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Cambodge,  Asie-Pacifique

Cambodge: le poivre de Kampot obtient de l'UE le précieux label AOP

Par Dominique Cettour-Rose@GeopolisFTV | Publié le 09/03/2016 à 13H35, mis à jour le 09/03/2016 à 14H28

Le poivre Kampot Cambodge a reçu en février 2016 label AOP
Une liane aux baies très aromatiques de poivre de Kampot. © ERIN HALE / DPA

Cultivé dans le sud du Cambodge, le poivre de Kampot fait maintenant partie de la liste européenne des denrées protégées, au même titre que le Champagne, le Parmesan ou le Lonzo de Corse. Une ONG locale a relancé sa production en 2006 car l’arrivée des Khmers rouges au pouvoir en 1975 avait marqué le déclin de la culture de ce poivre réputé pour être l'un des meilleurs du monde.

C’est une première pour le Cambodge. Le poivre de Kampot est désormais reconnu par les 28 Etats-membres de l’Union européenne. Cultivé dans la province du même nom, située sur les rives du golfe de Thaïlande, ses arômes particuliers ont le «goût de la mer et de la pluie», selon le chef Olivier Roellinger.

Redécouvert par les grands chefs de cuisine du monde entier, ce poivre (blanc, noir, rouge, vert) a reçu en février 2016, le label AOP (appellation d’origine protégée). Cette certification va lui permettre de «bénéficier d’un très haut niveau de protection sur le marché de l’UE, notamment contre les imitations», a souligné la Commission européenne dans un communiqué. En 2010, il était le premier produit agricole cambodgien à avoir bénéficié d'une IGP (Indication géographique protégée).

Cette épice rejoint plus de 1.200 produits déjà protégés par l'UE pour leur origine et leur qualité. Bruxelles bataille actuellement pour faire reconnaître par ses partenaires commerciaux, notamment les Etats-Unis, ses labels de qualité: AOP et IGP, AOC (Appellation d'origine contrôlée) et STG (Spécialité traditionnelle garantie).

 

Une ONG locale relance la production
La renommée du poivre de Kampot, cultivé au Cambodge depuis le XIIIe siècle, a connu son apogée à l'époque de la colonisation française au XIXe siècle. Le poivre d'Indochine était alors une denrée rare. Les poivriers en liane poussaient à l'origine en milieu naturel, au coeur de la forêt, en grimpant le long des arbres.

Plus tard, à l'époque coloniale, avec la culture du poive en plaine sur des tuteurs en bois mort, la production s'envole atteignant jusqu'à 8.000 tonnes annuelles jusqu'au début du XXe siècle. La voie était alors ouverte pour une exportation à grande échelle, vers la France et l'Europe.

 

Se souvenant de cette période faste, un Français, Jérôme Benezech, a relancé la production du Kampot dès 2005, grâce à une ONG locale, FPH, qui soutient les petits producteurs traditionnels dans le souci qu'ils vendent leur poivre à un prix équitable.

Environ 63 tonnes exportées en 2015
Le label européen permettra non seulement de limiter les contrefaçons, mais encouragera également les filières à exporter leur poivre à un prix plus élevé qu'aujourd'hui. Une manière d'améliorer le salaire des agriculteurs.

En 2015, la production de poivre de Kampot a atteint 63 tonnes, dont 70% ont été exportées, principalement vers l'Union européenne, les Etats-Unis et le Japon. Les exportations de poivre, 20e produit non originaire de l'UE, pourraient avoisiner les «140 tonnes» en 2016.

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