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Economie,  Afrique

Contre la faim et la pauvreté, une solution: le développement du milieu rural

Par Véronique le Jeune @GeopolisAfrique | Publié le 11/10/2017 à 09H42

Des fermiers au Togo
Des fermiers au Togo. © GODONG / BSIP

Après dix ans d'amélioration quasi-constante, la faim dans le monde a brusquement augmenté avec 815 millions de personnes affectées en 2016, soit 38 millions de plus qu'en 2015. Selon la FAO (organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture), «il ne pourrait y avoir de signal plus clair» que la situation se dégrade en particulier en Afrique sub-saharienne. Cap donc sur l'économie rurale.


La communauté internationale s'est fixé comme objectif d'éliminer la faim et la pauvreté dans le monde d'ici à 2030. C'est dire si, face à ce défi de taille, chaque mauvaise nouvelle fait reculer sa réalisation dans les temps.

Voilà pourquoi, l'organisation onusienne de la FAO estime dans un rapport, publié le 9 octobre 2017 à son siège à Rome, que la «concrétisation du Programme 2030 est absolument tributaire des progrès accomplis en milieu rural, où se concentrent la plupart des personnes souffrant de la pauvreté et de la faim».


Dans ce tableau, avec 20% de la population touchée par la faim, l’Afrique subsaharienne est la région du globe proportionnellement la plus affectée.

L'importance des connexions villes-campagnes
Pour remédier à cette situation, la FAO présente plusieurs pistes, en particulier le développement de l'agro-industrie (stockage, transformation ou commerce en gros de produits agricoles) ainsi que le déploiement d'infrastructures nécessaires pour relier les zones rurales aux marchés urbains.

Le secteur agricole en Afrique a besoin d'investissements (vidéo youTube mise en ligne le 3 janvier 2016).


Une indispensable modernisation
La demande alimentaire urbaine, avec la perspective d'une très importante augmentation de la population dans les villes, sera d'ailleurs l'un des principaux moteurs de croissance des zones rurales, souligne l'organisation onusienne, même s'il n'y a aucun automatisme pour les petits agriculteurs.

Pour eux, «des politiques et des investissements publics de soutien sont l'un des éléments sur lesquels repose toute transformation rurale inclusive» qui ne laisse personne de côté, assure la FAO.

Les experts du Centre africain pour la transformation économique (ACET), établi au Ghana, sont encore plus explicites. Afin d'éviter la dépendance du continent à l'importation de nourriture pour un budget annuel évalué à 68 milliards de dollars, ils suggèrent que les pays adoptent les technologies modernes (drones) pour rendre l'agriculture plus performante et modifier le foncier agricole.

Vers une classe d'agriculteurs africains modernes
Pour eux, il est aussi indispensable de rajeunir les fermiers. «Si nous pouvons introduire une série de réformes et de programmes de soutien et faire de l'agriculture une entreprise rentable, nous pouvons espérer former des agriculteurs plus jeunes et plus cultivés» remarque l'économiste Yaw Ansu.

Des choix qui, selon ces analystes, pourraient «sortir des millions de personnes de la pauvreté».