renversant son ex-compagnon d'armes Thomas Sankara, tué lors du putsch. Il a ensuite effectué deux septennats (1992-1998 et 1998-2005) et terminera fin 2015 son deuxième quinquennat (2005-2010, 2010-2015).
 
Une quinzaine d’associations se sont regroupées dans un collectif pour dénoncer «un attentat à la Constitution».