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Politique,  Sénégal,  Afrique

Carnage en Casamance: les rebelles accusent des trafiquants de bois précieux

Par Martin Mateso@GeopolisAfrique | Publié le 08/01/2018 à 15H42, mis à jour le 08/01/2018 à 15H42

Une victime l'attaque dans forêt en casamance
Un rescapé de l'attaque meurtrière du 6 janvier 2018 dans une forêt de la Casamance.13 jeunes ont été massacrés par une groupe armé non identifié. © Photo AFP/Seyllou

«Abominable carnage», «Retour des escadrons de la mort»: la presse sénégalaise exprime sa vive indignation au lendemain du massacre de 13 jeunes dans une forêt de Casamance, dans le sud du pays, en proie à une rébellion depuis 35 ans. Le mouvement rebelle casamançais (MFDC) affirme ne pas être impliqué dans ces tueries et appelle à la poursuite du dialogue avec le pouvoir.


Ils étaient sortis chercher du bois quand ils sont tombés sur une bande armée d’une quinzaine d’individus, qui ont ouvert le feu, raconte le colonel Abdou Ndiaye, porte-parole de l’armée sénégalaise.

Pendant plusieurs heures, le groupe armé, qui n’a pas encore été identifié, a arrêté les hommes cherchant du bois et les a réunis, avant de les abattre froidement.

«Ils nous ont ordonné de nous coucher à plat ventre et ont commencé à tirer», raconte un rescapé qui a été touché au pied et au dos. Des personnes blessées cherchant à s’enfuir ont été achevées par les assaillants qui portaient des uniformes militaires

«Nous allons descendre dans le maquis pour situer les responsabilités»
Cette tuerie a surpris les Sénégalais qui bénéficiaient depuis plusieurs années d’une accalmie sur le terrain. Les tensions avaient baissé ces derniers temps et l’armée affirme ne pas avoir constaté de signes avant-coureurs.

Alors que l’armée a annoncé une traque sans répit des auteurs de ce carnage, la rébellion casamançaise (MFDC) affirme ne pas être impliquée dans cette affaire.

Sur son site internet, le mouvement rebelle demande aux autorités sénégalaises d’orienter leurs enquêtes vers des responsables administratifs et militaires locaux «à la tête d’un vaste réseau de coupe clandestine et de vente illicite du bois de teck», un arbre tropical qui produit un bois précieux très recherché pour la fabrication de ponts de bateaux et de meubles de jardin.

«L’aile politique intérieure et extérieure du MFDC se démarque de cet acte odieux. Nous allons descendre dans le maquis pour situer les responsabilités», a indiqué un responsable du mouvement.

Les rebelles veulent la poursuite du dialogue
Le MFDC, qui lutte depuis 1982 pour l’indépendance de la Casamance, affirme qu’il reste engagé dans la poursuite du dialogue en faveur d’une issue heureuse à ce conflit et qu’il ne se laissera pas distraire ni désorienter par «les fossoyeurs de la paix». Ceux-là qu’il accuse de chercher à profiter du chaos en Casamance.

Les tractations avec les rebelles casamançais se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall. La médiation se fait sous l’égide de la communauté catholique de Sant’Egidio.

Le président sénégalais a décrété un deuil national de deux jours. Les rassemblements et toutes autres cérémonies de réjouissance sont interdits sur l’étendue du territoire national.