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Chine,  Asie-Pacifique

Chine: des Ouïghours, enrôlés par Daech, promettent «des rivières de sang»

Par Véronique le Jeune@GeopolisFTV | Publié le 03/03/2017 à 17H55, mis à jour le 03/03/2017 à 18H09

Couteaux traditionnels ouïghours à Urümqi capitale Xinjiang en Chine
Couteaux traditionnels ouïghours à Urümqi, capitale de la province du Xinjiang en Chine. © Yvan Travert / Photononstop / AFP

L'avertissement, sous forme de vidéo, est venu de l'ouest de l'Irak où sévissent des terroristes de Daech issus de la minorité chinoise, musulmane en grande partie, originaire de la province du Xinjiang, située au nord-ouest de la Chine. La menace adressée à Pékin en langue ouïghoure est une première, selon les experts.


C'est l'organisme SITE Intelligence Group, spécialisé dans la surveillance des sites islamistes sur Internet, qui a repéré la vidéo de 28 minutes dans laquelle un militant barbu menace la Chine, un couteau à la main, avant d'égorger un homme désigné comme un informateur. Face à la caméra, le terroriste hurle: «Vous les Chinois ne comprenez pas ce que les gens disent! Nous sommes les soldats du Califat et nous viendrons à vous pour clarifier les choses en faisant parler nos armes, pour verser des rivières de sang afin de venger les opprimés.» 

Selon Michael Clarke, expert du Xinjiang à l'Université nationale australienne à Canberra, cité par l'AFP, cette vidéo constituerait la «première menace directe» de Daech contre la Chine.

Pékin est désormais selon lui «une cible de la rhétorique djihadiste», alors que la Chine était jusqu'alors rarement mentionnée par les organisations islamistes internationales.

Et même si depuis plusieurs mois, il est admis qu'une centaine d'extrémistes ouïghours ont fait allégeance à Daech, les autorités chinoises n'ont cessé de concentrer leurs forces à l'intérieur de leurs frontières, notamment dans la province autonome du Xinjiang où elles imposent des mesures de sécurité draconiennes: patrouilles, checkpoints, arrestations.

Depuis la médiatisation de la vidéo, plus de 10.000 membres des forces de sécurité (armée, police) ont été rassemblées à Urümqi, la capitale, et à Khotan, lors d'une quatrième démonstration de force de ce type (déjà) depuis début 2017.

Des milliers policiers militaires chinois réunis 27 février 2017 à Khotan au Xinjiang.

Des milliers de policiers militaires chinois réunis à Khotan, au Xinjiang. © STR / AFP


Le Xinjiang couvre un immense territoire semi-désertique, frontalier notamment avec l'Afghanistan. Ses habitants, les Ouïghours, minorité ethnique majoritairement musulmane et turcophone, disent subir des discriminations religieuses et un ostracisme systématique sur le marché de l'emploi face aux Hans (l'ethnie majoritaire en Chine).

Une frange radicalisée s'est vu imputer ces dernières années des attentats dans la région et au-delà, qui ont fait des centaines de morts. Pékin accuse des «séparatistes» ouïghours d'être à l'origine des attaques et s'alarme des liens entre ces militants et les groupes djihadistes internationaux.

Daech n'a jusqu'à présent jamais revendiqué d'attentat sur le sol chinois.