Clap

Centrafrique,  Afrique,  Tensions africaines

Centrafrique : les coups d'Etat permanents

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 25/03/2013 à 17H25, mis à jour le 25/03/2013 à 17H37

Sacre Bokassa
L'auto-proclamé empereur Jean-Bedel Bokassa est sacré le 4 décembre 1977 © AFP/Pierre Guillaud

De David Dacko, premier chef de l'Etat, à François Bozizé, en fuite au Cameroun, la Centrafrique n'a jamais réellement connu la stabilité. Les coups d'Etat succèdent aux coups d'Etat, mais l'épisode le plus célèbre restera l'éphémère empire de Jean-Bedel Bokassa. Retour en images sur cette indépendance très chaotique


Le premier président, David Dacko, prend le pouvoir en 1959, suite à la mort dans un accident d'avion du père de l'indépendance, Barthélémy Boganda.
Le premier coup d'Etat de son histoire, la République centrafricaine le doit à Jean-Bedel Bokassa, en 1965. Le capitaine très (trop?) proche du pouvoir français, s'autoproclame empereur et est couronné en 1977. Mais l'homme devient de moins en moins fréquentable et il est renversé à son tour en 1979, avec l'aide de l'armée française.
 
En 1981, le général Kolimba prend le pouvoir par la force. Il faudra attendre 1993 pour assister aux premières élections mulipartites, imposées par la France, à l'issue du sommet de La Baule.
 
Mais les vingt dernières années ne seront pas plus calmes. Les belles résolutions de La Baule ne dureront que trois ans. En effet, dès 1996, le président Ange-Félix Patassé est confronté à une mutinerie au sein de l'armée. Il ne doit son maintien au pouvoir que grâce à l'intervention de la France. Celle ci mobilise 1500 soldats pour assurer la sécurité de ses ressortissants.

Reportage AITV diffusé le 24 mars 2013

 

Patassé, réélu en 1999, devra sans cesse repousser des tentatives de putsch. Kolingba, puis Bozizé, tentent de le renverser. François Bozizé prendra le pouvoir en 2003, à l'issue de son deuxième coup d'Etat, profitant d'un voyage au Niger de Patassé.
 
Bozizé remporte l'élection présidentielle de 2005. Pour autant, le calme ne revient pas. Au nord-est du pays, des forces rebelles menacent. La France soutient le pouvoir légal et Bozizé peut même entamer un second mandat en 2011. Dans la foulée, un cessez-le-feu est signé avec les rebelles du nord.
 
Dernier épisode depuis la fin de l'année 2012, l'apparition de la Séléka, une coalition de rebelles qui a fait sécession. Elle repproche à Bozizé de ne pas avoir tenu parole à l'issue des différents cessez-le-feu, de 2007 et 2011. Un nouvel accord de paix, signé à Libreville en janvier 2013, ne changera rien. Bozizé a beau ouvrir des ministères aux rebelles, dont celui de la Défense, la Séléka reprend les armes, et en quelques jours fait tomber Bozizé.