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Comores: trois dirigeants de l’opposition arrêtés sans ménagement à Moroni

Par Géopolis Afrique/AFP@GeopolisAfrique | Publié le 25/06/2018 à 15H44

Manifestation à Moroni
Les partisans de l'ancien président des Comores Ahmed Abdallah Sambi manifestent à Moroni à la fin de la prière du vendredi devant la mosquée principale, le 25 mai 2018.  © Youssouf Ibrahim/AFP

Les responsables de trois partis d'opposition comoriens ont été arrêtés par la police vendredi 22 juin 2018 à Moroni lors d'une manifestation dénonçant le référendum constitutionnel prévu au mois de juillet à l'initiative du président Azali Assoumani.


Les trois dirigeants, Moustoipha Said Cheihk, Mohamed Wadaane et Ibrahim Abdourazak dit Razida, ont été interpellés sans ménagement par l'armée devant la grande mosquée de la capitale comorienne, a constaté un journaliste de l'AFP.

La prière du vendredi, rendez-vous hebdomadaire d'affrontements
Depuis plusieurs semaines, la prière du vendredi est le théâtre, devant la mosquée al-Qasimi, d'affrontements hebdomadaires entre les forces de l'ordre et des partisans de l'opposition qui dénoncent la «dérive autoritaire» du chef de l'Etat.

Cette semaine encore, l'armée a été contrainte de tirer des grenades lacrymogènes pour disperser les protestataires bardé de pancartes «Azali dégage».

Le responsable d'un parti hostile au régime a déjà été condamné ce mois-ci à six mois de prison avec sursis pour avoir participé à une précédente manifestation devant la même mosquée.

Vidéo de l'arrestation par la police comorienne du héros national, Moustoifa Said Cheikh, le 22 juin 2018 à Moroni. Postée par You tube le 24 juin 2018. 

Des échauffourées similaires ont aussi eu lieu le même jour à Mutsamudu, la capitale de l'île d'Anjouan. Un manifestant a été blessé à la jambe par une grenade lacrymogène, ont rapporté au téléphone des témoins joints par l'AFP.

Le président Azali accusé de mettre la Constitution en danger
Le président Azali a décidé d'organiser le 29 juillet un référendum qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat consécutif à la tête de l'archipel pauvre de l'océan Indien. Une initiative qui lui vaut les critiques de nombre de ses adversaires, dont celles du vice-président Ahmed Saïd Jaffar, qui la jugent «dangereuse» et «contraire» à la Constitution.

Ces dernières semaines, le chef de l'Etat a suspendu la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, placé en résidence surveillée son prédécesseur et rival Ahmed Abdallah Sambi et interdit des manifestations.

Le président Azali a été élu en 2016 pour un mandat de cinq ans non renouvelable, selon la règle constitutionnelle de la présidence tournante entre les trois îles de l'archipel. Une mission de l'Union africaine (UA) était attendue le 23 juin à Moroni pour tenter d'apaiser les tensions politiques.