Colombie: un Noël afro en février, héritage de l'esclavage

Par Véronique le Jeune (avec AFP) | Publié le 04/03/2018 à 09H25, mis à jour le 04/03/2018 à 13H20

Les esclaves, ancêtres des Noirs de Colombie, ne fêtaient pas Noël le 25 décembre car leurs maîtres blancs leur interdisaient de célébrer la naissance de Jésus en même temps qu'eux. La fête déplacée en février s'est muée au XIXe siècle en «étendard culturel», selon l'anthropologue Manuel Sevilla. Un événement qui combine musique, feux d'artifice, théâtre et costumes autour de l'identité noire.

  • Les enfants sont au centre réjouissances chaque troisième samedi février.
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    Les enfants sont au centre des réjouissances chaque troisième samedi de février.

    A Quinamayo (Valle del Cauca - sud ouest), chacun choisit de représenter un personnage: ange, soldat, parrain en costume chic, marraine en robe du soir. Tous, depuis leur plus jeune âge, sont aux premières loges pour rendre grâce à l'enfant Jésus, noir comme eux. © Luis ROBAYO / AFP

  • L'enfant Jésus référence spirituelle fête.
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    L'enfant Jésus, référence spirituelle de la fête.

    Ce poupon, richement vêtu, fait chaque année l'objet d'un imaginaire religieux: l'enfant Jésus a disparu! Le jour J, tout le village sort en procession dans les rues et passe de maison en maison à sa recherche. Lorsque les habitants le retrouvent, ils l'escortent jusqu'à la crèche. Chaque arrêt est ponctué par des récitations de louanges, des chants et des danses, tout au long de la nuit. © Luis ROBAYO / AFP

  • Le village Quinamayo organise «Adorations» depuis 1880.
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    Le village de Quinamayo organise les «Adorations» depuis 1880.

    Non loin des anciennes haciendas où ses ancêtres travaillaient sans relâche, la communauté noire revendique le droit d'adorer «son Dieu à sa manière». Pour elle, le 25 décembre est un jour comme les autres. Les «Adorations» du mois de février «sont de plus en plus devenues l'expression d'une «résistance», souligne Manuel Sevilla, anthropologue de l'Université Javeriana de Cali. © Luis ROBAYO / AFP

  • L'enfant Jésus communauté noire Quinamayo.
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    L'enfant Jésus de la communauté noire de Quinamayo.

    Entre deux fêtes, le divin enfant est confié à Mirna Rodriguez qui en prend grand soin. Elle se sent une «très grande responsabilité» héritée de sa mère il y a huit ans: conserver le petit Jésus en parfait état pour le grand jour des «Adorations» de l'année suivante.   © Luis ROBAYO / AFP

  • La «fuga» se danse en principe chevilles attachées.
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    La «fuga» se danse en principe les chevilles attachées.

    Une manière de rappeler «les chaînes qui entravaient les pieds et limitaient les pas» des esclaves, explique le chorégraphe Olmes Larrahondo, 25 ans. La procession se fait aux rythmes remontant eux aussi à l'esclavage, rapportés d'Afrique à l'époque de la colonie espagnole.   © Luis ROBAYO / AFP

  • Un public uni attentif.
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    Un public uni et attentif.

    Les Noirs - environ 20% de la population, selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) - ont particulièrement souffert du conflit armé avec les Farc qui a miné la Colombie pendant plus d'un demi-siècle. Dans les années 60, de grandes plantations de canne ont surgi et avec elles, les conflits terriens entre Noirs, indigènes et groupes agro-industriels. © Luis ROBAYO / AFP

  • Profusion feux d'artifice musique.
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    Profusion de feux d'artifice et de musique.

    Les «Adorations» mêlent croyances catholiques, fruit de l'évangélisation, avec les rituels venus d'Afrique», explique encore le professeur Sevilla. La musique est assurée par des tambours et des chants a capella mais aussi, selon les moyens des villageaois, par des formations de violonistes ou d'instrumentistes à vent. © Luis ROBAYO / AFP