Centrafrique: chrétiens et musulmans se donnent des coups de poing pour la paix

Par Laurent Filippi | Publié le 12/12/2015 à 14H05, mis à jour le 12/12/2015 à 14H05

Alors que le projet de Constitution de la 6e République centrafricaine soumis à référendum aura lieu le 13 décembre 2015, chrétiens et musulmans se sont de nouveau combattus le 10, mais cette fois sur un ring de boxe au PK-5, le quartier musulman de Bangui, la capitale.

  • Le PK-5
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    Le PK-5,

    qui s'étend sur quelques kilomètres carrés à peine, compte quatre clubs de boxe, une discipline très populaire chez les jeunes, avec le foot et le judo. Mais depuis le début de la deuxième guerre civile centrafricaine en décembre 2012, au fil des années, ils ont baissé le rideau comme la plupart des commerces et des mosquées. Autrefois, ce quartier était le poumon économique de la capitale, avec ses étals colorés remplis de marchandises et ses bars animés. Les habitants ont pris l'habitude de vivre retranchés chez eux, le silence s'est installé, la peur aussi.  © ISSOUF SANOGO / AFP

  • Depuis mois
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    Depuis des mois,

    des affrontements opposent régulièrement de jeunes musulmans des «groupes d'auto-défense» à des miliciens chrétiens et animistes anti-balaka dans le no man's land entourant le PK-5. Mais depuis la visite du pape François, le 29 novembre 2015, il y a un répit. «Nous devons consolider son message» de réconciliation, explique Roger Junior Loutomo, le président de la Fédération centrafricaine de boxe. © GIANLUIGI GUERCIA / AFP

  • Si organiser telle compétition au PK-5 peut paraître étrange
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    Si organiser une telle compétition au PK-5 peut paraître étrange,

    pour Roger Junior Loutomo, à l'origine de cette soirée un peu spéciale et qui arbitre lui-même les combats, il n’en est rien. Il explique: «La boxe est symbole de paix! Quand deux boxeurs combattent, ils s'embrassent après, quel que soit le vainqueur, c'est le message qu'on veut faire passer.» © MARCO LONGARI / AFP

  • Gaspard Kopkapka
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    Gaspard Kopkapka,

    qui a participé aux championnats du monde amateurs en 1979 à Belgrade, est l’un des membres du jury. Il confirme: «On n'entend parler que de guerre, on en a marre… Il faut occuper nos jeunes, le sport est le meilleur moyen de s'en sortir.»  © MARCO LONGARI / AFP

  • Dans pays seuls quelques centaines boxeurs sont licenciés
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    Dans le pays, seuls quelques centaines de boxeurs sont licenciés,

    et sur la vingtaine de sportifs amateurs en compétition, seuls deux musulmans originaires du PK-5 ont pu participer, l'insécurité ayant empêché bon nombre d’entre eux de continuer l'entraînement. Depuis deux ans, les tournois ont lieu uniquement dans les quartiers chrétiens de la ville. © MARCO LONGARI / AFP

  • Martial Ngoko
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    Martial Ngoko,

    alias Mohammed Ali, est l’un des favoris du jour. Comme son idole, il ne «perd jamais de match», dit-il, vainqueur par KO dès le 2e round. «Je rêve de boxer comme lui, et même je boxe comme lui», assure Martial. Catholique, le jeune homme dit s'être «islamisé» il y a cinq ans, lors d'un voyage au Pakistan pour un tournoi de boxe, toujours en hommage à son défunt mentor. © MARCO LONGARI / AFP

  • Ngassima
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    Ngassima,

    18 ans, haletant, le maillot rouge trempé de sueur, reprend son souffle. Qu’il gagne ou perde, peu importe, l’important est de participer à ce «combat pour la paix». © MARCO LONGARI / AFP

  • Debout pendant heures
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    Debout pendant des heures,

    des centaines de garçons et de jeunes hommes sont venus soutenir leurs champions malgré un soleil écrasant. Encouragements, rires et applaudissements résonnent autour du ring, une ambiance peu habituelle pour la ville. A quelques mètres du match, les Casques bleus de la Minusca à l’intérieur de leurs blindés, surveillent les rues de la ville. © MARCO LONGARI / AFP

  • Derrière ring
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    Derrière le ring,

    un panneau publicitaire affiche une immense carte de la Centrafrique parsemée de bonshommes armés, et barrée du mot Paix. Tout un symbole. © MARCO LONGARI / AFP