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Burkina Faso : la déclaration de naissance pourra se faire par… SMS

Par Eléonore Abou Ez avec AFP @GeopolisAfrique | Publié le 02/09/2015 à 10H51, mis à jour le 02/09/2015 à 10H51

Quintuplés dans hôpital Ouagadougou en 2012
Quintuplés nés dans un hôpital de Ouagadougou en 2012. © AFP / Yempabou Ouoba

Un texto suffit pour enregistrer son enfant sur les registres de l’état civil. Une nouvelle application vient d’être créée au Burkina Faso afin de pallier les carences de l’état civil en Afrique où près d’une personne sur deux n’est pas répertoriée officiellement.


Un grand nombre d'Africains naissent, vivent et meurent sans laisser de trace dans un registre officiel. L’enregistrement sur les fiches de l’Etat civil est souvent compliqué. Il faut parcourir de très longues distances pour faire les déclarations de naissance notamment dans les zones reculées.

Faute de moyens et de temps, les familles renoncent à se procurer un acte de naissance officiel. 
Deux ingénieurs, l’un Français et l’autre Burkinabè ont mis en place un système tout simple baptisé «Icivil». Il suffit de passer par un téléphone portable.  
 
Comment ça marche ?
Un enfant est né ? L’agent de santé informe le centre d’état civil de la commune en un clic par SMS crypté. «Les données de chaque nouveau-né sont envoyées systématiquement par téléphone à partir du centre de santé. Après un couplage avec un authentifiant unique et infalsifiable, une fiche de naissance peut être constituée par l’autorité compétente», précise l’ingénieur Adama Sawadogo.

Les parents pourront ensuite récupérer l'acte de naissance sur présentation d’un bracelet remis par le centre de santé.  

Capture écran site l'application «Icivil»

Capture d'écran du site de l'application «Icivil» ©

 
Validation du gouvernement
L’initiative, présentée fin août à Ouagadougou, a séduit les autorités compétentes. Le ministre burkinabè chargé du Développement de l’Economie numérique et des Postes, Nébila Amadou Yaro, s’est dit prêt à se saisir de cette «opportunité» pour résoudre les difficultés d’identification de la population.

Au Burkina Faso, plus de la moitié des naissances ne sont pas répertoriées en ville alors qu’à la campagne 90% des nouveaux-nés ne sont jamais enregistrés.
 
Si cette application fait ses preuves au Burkina, elle pourrait être adoptée dans plusieurs autres pays du Continent où les procédures des déclarations de naissance ne sont pas encore systématiques, à condition que les centres de santé soient raccordés au réseau téléphonique portable.