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Climat 2015 : l’abécédaire des négociations internationales

Par Véronique le Jeune (avec AFP)@GeopolisFTV | Publié le 12/02/2015 à 11H26, mis à jour le 03/11/2015 à 12H25

Une affiche à Paris annonçant prochaine Conférence sur climat fin 2015
Une affiche annonçant la prochaine Conférence sur le climat fin 2015 à Paris, un rendez-vous qui se veut décisif dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Le compte à rebours a commencé avant la tenue fin 2015 à Paris de la Conférence de l’ONU sur le climat. Il s’agit de réunir dès à présent les conditions d’un accord international, le plus ambitieux jamais signé, pour tenter de contenir le réchauffement de la planète à +2°C, à l’horizon 2050. De A à Z, voici la liste des enjeux à retenir.

A comme Adaptation et Atténuation: les deux piliers de la lutte contre le réchauffement climatique.
L'atténuation consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). La modification des habitats, infrastructures, systèmes de santé, modes de production agricoles fait partie des principales actions d'adaptation.
              
B comme Blocs de négociation: les Etats négocient par «blocs» de pays, un système qui repose sur une logique géographique ou politique.
Exemples: le groupe Afrique (54 nations), l'Alliance bolivarienne (Alba, neuf pays), le G77 avec la Chine (133 pays en développement+Pékin), l'UE, les Pays les moins avancés (48 pays).      
 
C comme Contributions: les pays doivent d'ici au mois de juin 2015 annoncer leur contribution, c'est-à-dire leurs engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) après 2020.
              
E comme Energie: le sujet est au coeur des négociations. Les pays doivent pouvoir prévoir leurs besoins à venir et la manière dont ils produiront leur énergie dans 10 ou 20 ans.
Une tâche difficile pour les pays en développement écartelés entre leurs besoins énergétiques en hausse et l’impératif de préserver la planète.
 
F comme Financement: sujet-clé des discussions et point d'achoppement entre le Sud et le Nord, lequel a promis d'arriver à un total de 100 milliards d'euros d'aides annuelles en 2020, à l'intention de projets liés à la sauvegarde du climat.
Mais le chemin pour y parvenir reste flou.
              
G comme GIEC: le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat a produit cinq rapports de synthèse des connaissances depuis 1988. C'est le socle scientifique des négociations.
              
G comme Gaz à effet de serre (GES): les gaz à effet de serre (CO2, méthane et protoxyde d'azote), à l'origine du réchauffement, ont atteint une concentration inégalée depuis 800.000 ans.
              
I comme Iles: les petites îles sont très menacées par la hausse du niveau de la mer, l’un des marqueurs les plus visibles du réchauffement. Elles sont regroupées au sein de l'Alliance des Etats insulaires. 
              
K comme Kyoto: le protocole de Kyoto, conclu en 1997 et entré en vigueur en 2005, est le seul accord international obtenu à ce jour pour lutter contre les GES. Son but: imposer aux pays riches des objectifs contraignants, à l'exception des Etats-Unis qui ne l'ont pas ratifié. Mais il n'a pas permis de contenir l'explosion des émissions, du fait du fort développement de pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil, etc.
              
L comme Lima: la dernière Conférence des parties (COP), le rendez-vous annuel onusien sur le climat, a eu lieu à Lima au Pérou en décembre 2014.
Un accord à l'arraché a été signé pour encadrer les futurs engagements des pays et un brouillon de texte a été entériné pour l'accord prévu en 2015.
              
M comme Monitoring, Reporting, Verifying (MRV): autrement dit mesurer, notifier et vérifier. Le processus de MRV, sur lequel les pays doivent s'entendre, sera le mur de soutènement de l'accord, sans lequel les engagements risquent de n'être qu'un simple affichage.
              
N comme Négociations: la première COP a eu lieu à Berlin en 1995. La 21e COP de Paris-Le Bourget doit déboucher fin 2015 sur un accord concret engageant l'ensemble des pays. Des négociations intermédiaires ont lieu entre deux COP, comme à Genève début février 2015, où les Etats ont été appelés à œuvrer «urgemment».
              
O comme ONG: certaines ont le statut d'observateur qui leur permet d'assister à des débats à huis clos.
              
P comme Pékin: la capitale chinoise a en main une bonne partie de l'avenir climatique de la planète. La Chine est le premier producteur de GES (27%), devant les Etats-Unis. Son bilan environnemental est désastreux: le pays tire toujours près de 70% de son énergie du charbon. Si les pays occidentaux réduisent leurs émissions, en conformité avec les diminutions nécessaires, Pékin, de son côté, annonce viser un pic d'ici à 2030 !
              
R comme Responsabilité: «Responsabilité commune mais différenciée»des pays, inscrite dans la Convention de l'ONU sur le climat. Elle engage tous les pays dans la lutte contre le réchauffement mais à des degrés divers en fonction de la responsabilité historique dans les émissions, du niveau de développement et du potentiel de réduction de ces émissions. Elle donne lieu à un bras de fer entre pays riches, émergents et en développement.
              
T comme Transferts de technologie: ce sera l'un des chapitres du futur accord. Les transferts de technologie pour préserver l'environnement sont indispensables à l'action des pays en voie de développement.
              
Z comme Zéro émission de GES: c'est l'horizon fixé pour la fin du 21e siècle, avec une baisse de 40 à 70% des émissions de gaz à effet de serre en 2050, pour respecter le scénario de +2°C.      

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